La fille cachée du roi des Belges – Brigitte Smadja et Juliette Baily

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C’est la rentrée scolaire. Medhi est en retard et Zoé sa meilleure amie l’attend comme toujours en bas de l’immeuble,  ils rattrapent les jumeaux Manuel et Elias à la montée du bus et rejoignent dans la cour de récréation les inséparables Charlotte et Clarisse, et Baptiste, celui qui sait tout sur tout. Les retrouvailles sont joyeuses, la discussion principale tourne autour de la chute en skate de Zoé, qui encore aujourd’hui a un bras dans le plâtre. La petite bande est en Cm2 et une fois encore leur maître est Lucas, ce qui les ravit.

D’un coup, les habitudes et les repères des élèves vont voler en éclats. Car sitôt la porte de la classe fermée, celle-ci s’ouvre de nouveau sur la directrice, un homme tiré à quatre épingles et une fille blonde à queue-de-cheval tortillant une mèche de cheveux échappée. Zoé ayant dû changer de place à cause de son bras cassé, voilà la nouvelle qui s’installe à côté de Mehdi. Elle s’appelle Bérangère.

Cette irruption dans le quotidien des élèves va faire vagabonder l’imagination de chacun et on connaît la puissance inventive des enfants… La voiture de luxe avec chauffeur qui  dépose Bérangère tous les jours suscite la curiosité, et entraîne des suppositions de toutes sortes – elle serait la fille cachée du roi des Belges, aurait été témoin d’un meurtre… -. Entre fascination peur et envie, Medhi Zoé les jumeaux et les autres se questionnent, observent et surveillent. Quelques jours suffiront pour mettre sens dessus dessous la classe entière envahie par des tensions, des jalousies, des colères, des disputes, des incompréhensions, des chagrins aussi.

Brigitte Smadja déploie avec justesse la palette d’émotions ressentie par les enfants de cette école lorsqu’ils sont confrontés à l’arrivée d’une inconnue dans leur vie ; une étrangère, avec ses différences, le mystère qu’elle porte, les bouleversements qu’elle déchaîne. Le suspense est entretenu jusqu’à l’astucieuse fin, qui laissera sûrement quelques lecteurs sur leur faim…

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La fille cachée du roi des Belges, roman écrit par Brigitte Smadja et illustré par Juliette Baily, à partir de 8 ans, Collection Neuf, L’école des loisirs, février 2018 —

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Défiler – Stromae

« …Elle défile
On voit nos vies défiler
Sur le fil
On voit les années filer
On essaye de filer droit
Et on n’peut pas rembobiner
Tout ces nœuds dans nos vies
Si on pouvait les dénouer
Alors dites-moi comment ça marche… »

La nuit introuvable – Gabrielle Tuloup

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D’aussi loin que Nathan Weis s’en souvienne, il y a toujours eu un abîme entre sa mère Marthe et lui. De l’ordre de l’insondable, un gouffre. À l’opposé de son écrivain de père Jacques, si affectueux, si sensible, si aimant. Au décès de ce dernier, Nathan laisse seule sa mère face à son chagrin, qu’il sait intense. Un amour incommensurable existait entre ses parents dont lui, fils unique, se sentait exclu. Il profite alors de l’opportunité d’une mutation professionnelle, il s’envole pour la Slovénie. Partir loin pour oublier, accentuer la distance existante, fuir le souvenir de son père, se libérer de l’indifférence de sa mère.

Quatre ans plus tard, Nathan, quarante ans, reçoit l’appel de Jeanne, une amie de Marthe. Elle le prie de venir la voir au plus vite. Atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis deux ans, sa mère a confié à Jeanne huit lettres qu’elle doit remettre à Nathan, à raison d’une tous les deux mois – à chacune de ses visites -.

Cet appel aux airs de traquenard agace fortement Nathan, mais par devoir, il prend l’avion pour Paris et se rend rue du Cherche-Midi, lieu lointain de son enfance. S’ensuivent des retrouvailles d’une froideur sans égale de part et d’autre. La mémoire vacillante de Marthe et les souvenirs pénibles de Nathan entrent naturellement en collision.

