Les poissons ne ferment pas les yeux – Erri De Luca

lespoissonsRéminiscences de l’enfance, souvenir d’un été, celui des dix ans du narrateur. Comme chaque année, en période estivale, il se rend sur l’île toute proche de Naples, là où il vit le reste du temps. Mais cette fois-là, son père n’est pas là – préparant un éventuel avenir en Amérique -. Il est donc seul avec sa mère, à l’âge des premiers tressaillements et autres palpitations. Petit garçon contemplatif, de la plage il regarde le travail des pêcheurs, observe le spectacle de la mer, ses doux remous et le miroitement du soleil sur elle, écoute sa  musique harmonieuse et aime se fondre en elle et se laisser porter.

Cet été-là, une fillette a jailli. Comme une fleur, elle est arrivée là, tout près de lui. De sa peau émanait un délicat parfum d’huile d’amande, de sa bouche s’échappaient des histoires d’animaux, elle aimait écrire et semblait savoir plein de choses sur les grands. Elle le fascinait, l’éblouissait. Mais à quelques pas, la bande de garçons lorgnait. Il ne s’était jamais approché d’eux, déjà sortis de l’enfance, ils ne l’intéressaient pas.  Lui, il y était encore. Malgré son corps qui, il s’en rendait bien compte, changeait. Le monde des adultes, il l’avait entrevu en lisant les livres de son père, et il le déroutait.

Il a pressenti la menace mais l’a laissée venir. Sans contester, sans se débattre, il a accepté les coups. Un assaut comme une épreuve. Un passage, une rupture. Et une tristesse, éphémère, vite soufflée par l’amour, sentiment qui trouble et enivre, renverse et émerveille, et par la justice, valeur qui éclaire et rétablit, amende et répare.

Ce roman c’est l’enfance qui s’en va, mais pas l’enfant. Lui ne nous quitte jamais, il veille.

« Je pleurais, je chantais, actes clandestins. À travers les livres de mon père, j’apprenais à connaître les adultes de l’intérieur. Ils n’étaient pas les géants qu’ils croyaient être. C’étaient des enfants déformés par un corps encombrant. Ils étaient vulnérables, criminels, pathétiques et prévisibles. Je pouvais anticiper leurs actes, à dix ans j’étais un mécanicien de l’appareil adulte. Je savais le démonter et le remonter. »

 » En septembre, on peut avoir des jours de ciel descendu à terre. Le pont-levis de son château en l’air se baisse et, glissant le long d’un escalier bleu, le ciel vient se poser un moment au sol. À dix ans, j’arrivai à voir les marches carrés que je pouvais remonter du regard. Aujourd’hui, je me contente de les avoir vues et de croire qu’elles y sont toujours. Septembre est le mois des noces de la surface terrestre et de l’espace du dessus éclatant de lumière. Sur les terrasses étagées couvertes de vigne, les pêcheurs font les paysans et récoltent les grappes dans les paniers tressés par les femmes. Avant même de les presser, le jour de la vendange enivre les pieds nus entre les rangées au soleil et l’essaim des guêpes assoiffées. L’île en septembre est une vache à vin. »

« J’ai habité mon corps, en le trouvant déjà plein de fantômes, de cauchemars, de tarentelles, d’ogres et de princesses. Je les ai reconnus en les rencontrant au cœur du temps assigné. La fillette, non, elle fut une primeur même pour mon corps. Près d’elle, il réagissait avec un élan dans les vertèbres, vers le haut, vers une croissance inattendue. Près d’elle, je percevais mon corps de l’intérieur : le battement du sang à fleur de poignet, le bruit de l’air dans le nez, le mouvement interne de la machine coeur-poumons. Près de son corps, j’explorais le mien, je plongeais dedans, ballotté comme un seau jeté dans un puits. Il existe dans le corps une neige qui ne fond pas même en plein mois d’août, qui reste dans le souffle comme la mer dans une coquille vide. Je ne la maudis pas, cette neige qui rembourrait mes oreilles. »

« Les livres sont la plus forte contradiction des barreaux. Ils ouvrent le plafond de la cellule du prisonnier allongé sur son lit. »

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Un grand MERCI à Nadine de m’avoir offert ce très beau roman.

