Le chant de la pluie – Sue Hubbard

Elle a quitté les rues foisonnantes et bruyantes de Londres. S’est décidée à plier bagages quelques temps, pour faire le vide ou le combler, elle ne sait pas. Tout est si confus depuis que son mari s’en est allé, brusquement. Brendan décédé, Martha est désormais seule. La ville l’indispose, elle fuit en Irlande, où ils ont un cottage face aux îles Skellig. Besoin de s’éloigner, changer d’atmosphère de paysage. Comme un pèlerinage, retourner fouler cette terre sauvage, sentir ses vents puissants sur sa peau, revoir ses visages rudes et fiers. Des années qu’elle n’y avait pas remis les pieds. Brendan y écrivait ses critiques d’art, et y recevait sa maîtresse. Puis, le souvenir de vacances passés ici avec leur fils unique était trop douloureux. Car celui-ci a eu la vie ôtée dans un accident. Il n’avait que dix ans. Jour après jour, mettre de l’ordre dans les affaires de Brendan, trier ranger la maison – et son esprit. Se promener longuement, se laisser absorber toute entière par le lieu, et de réminiscences en introspections, de rencontres en discussions avec Paddy le fermier voisin et Colm un jeune paysan poète et chanteur, se relever doucement et savoir enfin que faire, après ça. Un roman sensible et poétique sur le deuil et la renaissance. Loin de tout pathos, l’écriture est belle et empathique. Et l’auteure aborde avec justesse l’histoire de l’Irlande, son identité mise à mal ses derniers temps par une modernité froide.

« Hormis le vent et les vagues, nul autre bruit. L’océan noir comme du goudron et les crêtes blanches qui dévalent du lointain font comme des rais de lumière sur un négatif photographique. Elle est au bout du monde, d’ici à l’Amérique il n’y a plus que de l’eau glaciale. Elle repense à ces cartes du Moyen-Age (…) Le monde connus était tellement plus petit, à l’époque, et aux quatre coins du parchemin des monstres menaçants marquaient le début de l’imaginaire. »

« On reconstruit toujours le passé à partir de quelques faits établis. Puis on ajoute de la texture, de la couleur, et comme pour un dessin d’enfant en pointillé, si on a de la chance, on obtient une silhouette à peu près ressemblante. Mais qui ne correspond pas toujours à nos attentes. »

« L’aube a la couleur de la pluie. Cela fait douze semaines que Brendan est mort. Pendant plus de trente ans, elle a partagé un lit avec lui, s’habituant à sa circonférence croissante, aux pattes d’oie qui commençaient à apparaître aux coins de ses yeux. Elle ne peut pas être certaine qu’il n’ait jamais amené Sophie ici, qu’ils n’aient pas fait l’amour dans le lit où elle dort à présent. Elle aurait aimé mieux le connaître, cet homme qui était son mari. Elle regrette qu’ils aient été incapables de se soutenir mutuellement dans leur peine. Il lui manque. Son équilibre impassible, son poids rassurant dans son lit. Elle se demande si ses doigts sentirons à nouveau l’odeur du sexe. Elle a cinquante-six ans. Elle est presque vieille. »

« L’Irlande a toujours été pleine de familles dysfonctionnelles, de vies tristes et sans amour, de maladie, de vieillesse, de religion opprimante et de pluie. Le chant de la pluie est notre hymne national, nos passe-temps sont l’ennui et la boisson. L’une tient l’autre à distance. »

« Parfois lorsque nous rencontrons une autre personne, nous avons le sentiment instinctif de la connaître déjà. Non pas que tout soit explicité, mais en raison d’un lien tacite. Peut-être la solitude est-elle simplement le fossé entre notre monde intérieur et la façon dont les autres semblent nous percevoir. « 

Le chant de la pluie, roman de Sue Hubbard, traduit de l’anglais par Antoine Bargel, Mercure de France, mars 2020 —

