Brouzouf Tour ou la folle virée avec ma grand-mère complètement barrée – Cécile Chartre

brouzouf tour

On est tous pareil, quand on regarde des jeux à la télé. On connaît presque toutes les réponses et certains candidats, navrants de médiocrité nous font bisquer dans notre canapé. Alors un jour Colette, soixante-dix sept ans, se dit qu’elle serait tout à fait capable de participer à ce jeu télé quotidien – regardé avec Victorien son petit-fils de quatorze ans – et remporter plein de brouzoufs, terme synonyme de « Thune, flouze, blé, pognon, pépettes. Du fric quoi. Exemple : Aaaahh si seulement j’avais des brouzoufs! ». Parce que bon dans la famille – elle, sa fille et Victorien – , on roule pas sur l’or…

Bingo ! Colette est sélectionnée pour participer à l’enregistrement du jeu télévisé à Paris. Problème : c’est à 800 bornes et elle n’a pas d’argent pour payer le transport… mais elle ne baisse pas les bras, Colette, jamais… Victorien va venir avec elle, à deux ils iraient au bout du monde!! L’adolescent, hyper attachant et très attaché à sa grand-mère la trouve complètement folle mais son audace, il adore… D’ailleurs, « J’adore ma vie » répète-t-il à l’envie, comme un mantra, ironique bien sûr!

Les voilà donc partis presque bras-dessus bras-dessous dans un road-movie tendre et déjanté qui durera quatre jours, des heures et des heures de rigolades d’élucubrations d’amour et de rencontres improbables d’une richesse infinie, des covoiturages loufoques  des nuits dans des hôtels pas chers et des révisions de culture générale … un concentré d’émotions.

Un périple intergénérationnel drôlissime, un voyage plein d’humanité, un roman qui ne manque pas de piquant!

« Bon, le souci, c’est que des fois ça se mélange un peu dans sa tête. Du style « J’ai vu Albert Camus hier chez Nagui, il a pris du bide le pauvre vieux! » Ben ouais, soixante-dix-sept ans au compteur Colette tout de même, faut pas trop lui en demander non plus. C’est pour ça que j’ai profité du voyage pour la faire réviser un petit peu. Beaucoup même. Pour être honnête, je l’ai fait bosser comme une malade. Une bonne remise à jour de son disque dur lui a fait le plus grand bien. Allez hop, on défragmente tout ça et on repart du bon pied. »

« Bon, ce qui me plaisait le plus dans cette histoire, c’est qu’elle nous considérait comme de « vrais gens », Colette et moi. À croire que même si on a une vie complètement bizarre, avec de vraies failles sismiques à l’intérieur, on est toujours le « vrai gens » de quelqu’un. C’était plutôt rassurant, d’autant plus que je commençais sérieusement à douter de ce que nous étions réellement. »

Brouzouf Tour ou la folle virée avec ma grand-mère complètement barrée, roman de Cécile Chartre, dès 13 ans, Éditions du Rouergue, mai 2018 —

Publicités

Ça va faire des histoires – Marie Desplechin et Glen Chapron

Ca-va-faire-des-histoires.jpg

Fanta, sept ans, est une petite fille vive pétillante et très remuante. Son imagination sans borne l’entraîne souvent à commettre des bêtises qui exaspèrent son entourage. Et en cette période de vacances, moment propice aux sottises, la maman de Fanta, épuisée, appréhende. Heureusement, une invitation arrive à point nommé : Sylvie, la marraine de la fillette l’invite chez elle.

Son séjour promet d’être fabuleux : Sylvie lui prête une trentaine de petites poupées un peu « vieilles » mais bien habillées et chapeautées et lui annonce qu’une voisine de dix ans, Barbara, va venir jouer avec elle. Fanta est ravie mais – c’est plus fort qu’elle -, elle ne peut s’empêcher de faire de grosses bêtises – dont elle n’est jamais responsable, évidemment ! – et s’invente des histoires – à mille lieux de la vérité, évidemment! -.

La fillette affabule à tout va. Ses mensonges finissent par lui causer des ennuis et l’isole. Sa marraine lui met alors entre les mains un roman de la Contesse de Ségur sur les malheurs d’une certaine Sophie… une petite fille comme elle, curieuse espiègle  facétieuse et aventureuse.