Les poissons ne ferment pas les yeux, roman d’Erri De Luca, traduit de l’italien par Danièle Valin, folio, première parution chez Gallimard en 2013 —

Histoires Naturelles – Jules Renard et Jean-François Martin

histnat1Jules Renard, l’illustre auteur de Poil de Carotte était un fin observateur de la nature. Passionné, fasciné et intrigué par cette grande dame de la faune et la flore, il écrit, à la fin du 19 ème siècle, Histoires Naturelles. Nullement un ouvrage scientifique, l’auteur nous livre plutôt une galerie de portraits d’animaux, une sorte de bestiaire, du cerf au chat, de l’escargot à l’écureuil, en passant par le crapaud, les goujons et autres fourmis… sous forme de petites aventures, pas très éloignées des fables. Jules Renard pose un regard tour à tour lucide, tendre, amusé et ironique sur les animaux, leurs comportements et leurs liens avec l’homme.

De facture classique, les textes sont tout à fait accessibles aux plus jeunes lecteurs ; le vocabulaire est simple, les phrases sont courtes, les nombreux dialogues donnent du rythme aux histoires, l’équilibre entre les descriptions et la poésie est maîtrisée, l’usage régulier du présent de l’indicatif favorise l’immersion et l’empathie. Quant à la moquerie envers les chasseurs, elle est savoureuse.

Jean-François Martin, l’heureux illustrateur de ces Histoires Naturelles, a dû suivre le principe de cette nouvelle collection : proposer des dessins avec une contrainte de taille puisqu’il n’avait qu’une semaine pour réaliser son travail en utilisant pas plus de quatre couleurs.

Réunir la littérature classique et le dessin contemporain, spontané de surcroît, est une réussite. L’illustrateur a apporté sa vision propre, de la modernité et un côté joueur indéniable – j’ai beaucoup aimé la manière qu’avaient certains animaux de nous regarder nous lecteurs droit dans les yeux semblant chercher le fond de notre pensée, et puis évidemment le clin d’oeil à l’affiche du Chat noir (cabaret de Montmartre) peint par Théopĥile-Alexandre Steinlen en 1896, seulement trois ans avant le livre de Jules Renard -.

Et puis, quelle belle et judicieuse idée de clore ces extraits par La cage sans oiseaux… une ode à la liberté. Des histoires qui trouveront naturellement leur place sous le sapin!

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Histoires Naturelles (extraits), de Jules Renard – publiées pour la première fois en 1899, album illustré par Jean-François Martin, La collection, Grasset-Jeunesse, Novembre 2016 —

À l’ouest, rien de nouveau – Anne-Sophie Tilly et Fabienne Brunner

ouest1John Smith et Charles Nelson deux chasseurs de prime aguerris, sillonnent le désert du Grand Ouest américain à dos de cheval, en quête d’un mauvais coup des très méchants. Ils viennent d’apprendre, de source sûre, qu’une diligence emplie d’or est en partance de Littletown Town pour Big City. Il y a fort à parier qu’elle se fera attaquer et dévaliser ; les deux acolytes ont entendu dire que Jack O’Magouille rôdait dans le coin.

Alors qu’ils partent sur les traces du féroce Powboy, Smith et Nelson se retrouvent dans une embuscade menée par une tribu de Woodiens – d’Hollywood -. Il semblerait qu’ils aient été embrigadés par O’Magouille. Ni une ni deux, nos deux chasseurs de prime, après s’être débarrassés des Woodins, filent prévenir la mairesse et le shérif. Mais, ces deux-là sont occupés, l’une par une chasse au bison et l’autre par une affaire de gourmette volée. Nelson et Smith vont devoir agir seuls, avec stratégie et habileté.

Un Western « spaghetti » dans lequel les gentils héros combattent les affreux méchants à coup de bananes et d’épis de maïs, les jeux de mots fusent, le suspense est haletant et les dialogues font mouche.  Tous les ingrédients sont là pour passer un moment de lecture dépaysant et rocambolesque.