La nuit tombe, maman rêve – Cécile Dumoutier Luna Granada et Ève Gentilhomme

Il est l’heure de se laisser tomber dans les bras de Morphée. Au fond de son lit, un petit garçon embrasse tendrement sa maman avant de sombrer. Et elle, que fait-elle après? se demande-t-il, une fois la chambre plongée dans l’obscurité. Il entend ses pas résonner, la machine à laver tambouriner, puis une petite musique, au loin, se fait un passage entre des bruits d’eau et de vaisselle. Il l’imagine valser d’une pièce à l’autre… jusqu’au salon où elle se pose un peu, pour lire un livre où sa messagerie, se relève pour étendre le linge, file sur le balcon écouter la rumeur de la nuit, et observer ses innombrables lumières en buvant son thé. Il devine son regard qui va et vient, entre les étoiles et les fenêtres allumées des grands ensembles. Peut-être qu’ensuite, elle se fera couler un bain, puis se fera belle pour danser et rire avec plein d’amis? Elle viendra le voir, c’est sûr, s’il se réveille… Rêve réalité poésie et fantaisie s’entremêlent dans ce joli album, qui aborde avec sensibilité et pertinence monoparentalité, charge de travail, vie modeste dans un immeuble de banlieue, en distillant au fil des pages amour joie désir imagination. Sans oublier l’importance pour le parent, de se garder précieusement du temps. Les illustrations colorées douces et lumineuses reflètent à merveille la délicatesse du texte.

« Quand je dors, c’est sa parenthèse, son petit temps à elle, celui où elle se glisse dans la nuit, où elle se dit qu’elle a encore l’âge de croire au printemps et qu’il faut qu’elle s’occupe d’elle aussi. »

La nuit tombe, maman rêve, album jeunesse de Cécile Dumoutier Luna Granada et Ève Gentilhomme, La tête ailleurs, novembre 2020 —

Colombine la violoniste spatiale – Carlos Videla et Ange Potier

Dès le lever du soleil, Colombine prend en main son violon, et se met à jouer. Du matin au soir, il est sa plus belle compagnie, son meilleur ami. La petite musicienne laisse seulement son instrument quelques instants pour déguster sa boisson préféré : du jus de citron! Mais ses voisins en ont plus qu’assez de ce tintamarre. Surtout Monsieur Bombo ; il aimerait bien faire sa sieste au calme. Un jour, il est tellement exaspéré qu’il lui crie : « Colombine, si ça continue, je vais vous envoyer sur la Lune ton violon et toi! ». Cette petite phrase ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde ; la violoniste y entend une révélation! Oui bien sûr ; elle sera bien là-haut, elle ne dérangera personne avec ses mélodies. Elle deviendra une violoniste spatiale! Ni une ni deux, elle rend visite à Monsieur Bombo, qui est justement l’astronome du village. S’ensuivent des jours et des jours à réfléchir et à dessiner des plans, non sur la comète – quoique! – mais sur la Lune. Trouveront-ils la solution pour y envoyer Colombine jouer du violon? Un très bel album aux illustrations élégantes et pénétrantes où se mêlent la passion pour la musique, la fascination de l’espace, et une douce amitié.

Colombine, la violoniste spatiale, album écrit par Carlos Videla et illustré par Ange Potier, traduit de l’espagnol (Buenos Aires) par Anne-Sophie Vignolles, à partir de 6 ans, novembre 2020 —

La vie fugitive mais réelle de Pierre Lombard, VRP – Christian Estèbe

Pierre Lombard travaillait depuis des années dans un grand groupe d’édition quand il démissionne sur un coup de tête, refusant de faire un rapport accablant sur un collègue. Soulagé d’avoir quitté ce milieu, qui en vingt ans a tant évolué. Lui, l’amoureux de littérature – est aigri et irrité. Seul, sans famille, sans attache, – il a rompu avec sa compagne – Lombard s’offre des vacances en Sicile. À son retour, Jean, son ami bouquiniste lui parle des Quatre Vents, en quête d’un représentant. Le voilà sillonnant la France. Lui, l’ancien cadre, vend désormais des encyclopédies de la poésie et des romans de petites maisons d’édition aux bibliothèques et aux librairies. Le métier n’est pas passionnant, la route défile, les hôtels les cafés se ressemblent, les bibliothécaires se désolent souvent du sort des livres, les libraires eux l’accueillent avec plus d’empathie mais de semaine en semaine, de ses rencontres de ses lectures des paysages alentour naissent des sentiments plus légers et sereins. La mélancolie laisse sa place à l’envie. L’envie de se projeter, amoureusement, professionnellement. Renoncer aux rendements, au profit, aux statistiques, aux comptes-rendus… et toujours avancer avec à ses côtés la littérature, salvatrice de bien des maux. Du désenchantement à la délivrance, le cheminement de Pierre Lombard. Souvent caustique, et concret, l’auteur évoque un sujet qu’il connaît manifestement bien. Une réflexion intéressante sur le monde marchand du livre.