Un petit roman sur les bêtises les mensonges et leurs conséquences, et le pouvoir fantastique des mots et des livres.

« Moi quand j’invente, c’est mieux que la vie. »

« Elle devrait lire elle-même puisqu’elle lit si bien. Pourquoi elle gâche tout, en m’obligeant à lire moi-même? – Je déteste les livres. – Ce n’est pas vrai. Tu aimes les histoires. – J’aime les histoires et je déteste les livres. – Mais les histoires sont dans les livres ! »

Ça va faire des histoires, roman de Marie Desplechin, illustré par Glen Chapron, dès 7 ans, Collection Mouche, L’école des loisirs, Avril 2018 —

À 18 ans demandons l’impossible, mon journal de Mai 68 – Adeline Regnault et Elsa Neuville

demandonslimpossible

Le bac en poche, Madeleine a vite des envies d’indépendance, une soif d’apprendre, le désir secret de tomber amoureuse. On est en septembre 1967, elle entre à la Sorbonne dans quelques jours. Pour le moment, elle savoure ses premières heures dans sa chambre de bonne au 6ème étage avec vue sur le Sacré Cœur… enfin seule, loin de sa famille – de Courbevoie. Une page se tourne pour Madeleine, elle décide de rapporter tout ce qui lui arrive dans un « joli petit carnet », décrire sa nouvelle vie, écrire son journal intime.

Ses premiers pas à la Sorbonne la déconcertent pourtant : les amphis sont bondés, les professeurs peu nombreux, les résidences étudiantes non mixtes, les locaux décrépis… Les étudiants en ont assez, et ils ne sont pas les seuls – les baby boomers rejettent les institutions, le gouvernement De Gaule passéiste. Si les étudiants ouvrent le bal des revendications, les ouvriers rejoignent rapidement le mouvement contestataire.

Madeleine raconte ce quotidien riche en bouleversements. Fan de Dylan, des Beatles, d’Hugo, Zola et Rimbaud, membre du club de lecture les Décomplexées, comédienne dans la troupe de théâtre À nous la scène, follement éprise de Jean, Madeleine est pleine d’enthousiasme et profite de chaque instant, bien consciente du changement qui est en train de s’opérer dans la société française, et bien contente d’en être actrice.

Très documenté, – la fiction est souvent écrasée par l’aspect historique, je pense aux innombrables notes en bas de page – ,  ce roman reste captivant grâce à l’écriture alerte et au caractère frondeur de l’héroïne. L’immersion est totale. Affiches et slogans d’époque rythment les pages et un dossier documentaire vient compléter le tout.

« Le cortège est passé devant la maison de la Santé puis pas loin de l’ORTF (que certains surnomment Odile Ramasse Tes Fesses!). Vers 20 heures étudiants, lycéens, enseignants, tous coude à coude, on s’est dirigés vers le boulevard Saint-Germain puis le boulevard Saint-Michel. Jean était à la tête du défilé avec tous ses copains du 22 Mars, coiffé d’un casque de mobylette. La consigne était d’occuper le Quartier latin (« On ne revendiquera rien, on ne demandera rien. On prendra. On occupera. »). Des grands gaillards ont commencé à dépaver les rues. On a fait une immense chaîne pour faire passer les pavetons à l’équipe « chantier en cours ». D’ailleurs sous les pavés y a du sable ! Les barricades ont été construites à l’arrache avec des grilles, des panneaux de signalisation et même des voitures qu’il faut toujours renverser du côté du réservoir pour éviter une explosion (j’ai appris ça le jour même). »

« 20 mai 1968. Dix millions de grévistes aujourd’hui. C’est phénoménal. Les postes, les banques, les usines sont toujours en grève. Les nostalgiques de 1936 sont heureux, tellement heureux. Les éboueurs s’y mettent aussi! « Ça pue, dans (notre) gueux de Paris ! », comme dirait madame François dans Le ventre de Paris – j’aime beaucoup ce roman de Zola. Les poubelles s’amoncellent, l’odeur est repoussante. Quelle « chienlit », hein, Charles? Il s’était pourtant dit qu’avec le mot magique « réforme », ça allait nous calmer et endormir le mouvement. Raté! « Réformes, chloroforme. »

 