« – Du calme, du calme, jeune Woodien. Tu as l’air rusé comme un rhododendron. Alors, si j’étais toi, je poserais tout de suite cette banane sur le sol. Rends-toi, tu es fait comme un rat. POW ! La banane se ficha dans un mobil-home qui traînait pas là. Smith et Nelson répliquèrent. »

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À l’ouest, rien de nouveau, album d’Anne-Sophie Tilly et Fabienne Brunner, à partir de 7 ans, Éditions Frimousse, Octobre 2016 —

Topo, l’actu dessinée pour les – de 20 ans – Numéro 2 Nov-Déc 2016

dsc00336Le second numéro de Topo, le bimestriel de l’actu des – de 20 ans et des + de 14 ans est en librairie depuis le début du mois (cette revue n’est pas vendue en kiosque). L’actualité nationale et internationale y est passée au crible avec attention, sagacité et humour par des journalistes, des auteurs et des dessinateurs. Citons-en quelques-uns : Loïc Froissart, Felder, Guillemette Faure, Delphine Panique, Colconopa, Elsa Fayner, Camille Besse, Bernard Khattou, Cizo, Marie Caillou, Peggy Adam, Stéphane Melchior, Pauline Auzou, Antony Huchette… ils sont 35!

Le grand reportage aborde à travers le regard de Sonia, une ouvrière de 18 ans, la mondialisation de l’industrie textile avec l’exemple du Bangladesh et la tragédie du Rana Plaza causée par des locaux vétustes et des conditions de travail déplorable. La question du moment est politique : Pourquoi les républicain sortent-ils leurs gants de boxe pendant la primaire ? Emma Bovary est le personnage littéraire croquée et analysée. Le témoignage évoque une alternative à la détention de jeunes délinquants en les embarquant sur un voilier. On y parle aussi de Norman le  célèbre YouTuber avec une certaine ironie, des jeux vidéo « 100% gratuits » le Free to play  dont les jeunes deviennent vite accros et sont finalement forcés de mettre la main au porte-monnaie s’ils veulent poursuivre les aventures, un petit sujet sur les transports de demain, la série dessinée Le meilleur des mondes possibles, Ça part en live avec le Hairy Metal, La Science Infuse s’intéresse à la dépression des ados, on se remémore L’apartheid en Afrique du Sud en parcourant un extrait dessiné de Ma mère était une très belle femme de Karlien  de Villiers, on découvre Beyonce en égérie de la cause afro-américaine….

Une chouette revue qui éclaire l’info avec pédagogie et bonne humeur, en développant des sujets de société (économie, politique, santé…), d’autres plus légers sur la littérature, la musique, les nouvelles technologies… Les dessins, les textes, les mises en page, le ton, les formats différents  composent une revue pour les jeunes, compréhensible et attrayante qui suscite l’intérêt et amène à la réflexion.

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TOPO, L’actu dessinée pour les – de 20 ans, second numéro, revue bimestrielle, à partir de 14 ans, Novembre 2016 —

La girafe et le sablier – Marie-Laure Depaulis et Peter Weir

dsc00330Une girafe arpentait la ville en tous sens afin de mesurer la douceur de l’air. Son long cou lui permettait de respirer à différentes hauteurs, et avec sa grande langue – véritable instrument de mesure -, elle relevait la qualité de l’air : moelleux, doux, dur ou rugueux. Seulement, pour que l’expérience soit scientifiquement fiable, la prise de mesure devait durer 37 secondes… et la ville était remplie d’obstacles, alors l’animal à la robe tachetée se rendit dans le désert, un lieu sans embûches.

Un sablier était bien malheureux dans son école car il ne savait pas compter. Un comble pour un instrument qui était censé mesurer le temps. En revanche, lorsqu’il regardait tout là-haut dans le ciel, il se sentait heureux. On pouvait l’entendre égrener des mots : ballon, bulle de savon, avion. Trop rêveur, on le renvoya de l’école…  Alors le sablier s’en alla dans le désert, un endroit parfait pour apprendre à voler.

Mais voilà que le sablier en plein vol, « fut englouti par la girafe », qui passait par là…

Une fable poétique où les mots remplacent les chiffres et le temps ne se compte plus mais se remplit. Une rencontre improbable qui embellit la vie. Un livre à plier et déplier à l’envie. Des dessins sur des murs, colorés et mouvants. Émouvant, cet album.