« Allons, pas de pessimisme. Il reste de vrais libraires, de vrais livres, de vrais lecteurs. Le monstre informatique n’a pas encore tout dévoré. « 

« Ces bars au bout du monde, ignorés, sur les routes creusées, entre deux grands axes routiers, ou au centre des villes, dans un coin de la place du marché, parmi les immondices. À boire du rouge et du blanc, des coups pour les humains ou ce qu’il en reste, comme rattachés entre eux par des tronçons de phrases, des bribes de mots cassés, cassants. Les rots, les rires gras, les borborygmes, les fausses citations, les coqs-à-l’âne, les coquecigrues, et tous, malicieusement innocents, ignorants ou ingénument érudits, jouant avant les mots comme des osselets. »

« – Pourquoi ne pas les donner? – Les donner? Vous n’y pensez pas! C’est interdit, c’est le bien public! – Et vous les jetez où? – À la poubelle. – Les livres? à la poubelle? – Oui, c’est le plus simple. – Vous avez raison, c’est plus simple… – Non, c’est vrai quoi, qu’est-ce que vous voulez qu’on en fasse! Les magasins en sont pleins, ça ne sort jamais au prêt, et on n’a plus de place. « 

La vie fugitive mais réelle de Pierre Lombard, VRP, roman de Christian Estèbe, Finitude, octobre 2020 —

Pikkeli Mimou – Anne Brouillard

Bien au chaud dans sa maison, alors que dehors, la neige tombe à gros flocons, Killiok s’agite fort. Car aujourd’hui est la veille d’un grand jour : l’anniversaire de Pikkeli Mimou. Son ami vit au cœur de la forêt, la traversée est longue, mais pour rien au monde il ne l’oublierait. Alors Killiok prépare un bon gâteau, et un beau cadeau. Et au petit matin, il part de chez lui, avec dans son traîneau quelques provisions pour la route. C’est un grand voyage et le froid glacial la neige épaisse la forêt dense sont de la partie. Killiok est seul, a un peu peur de se perdre mais la pensée de retrouver bientôt son ami le met en joie et lui donne du courage. Arrivera-t-il à temps pour l’anniversaire de Pikkeli Mimou? Un album tout doux sur la force de l’amitié aux illustrations enveloppantes et généreuses. On entre littéralement dans l’histoire ; on sent la chaleur du foyer et la bonne odeur du gâteau, on marche au côté de Killiok, on entend la neige crisser sous nos pas, on voit les étoiles briller, on s’inquiète un peu mais pas longtemps ; on a tellement hâte de retrouver Pikkeli Mimou pour lui souhaiter un joyeux anniversaire et déguster la pâtisserie tous ensemble! D’ailleurs pour les gourmands, la recette se trouve à la fin du livre!

 » – Tu ne te sens pas trop seul? – Jamais! répond Pikkeli Mimou. Je sais que tous les autres sont quelque part. Et puis il y a tous les arbres près de moi. »

Pikkeli Mimou, album jeunesse d’Anne Brouillard, à partir de 6 ans, Pastel, L’école des loisirs, novembre 2020 —

Toi et Moi Ce que nous construirons ensemble – Oliver Jeffers

Après Nous sommes là, voici Toi et Moi. L’un pour son fils, l’autre pour sa fille. Dans les deux albums ; beaucoup d’amour beaucoup d’espoir. De l’intime à l’universel ; de la transmission, du partage. À la manière d’une comptine, Jeffers égrène tout ce qu’il faut inventer, tracer, bâtir, échafauder, élever, assembler, ajuster ensemble pour avancer, se protéger, se sentir bien, apprendre, comprendre, imaginer, rêver, s’aimer, voyager. Être ensemble, père et fille, mais aussi avec les autres. Être curieux et tolérant, savoir écouter et pardonner. Regarder plus loin, contempler le beau, en prendre soin. Et surtout, faire une place aux souvenirs ; des trésors précieux qui réchauffent quand il fait froid dedans. Comme toujours, les mots et les illustrations d’Oliver Jeffers m’émeuvent. Entre douceur et fantaisie, ici et ailleurs, poésie et clameur, Il tisse des messages sensibles et justes.