À 18 ans demandons l’impossible, mon journal de Mai 68, roman historique d’Adeline Regnault , dossier documentaire d’Elsa Neuville, à partir de 13 ans, Casterman, avril 2018 —

Mentir aux étoiles – Alexandre Chardin

mentirauxetoiles.jpg

Cette année c’est décidé ; Léon ne veut pas d’auxiliaire de vie à ses côtés. Il entre au collège, il a onze ans, il a besoin d’affronter les choses seul. Même s’il appréhende beaucoup, il sait qu’il est temps de s’envoler, de se libérer. S’éloigner de sa mère qui le couve tellement. Grandir, tout simplement. Comme tous les enfants de son âge. Petit, Léon a eu de graves problèmes cardiaques, ses parents ont eu très peur pour lui et puis il a toujours été différent, Léon… inquiet, distrait, rêveur. Souvent il a des absences, des passages à vide. Il déconnecte, se coupe du monde, a la tête dans les étoiles ou les yeux rivés au sol observant le travail des fourmis.

Cette année, il entre donc dans la cour des grands. Mais, ce n’est pas facile de grandir, surtout lorsqu’on n’est pas comme les autres… Léon entend les murmures et les moqueries, voit les sourires en coin et les imitations… Heureusement, Salomé est là, lumineuse et sûre d’elle, avec son rouge à lèvres éclatant ses longs cheveux bruns ses grands yeux verts et ses vêtements moulant ses formes généreuses. Elle est en troisième et avec ses airs de pirate, elle n’a peur de rien ni de personne.

Grâce à Salomé, Léon prend peu à peu confiance en lui et ose se rebeller. Il résiste aux grands qui l’importunent, il éconduit sa mère… mais cela lui demande beaucoup d’énergie et de concentration, et puis il se sent toujours différent et triste. Il est tellement dans sa bulle fragile et brumeuse qu’il ne voit pas Marguerite, une jeune fille douce et bienveillante…

Un roman qui aborde la différence, la confiance en soi et l’émancipation en mêlant judicieusement réalité fantastique et poésie.

« Ils sont très grands. Que dis-je? Immenses! Avec des voix fortes, des rires à faire s’envoler des corbeaux, des coupes de cheveux comme dans les magazines et des gros mots plein la bouche. Quand ils ont envahi la cour en riant comme des ogres mutants, je suis allé me cacher derrière le tronc du tilleul pour les observer en sécurité. On ne voit plus qu’eux. Les troisièmes ! »

« – (…) Des fois, je suis quelque part et …tout à coup, je sais plus où je suis. Je suis perdu. En classe, chez moi, ou dans la rue. Ça me fait peur. Ça énerve les professeurs, mais je fais pas exprès. C’est des absences. Ça s’appelle des absences. Mon cerveau se trouble, comme l’eau d’une rivière quand il pleut. Maman me l’a dit, et la psychologue. Je suis dans mon monde, pour me rassurer. C’est quand j’ai peur. Et… j’ai souvent peur. J’arrive pas à être comme les autres. »

« – Arrête d’avoir peur pour moi. Je veux grandir. Je peux grandir. Mais pas quand tu me traites comme un bébé. (…) – Je veux avoir mes secrets, maman. Tu peux pas tout le temps être dans ma tête. »

« – Tu as mal du côté de ta maman, hein? – Oui, j’ai mal à ma mère. – À ton âge, c’est une maladie courante et elle a commencé à se répandre… depuis le début de l’humanité, je crois. »

Mentir aux étoiles, roman d’Alexandre Chardin, dès 12 ans, Casterman, mars 2018 —

Ma mère, la honte – Hubert Ben Kemoun

Ma-mere-la-honte

Mélanie Rotten et sa mère se sont claquemurées dans leur maison. Dehors, il y a foule : des journalistes des voisins des curieux. En raison d’une simple méprise, qui pourrait sembler anecdotique voire comique, Madame Rotten vit dans la colère, la peur, la tristesse, et entraîne malgré elle, sa fille de quinze ans dans le tourbillon de la honte.

Femme de ménage dans le musée d’Art Contemporain de la ville, Fabienne Rotten a balayé et lessivé une salle emplie de cadavres de bouteilles et autres immondices alors qu’il s’agissait d’une œuvre d’art nommé « Chaos » de l’artiste international Théo Burniz.