« – Une girafe? tu es une girafe? demanda simplement le sablier. – Bon, oui! Allez tu m’aides à mesurer la douceur de l’air? Tu comptes jusqu’à trente-sept secondes. – J’ai un problème… je ne peux pas t’aider. Je ne sais pas compter. – Ah bon? Et qu’est-ce que tu sais faire alors? – Je sais presque voler… mais pas tout à fait encore… dit le sablier avec un petit air triste. – Ah ! Mais je peux t’aider moi. Grimpe sur mon dos : ça te fera une piste de décollage! »

« Ils avaient inventé un nouveau décompte des heures car il leur semblait que le temps avait bien moins d’importance que la manière dont on le remplit. »

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La girafe et le sablier, album de Marie-Laure Depaulis et Peter Weir, Éditions Winioux, Octobre 2016 —

Petits secrets, grands mensonges – Liane Moriarty

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Une personne est morte dans l’enceinte de l’école de Pirriwee, durant la soirée quiz annuelle des parents d’élèves… Assassinat? Mort accidentelle? Un homme? Une femme? Un enfant? Nous n’en savons pas plus pour l’instant. Avec malice, Liane Moriarty remonte le cours du temps ; elle plante le décor – une petite ville australienne en bord de mer, non loin de Sydney, un quartier chic plein d’artifice – avance ses personnages – jeunes beaux et riches pour la plupart – et révèle à pas comptés ce qui se dissimulent derrière les sourires de façade, de l’autre côté des murs des villas somptueuses – intrigues, mensonges, secrets, sournoiseries et autres feintes -.

On s’immisce ainsi dans l’intimité de Madeline, Céleste, Nathan, Harper, Bonnie, Perry, Renata, Ed, Tom et les autres aux vies menées tambour battant. Divorces, remariages, familles recomposées, maltraitances psychologiques et physiques, éducation des enfants, travail, infidélités, amitiés et inimitiés, rancœurs et querelles… On découvre ce monde truqué, en même temps que Jane, une jeune femme célibataire maman d’un petit garçon de cinq ans qui s’installe à Pirriwee pour la rentrée scolaire…

Pendant six mois, les protagonistes se débattent, se défilent, s’investissent, s’affrontent, se rapprochent, s’entraident face à des situations tour à tour drôles, touchantes, dramatiques, grotesques. Et au cœur de cette agitation, la cour de l’école, un cas de harcèlement, et devant le portail de l’établissement, les langues de vipères… De rumeurs en vérités déguisées, on tourne les pages avec précipitation, pressée de découvrir le fin mot de l’histoire.

Un roman choral bien mené, une bonne dose de cynisme, un suspense maîtrisé, une écriture incisive, une empathie pour certains personnages… un moment de lecture savoureux!

(À noter, l’adaptation à la télévision – une série de sept épisodes – de ce roman avec comme tête d’affiche : Reese Witherspoon et Nicole Kidman.)

« Quand même. Quarante ans. Sur le trajet de l’école, elle songeait à ce cap, formidable. Elle n’avait pas oublié l’effet qu’un tel âge lui faisait vingt-cinq ans plus tôt. Terne. Échoué au milieu de l’existence. Rien n’aurait vraiment d’importance à quarante ans. Terminés les vrais émotions, car à quarante ans, on serait bien à l’abri, anesthésié par sa « vieillitude ». »

« Les parents sont en effet enclins à se juger les uns les autres. J’ignore pourquoi. Peut-être parce que aucun de nous ne sait vraiment ce qu’il fait. »

« Elle regarda son beau visage attentionné et n’eut qu’à cligner des yeux pour le revoir, tout près du sien, un rictus railleur sur les lèvres quand il avait dit « Ça suffit pas », avant qu’il ne lui frappe la tête contre le mur. Tellement surprenant. Docteur Jekyll et Mr Hyde. Lequel des deux était le méchant? Elle ne s’en souvenait pas. Elle ferma les yeux. La poche de glace avait certes atténué la douleur, mais celle-ci se maintenait à un certain niveau, comme si elle ne devait jamais se dissiper. Une zone sensible, qui lui causait des élancements. Lorsqu’elle y posait le bout de ses doigts, elle s’attendait à ce qu’ils s’y enfoncent comme dans une tomate charnue. « – Ok, bon, appelle-moi si tu as besoin de quoi que ce soit. » Elle faillit en rire. « Je n’y manquerai pas. » Une fois seule, elle ferma les yeux. Elle l’avait mis dans l’embarras. Monsieur serait-il gêné si elle le quittait? Humilié si tout le monde savait que les actualités qu’il postait sur facebook ne racontait qu’une partie de la réalité? « Vous devez prendre des précautions. Pour une femme battue, le moment le plus dangereux, c’est après qu’elle a mis fin à la relation » lui avait dit Susi à plusieurs reprises au cours de leur dernier rendez-vous. »