« Fabriquons une montre car le temps est précieux. Notre avenir ensemble, nous le créons à deux. Nous avons tellement d’amour à partager alors n’oublions pas d’en mettre de côté. »

Toi et Moi Ce que nous construirons ensemble, album jeunesse d’Oliver Jeffers, traduit de l’anglais par Rosalind Elland-Goldsmith, à partir de 3 ans, kaléidoscope, novembre 2020 —

Lysistrata – Aristophane

Sur la place d’Athènes, Lysistrata – littéralement : celle qui délie l’armée – a rassemblé toutes les femmes alentour. Usée et irritée par la guerre du Péloponnèse qui s’éternise, par l’absence des hommes – maris et fils – au foyer, par la condition de la femme dans la société grecque, elle semble avoir trouvé la solution à ces maux. Excellente oratrice, elle s’adresse à ses sœurs avec détermination et fierté, force et courage. Selon elle, l’ascendance sur les hommes est le seul remède à la guerre ; le désir sera leur arme : au nom de la paix, attiser la flamme, se refuser à eux – grève du sexe – les forçant à réagir et cesser le combat. Et pour asseoir cette décision, se mettre en marche en direction de la citadelle de l’Acropole : être les gardiennes du Trésor pour empêcher ainsi l’armée de s’approvisionner. Une pièce satirique impertinente et impudique à souhait. À savourer.

Lysistrata.

Je vais donc parler ; je ne dois plus faire un mystère de mon secret. Or donc, mes chères amies, si nous voulons contraindre les hommes à chérir la paix, il faut nous priver…

Myrrrhine.

De quoi? Parle.

Lysistrata.

Le ferez-vous?

Myrrhine.

Nous le ferons, quand même il s’agirait de la vie.

Lysistrata.

Il faut donc nous priver de tout ce qu’ils voudraient nous donner… Pourquoi me regardez-vous de travers? Où allez-vous? Pourquoi, vous dis-je, vous mordre les lèvres et secouer la tête? D’où vient ce changement de couleur? D’où viennent ces larmes? Le ferez-vous, ou ne le ferez-vous pas? Que dites-vous? »

LYSISTRATA.

De plus, si nous voulons nous divertir et jouir de notre jeunesse, il faut que nous couchions seules, à cause de la guerre. Passons sur ce qui nous regarde, mais ces jeunes filles qui vieillissent dans leur lit, j’en pleure, quand j’y songe.

LE COMMISSAIRE.

Eh quoi, les hommes ne vieillissent-ils pas aussi?

LYSISTRATA.

Oh, certes, ce que tu dis là est bien différent. Un homme qui a blanchi pendant une longue absence, épouse bien vite à son retour une jeune fille. Au lieu que la saison d’une femme est de courte durée ; si elle n’en profite, personne ne veut plus l’épouser, et elle n’est plus bonne qu’à dire la bonne aventure. »

Lysistrata, comédie grecque antique d’Aristophane, création de la pièce en 411 av J.-C. —

Un thé à l’eau de parapluie – Karen Hottois et Chloé Malard

D’humeur morose face à l’automne et son temps gris, Elmo se rappelle soudain qu’en cette saison, il est bon doux et chaud de savourer une tasse de thé : « un thé à l’eau de parapluie ». Une eau récoltée d’ « un gros nuage plein de mer évaporée » parfumée à l’été. Un bouquet de senteurs de couleurs et de sensations où soleil sauterelles coquelicots jeux baignades et crèmes glacées se mêlent. Si les chats terribles d’Elmo n’ont pour seule passion les poissons, ses amis la belette et l’écureuil se réjouissent de cette douceur. Les souvenirs des beaux jours s’écoulent tendrement dans leurs pensées… et un élan joyeux poussent les animaux alentour à patauger ensemble dans une flaque d’eau immense! Pas grave s’ils sont trempés, tous savent que le thé à l’eau de parapluie les réchauffera! Un petit album délicieux qui célèbre l’amitié, aux illustrations pastel douces délicates douillettes et aux irrésistibles ligatures typographiques.