Une erreur fatale, deux existences qui basculent… licenciement pour faute grave, influence des médias, jugement hâtif de l’opinion, amants incompréhensifs, ex mari et père indifférent, faux-amis facebookiens… le sentiment de honte prend une dimension sociale, l’information fait beaucoup de bruits et se propage à une vitesse folle. Fabienne Rotten est humiliée, écrasée sous un poids trop lourd, elle tente de se suicider.

Avec courage et détermination, Mélanie réagit. Épaulée par sa meilleure amie, elle décide de rencontrer Théo Burniz. Saura-t-il entendre ce qu’elle a à lui dire? Réussira-t-elle à faire taire la rumeur ? En tout cas, elle sortira de cette mésaventure plus forte lucide et éclairée sur le monde, la société et l’humain.

Un roman passionnant et intense, non dénué d’humour, qui révèle avec clairvoyance la spirale de la honte, le regard impitoyable de certains, l’ostracisme, et amène à réfléchir sur la lisibilité de l’Art Contemporain.

« J‘ai tout déballé, en vrac et en détails. Journalistes, toubibs, amant honteux de maman et raclures adeptes de la culture patriote et javellisée, paillettes de lingot d’or et faux amis sur Facebook. Le reste de l’heure de cours a à peine suffi. En chuchotant pour que ni le prof ni les oreilles grandes ouvertes des autres ne nous entendent trop bien. Tamimount a eu la délicatesse de ne pas se moquer, ni de maman, ni de moi, ni celle de lancer un de ces gros mots qu’elle adore ponctuer toutes ses conversations. Pas parce qu’elle est grossière, mais juste pour montrer qu’elle a écouté attentivement, qu’elle est une vraie princesse. Tamimount est la plus vivante d’entre nous tous. »

« Rien ne justifie qu’elle disparaisse. Rien. Rien ne pouvait légitimer qu’elle n’ait pas droit à sa part de bonheur. Rien. Pas un film d’action ne pouvait justifier que le spectateur sorte de la séance, fonce en bagnole et grille deux feux, au risque de se condamner à  une chaise roulante ou un cercueil, soi-même ou les autres. Aucun garçon basketteur, aussi craquant soit-il, ne valait que je me déguise en fille perdue pestiférée pour une demi-heure de plus. Pas une œuvre d’art ne méritait qu’une mère déserte la partie et abandonne sa vie et celle de sa fille. »

« C’est incroyable à quel point la célébrité ou le bonheur peuvent attirer, aimanter ; autant et aussi vite que la honte ou le déshonneur peuvent repousser. »

Ma mère, la honte, roman d’Hubert Ben Kemoun, à partir de 13 ans, Flammarion Jeunesse, Février 2018 —

Sauveur & Fils, saison 4 – Marie-Aude Murail

Sauveur-et-fils4

Quel bonheur de retrouver les personnages du 12 rue des Murlins, côté maison, repaire aimable et tolérant, côté cabinet de psychologue, point de repère pour êtres désorientés. Deux versants qu’arpente, avec bonté et bon sens, Sauveur Saint-Yves, père au grand cœur d’une famille qui ne cesse de s’étendre et guide-accompagnateur aux paroles bienveillantes.

L’ultime saison de Sauveur & fils est toujours aussi savoureuse, pertinente, authentique et captivante.

L’installation de Louise et ses enfants chez Sauveur et son fils est en bonne voie malgré quelques doutes : car de la cave au grenier, la maison est accueillante : Jovo l’ancien légionnaire SDF, Gabin passionné de zombis dans l’attente du retour de sa mère, sans oublier les cochons d’Inde qui ont tendance à se multiplier… et puis voilà que Jérôme, à nouveau libre, souhaite revenir auprès de Louise, quant à Alice, leur fille, elle est en plein tumulte adolescent.