Pourtant, visite après visite, lettre après lettre, la méfiance de Nathan s’évapore. Avec ses mots d’une franchise implacable, Marthe déroule le fil de son histoire, comble les vides et les manquements, relie les événements, révèle les causes et leurs conséquences : elle rapièce le tissu familial jusqu’ici distendu et donne à son fils les clés pour ouvrir enfin cette porte derrière laquelle il vit depuis des années avec ses fêlures sa solitude ses hésitations. Ses lettres sont autant de cailloux semés pour que Nathan retrouve son chemin pour avancer dans la vie. Mère et fils se rencontrent alors, » avant que la nuit ne devienne introuvable ». (René Char, Fureur et mystère)

Un premier roman prometteur. Il y a chez Gabrielle Tuloup une sensibilité à fleur de peau, une élégance dans son écriture et une aisance à aller à l’essentiel. Les non-dits familiaux destructeurs et leur réparation sont des thèmes souvent abordés en littérature, le recours aux lettres-confessions également, mais la maîtrise est là, solide.

« Puisqu’ Alzheimer a choisi d’élire domicile dans mes souvenirs, j’ai décidée d’être polie : j’ouvre la porte. On ne s’oppose pas à un hôte de cette envergure. »

« Je ne veux surtout pas emporter mon secret. Mes vices cachés le sont au pli d’une ride mais les caresses de Jacques ne me lisent plus. Ton père avait de ces mains qui savent quand la peau braille d’avoir eu mal quelque part. Le corps qu’on n’aime plus se tait doucement. »

« Je connus l’impatience, les phrases laissées en suspens, les chapitres abandonnés sur le quai de la gare. À la fin de la journée, palpitante, je classais les minutes, saluais le notaire et, au milieu du train qui se remplissait, sans que je ne m’en aperçoive, jusqu’à la tiédeur, bondé d’inconnus, je retrouvais mon narrateur, et je me disais en souriant que j’étais devenue sa nue-propriété. »

« On n’a pas idée de ce que c’est qu’une chemise sans les épaules de l’homme qu’on aime. On n’a pas idée du monde infiniment plat et chiffonné, roulé en boule, qui reste quand l’autre déshabite la vie, quand son corps est soustrait aux étoffes et aux caresses. L’existence n’a plus d’odeur. On marche le ventre en creux, encore et encore. « 

« Je ne savais pas qu’on pouvait avoir sa mère collée aux cils, et que ça pouvait brouiller la vue. Je ne savais pas ça. Que la lumière des souvenirs pouvait diffracter le cœur. Je ne savais pas toute ces couleurs. « 

La nuit introuvable, premier roman de Gabrielle Tuloup, Éditions Philippe Rey, Février 2018 —

 

Mon toi – Stéphane Girel

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Un garçon à rayures, une fillette à pois, deux amis. Chacun a son chez-soi, mais aucun n’est achevé. Car il y manque « … un petit rien… un je ne sais quoi « . Histoire de se faire une idée, ils décident d’aller à la découvertes des maisons alentour et de leurs occupants. Et tour à tour ils trouvent : une maison à l’envers et un propriétaire qui n’a rien à cacher, un abri aux murs diaphanes ouvert à tous les vents et une logeuse inquiète, une forteresse blindée et l’œil méfiant d’un homme derrière la vitre, une grande cabane chaleureuse et des copains de tous horizons, une maison paysage et une hôte voyageuse, une ferme des animaux et un fermier heureux, des amoureux qui sont partout chez eux.

Et si les deux amis construisaient leur maison, ensemble. Unique et idéale. En partageant leurs goûts leurs besoins leurs envies. Car sous les rayures et les pois, deux cœurs battent à la chamade, avec amour.

Des peintures aquarellées tendres et enjouées, des mots doux et poétiques, une promenade à deux pour apprendre et comprendre, un amour qui se façonne… Un album beau sensible et généreux.

« Chez nous, tout est à construire. Et nous avons chacun le demi-plan du palais de nos échappées vertes, un royaume pour nos sentiments. Sans verrou, sans clôture, nos rêves au gré du vent esquissent une toiture d’étoiles et de diamants. »

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Mon toi, album de Stéphane Girel, à partir de 5 ans, Éditions Hongfei, Avril 2018 —

Cet été-là à Blumental – Ursula Werner

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Édith Eberhardt, sa fille Marina, et ses petites filles Lara Sofia et Rosie ont laissé derrière elles Berlin ses bombes et la folie des hommes. Ensemble, plus soudées que jamais elles sont à Blumental, village près de la frontière suisse, où la famille a une propriété. Entre lac et montagnes, la maison charmante et accueillante est entourée d’un immense jardin coloré et parfumé. La beauté des lieux  parvient à faire oublier, l’espace d’un instant, la guerre et ses horreurs.