Petits secrets, grands mensonges, roman de Liane Moriarty, traduit de l’anglais (Australie) par Béatrice Taupeau, Éditions Albin Michel, Septembre 2016 —

Au fil des émotions, dis ce que tu ressens – Cristina Nunez Pereira et Rafael R. Valcarcel, préface d’Alexandre Jollien

dsc00317Une émotion, c’est un saisissement qui touche et trouble au plus profond de soi. Intense, elle nous submerge. Douce, elle nous transporte. Vive, elle nous bouscule. Il y a toute une palette d’émotions : l’amour, la colère, la joie, la tristesse, la jalousie, le désir, la solitude, la peur, la honte, la tension, la détresse, l’hostilité, le dégoût, la fierté, le rêve, l’euphorie, la confusion, la détresse, la satisfaction, le soulagement…. Liées les unes aux autres, elles s’accordent, se confrontent, se succèdent. Réagissent entre elles. Leurs nuances sont si subtiles qu’il n’est pas évident de les identifier et de les nommer.

Avec intelligence, attention, sensibilité et empathie, les auteurs de cet album font glisser comme autant de perles quarante-deux émotions sur un fil. Avec des mots simples, des images poétiques, des exemples concrets, chaque émotion est expliquée et reliée à une autre émotion. Et en regard, une illustration accompagne le texte, le soutient et lui apporte un supplément d’âme. Vingt-deux illustrateurs ont œuvré pour cet album : une belle, originale et ingénieuse idée! Chacun a donc eu la tâche de transmettre une ou deux émotions à travers son ou ses dessins.

Seul ou aidé d’un adulte, l’enfant fait le tour des émotions, les identifie, les reconnaît ou les découvre, exprime et partage son ressenti.

Un album épatant pour comprendre ses émotions et celles des autres.

dsc00319L’irritation (illustration de Cynthia Orensztajn) : « (…) Quand quelque chose t’irrite, tu es très conscient de ce que tu ressens. Quelque chose d’embêtant devient irritant quand tu penses que tu ne peux plus le supporter. (…) »

dsc00320La tristesse (illustration de Javier Gonzalez Burgos) : « (…) Quand nous sommes triste, nous perdons notre appétit, nos forces, nos désirs, notre enthousiasme… notre joie de vivre. La tristesse est un voile qui ternit la vie et l’habille de gris. (…)

dsc00321La culpabilité (illustration de Virginia Pinon) : « La culpabilité nous envahit quand nous croyons avoir fait quelque chose de mal. C’est le baromètre de nos actes : elle nous indique ce que nous considérons comme bien ou non . Elle nous permet d’évaluer notre comportement. (…) »

dsc00322La stupéfaction (illustration d’Alejandra Karageorgiu) : « (…) La stupéfaction vient de l’innocence et de la curiosité. Quand tu es stupéfait, tu crois d’abord que quelque chose est impossible. Ensuite, tu te rends compte que c’est bien réel et tu te sens émerveillé. (…) »

dsc00323La nostalgie (illustration d’Elissambra) : « La nostalgie provoque un vide dans notre coeur et, presque au même moment, l’arrose de gouttelettes de peine. (…) »

dsc00325L’admiration (illustration de Maria Lavezzi) : « (…) Pour admirer les autres, nous devons être conscients de nos limites. (…)

coeurAu fil des émotions, dis ce que tu ressens, album jeunesse écrit par Cristina Nunez Pereira et Rafael R. Valcarcel, préfacé par Alexandre Jollien et illustré par vingt-deux illustrateurs, traduit de l’espagnol par Axelle Demoulin et Nicolas Ancion, Éditions Gautier-Languereau, Octobre 2016 —