« Elmo pense aussi que c’est chaud et doux. Il a même envie de dire « Je t’aime » à l’été, à la pluie d’automne, à la belette, à l’écureuil. Et à ses chats terribles. Mais Elmo ne dit rien et ressert ses amis. »

Un thé à l’eau de parapluie, album jeunesse écrit par karen Hottois et illustré par Chloé Malard, à partir de 4 ans, Seuil Jeunesse, août 2020 —

Chien bleu – Nadja

Un jour de plein soleil, un grand chien bleu s’avance vers Charlotte, assise devant sa maison. Leurs regards se rencontrent en même temps que leurs cœurs. Naissent ainsi deux âmes sœurs, deux amis qui, chaque soir se retrouvent. Mais Charlotte doit cesser de le voir. Selon sa mère ; ce chien errant est sûrement méchant. Les caresses échangées à la fenêtre de sa chambre manquent tant à la petite fille que la tristesse la submerge, jusqu’à ce que, lors d’un pique-nique en forêt avec ses parents, Chien bleu et elle sont à nouveau ensemble. Car Charlotte, en allant par les sentiers cueillir quelques fraises, se perd. Chien bleu est là. Grand et puissant, rassurant et bienveillant. Il s’occupe de tout : fuir la nuit, dénicher une caverne, allumer un feu de bois. Se réchauffer, s’endormir, et attendre le lendemain pour retrouver le chemin. Charlotte dort à poings fermés quand la silhouette d’une panthère noire se dessine à travers les lueurs du feu. S’ensuit un combat féroce entre les deux bêtes, jusqu’au petit matin… Chien bleu, un classique – que je n’avais pourtant jamais lu – un conte qui, entre réalité et fantastique, fait écho à d’autres – Le petit chaperon rouge, La chèvre de Monsieur Seguin… -. Un album sur l’amitié, les préjugés, la différence, la peur, la loyauté, aux illustrations pareilles à des tableaux, aux gouaches fauves belles et pénétrantes. Une œuvre d’art. Cet album anniversaire s’est paré d’une sublime couverture en tissu aux reflets argentés et présente en coulisses esquisses et genèse de cette histoire par Nadja elle-même. Envoûtant.

« Le soir même, dans sa petite chambre, Charlotte entendit un grattement à la fenêtre. Le chien bleu était là. Elle sauta dans le jardin pour le rejoindre. Chien bleu revint tous les soirs. Charlotte bavardait avec lui en le caressant tendrement. Au bout d’un petit moment, il frottait son nez contre sa joue pour lui dire au revoir et se sauvait. Charlotte s’endormait en pensant à lui. »

— Chien bleu – édition anniversaire -, album jeunesse de Nadja, à partir de 3 ans, L’école des loisirs, novembre 2020 —

Dagfrid À Thor et à travers – Agnès Mathieu-Daudé et Olivier Tallec

Dagfrid est viking. Et chez les vikings, les filles et les garçons ne sont pas égaux face à leur besogne. Quand les garçons s’entraînent pour devenir des guerriers et des grands navigateurs, les filles elles, cousent, tricotent, tondent les moutons, cuisinent le poisson le font sécher, étendent le linge, balayent… Ça déjà – cette inégalité – ça la met dans une rage, Dagfrid! Mais alors quand elle voit Odalrik, son géant de frère, à longueur de journée allongé dans son bateau, ou courir après les poules dans un champ, son épée en bois à la main ; elle fulmine! Pourquoi ne fait-il jamais rien? Et Pourquoi n’a-t-elle aucun moment de répit? Tiens, voilà qu’on lui demande de préparer le banquet des chefs ; un honneur il paraît! Elle qui ne supporte ni l’odeur ni le goût du poisson! Décidément, tout va de travers dans le pays de Thor! Dagfrid s’en va interroger sa mère, son père et son frère… car il y a anguille sous roche, c’est sûr! Dagfrid, quel personnage! J’ai adoré cette petite fille si libre et indocile si vive et si mordante! Dagfrid, des aventures à découvrir et à lire sans modération!

« Il est temps que tu te prépares à ta vie de femme viking. – Femme viking? Tu parles… Esclave viking, oui! »

« Par Thor, si un jour on a des enfants, ils feront ce qu’ils voudront! »

Dagfrid À Thor et à travers, roman écrit par Agnès Mathieu-Daudé et illustré par Olivier Tallec, à partir de 6 ans, collection Mouche, L’école des loisirs, Novembre 2020 —