La salle d’attente de Sauveur ne désemplit pas : Ella, jeune fille qui aimerait tant s’appeler Eliot, harcelée sur les réseaux sociaux et au collège a écrit une nouvelle pour le concours Je bouquine et s’inquiète pour son père qu’elle trouve étrange ces derniers temps ; Maylis, 4 ans, cogne sa tête contre les murs bousculant la vie de ses parents, addicts aux écrans ; Margaux et Blandine, deux sœurs – l’une suicidaire l’autre hyperactive commencent une thérapie ensemble ; Samuel, qui vient de retrouver son père – un grand pianiste – est désarçonné depuis que sa mère a contesté cette paternité ; Jean-Jacques, vingt quatre ans,   ne quitte pas sa chambre – dans la maison familiale – où il mange, dort, et passe son temps à éliminer des terroristes sur son ordinateur…

On laisse, à regret, ces êtres de papier qui s’étaient, de livre en livre, incarnés avec tellement de vérité. Une saga admirable et inoubliable.

« Gabin s’était installé chez lui. Jovo s’était installé chez lui. Les cochons d’Inde s’installaient chez lui. Louise eut envie de protester : quand même… Puis elle songea qu’elle était en train de s’installer chez lui et qu’elle espérait y installer Alice et Paul. C’était comme ça : rue des Murlins, au numéro 12, il y avait une maison à la porte grande ouverte. »

« – Madame Luciani, la raisonna doucement Sauveur, votre fils n’a pas besoin de trouver la sortie. Ce qu’il cherche, c’est l’entrée. »

 » Et puis, ne t’observe pas sans cesse, ne te regarde pas de trop près. Le selfie, ça finit par faire loucher. Regarde au loin, Alice ! L’œil humain a besoin de se reposer en regardant les étoiles ou la ligne d’horizon. Ne pense pas tout le temps à toi. Regarde au loin… « 

coeur

Sauveur & Fils, saison 4, roman de Marie-aude Murail, dès 12 ans, L’école des loisirs, Janvier 2018 —

Baltazar Fox T.1 L’héritier de l’entredeux mondes – Pascal Brissy

baltazarfox1.jpg.jpg

À treize ans, Baltazar Fox débarque dans un nouveau collège. Une situation qu’il connaît par cœur. Sa vie est un perpétuel déménagement, et ça commence sérieusement à lui peser. Car à chaque fois, il lui faut prendre ses repères, se faire des amis et quand il est bien installé, son sénateur de père le change d’établissement. Baltazar vit dans une grande et luxueuse maison, Ruppert le chauffeur et majordome est aux petits soins pour lui. Son père n’est pas souvent là, quant à sa mère, elle a disparu quand il était petit. Le garçon est solitaire et dissimule depuis toujours un secret ; il est né avec une queue de renard – qu’il planque habilement sous un baggy -.

Un soir, alors qu’il rêvasse dans sa chambre en regardant les souvenirs que lui a laissés sa mère, il fait tournoyer de sa main un pendentif lui ayant appartenu. Le médaillon couleur ivoire se met à rougeoyer. D’un coup, Baltazar a la nausée… il se retrouve nez à nez avec un loup armé au milieu d’une forêt… Le voilà évoluant dans un monde parallèle, peuplé d’animaux doués de parole. Très vite, on lui dira que sa mère n’est pas étrangère ici, qu’elle aurait même une responsabilité envers l’équilibre des deux mondes et, révélation extraordinaire : elle serait en vie; captive d’un certain Faël… Andoria une fine renarde, Ernst un ours bourru et Vlad un chacal revêche feront route avec Baltazar en quête de vérité.

Dans le premier tome de cette saga commence le parcours initiatique de Baltazar. Un cheminement où se mêlent aventure, humour, mystère, magie, amitié, affrontements… Avec empathie, on suit Baltazar dans ses pérégrinations ses interrogations et autres découvertes de soi de sa famille et du monde.

 » – Car deux mondes il existe, et seuls les entredeux en permettent le parfait équilibre en éveillant le cycle des saisons. Ils sentent. Ils ressentent même, et leurs passages réguliers d’un monde à l’autre permettent la vie pour que les deux terres puissent respirer comme deux poumons qui s’oxygènent à l’unisson. « 

 » Certes, il était étrange d’éprouver autant d’affection pour ces animaux rencontrés quelques jours auparavant. Mais Ernst, Vlad et Andoria étaient devenus essentiels en peu de temps. L’amitié n’attend pas le nombre des années. Elle s’ancre en vous, c’est tout. »

Baltazar Fox T.1 L’héritier de l’entredeux mondes, roman de Pascal Brissy, couverture illustrée par Jérémie Fleury, à partir de 9 ans, Auzou, Janvier 2018 —