C’est l’été 1944, le soleil darde ses rayons d’or, la petite Rosie du haut de ses cinq ans virevolte pieds nus parmi les fleurs, Sofia traumatisée par des bombardements à Berlin a parfois des absences lui ôtant toute insouciance, d’étranges trains partent pour de sombres voyages, des soldats tombent encore et toujours au combat, Marina dissimule des enfants juifs dans la cave familiale, Édith très éprise de son mari Oskar ne peut pas s’empêcher d’enrager contre son statut de haut dignitaire nazi, un attentat se prépare dans le plus grand secret… l’assassinat du Führer.

Avec finesse et clairvoyance, l’auteure évoque le nazisme et la résistance allemande.  Elle réussit à instiller de la lumière et de la douceur à travers la noirceur du thème. Et révèle toute l’humanité de ses personnages – pour la plupart féminins – à travers leur courage leur détermination et leurs failles. L’exaltation des sentiments la poésie la nature luxuriante se mêlent habilement aux tourments de la seconde guerre mondiale.

Un premier roman à tiroirs – sur trois jours -, saisissant et passionnant, où la fiction et l’Histoire – avec un grand H – trouvent naturellement leur place.

« Tous les résistants étaient d’accord sur un point : il fallait se débarrasser du Führer. Et il était évident que cela signifiait le supprimer. Marina avait demandé une fois à Johann si Dieu pouvait pardonner à ceux qui croyaient en lui face aux crimes du Führer. Mais la question d’ordre spirituel qui tenaillait Johann à présent était comment justifier l’homicide. Un Dieu qui avait donné les tables de la Loi à Moïse pardonnerait-il un assassinat? (…) Une mallette en cuir marron attendait sa réponse dans son placard à vêtements. »

« Et maintenant le Führer venait ici. Chez elle, dans cette maison. Dans ce foyer qu’Oskar et elle avaient créé et peuplé d’enfants et de petits-enfants. Cette maison dont le seuil n’avait été franchi que par des amis. Celle qu’elle avait enveloppée de beauté en plantant délibérément autour d’elle des strates de plantes fleuries et de fleurs parfumées pour que chacun à l’intérieur, en regardant dehors, se rappelle combien le monde était beau. »

« Quand les gens comprirent qu’on ne leur disait pas seulement comment vivre mais comment penser, ils avaient déjà bien trop peur pour réagir. Parce que penser, parler, ou faire une chose contraire à la règle conduisait à des disparitions soudaines. »

« Tu vois la fleur, qui fleurit puis qui disparaît, les racines profondes, dans toutes les directions. Finalement, ces racines projettent des tiges qui produisent d’innombrables autres fleurs. (…) Nos souvenirs de ceux que nous aimons s’estompent avec le temps, et nous avons peur que ce soit le signe que nous les oublions. ».(…) Mais en réalité, ce qui se passe, c’est que leurs âmes font de plus en plus partie de nous, et de tout ceux qui les ont aimés. (…) Ils continuent à fleurir à travers nous. Nous ne pouvons pas davantage les oublier que nous ne pouvons nous oublier nous-mêmes. »

Cet été-là à Blumental, roman d’Ursula Werner, traduit de l’anglais (États-Unis) par Fanchita Gonzalez Batlle, Mercure de France, Janvier 2018 —

On se revoit quand ? – Rose Lagercrantz et Eva Eriksson

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Dunne et Ella Frida sont les héroïnes d’une série suédoise relatant une amitié indéfectible traversée par les choses de la vie, tour à tour drôles et tragiques tendres et difficiles, surprenantes et ordinaires. Autant d’histoires qui racontent le quotidien  de deux petites filles qui grandissent et découvrent ensemble le monde qui les entoure avec ses joies et ses peines.

Dans ce cinquième livre, Dunne fait sa rentrée en CE1 sans sa meilleure amie. En effet, Ella Frida a déménagé pendant l’été. Heureusement, elles n’habitent pas si loin l’une de l’autre et pourront continuer à se voir de temps en temps – mais quand? -. Ella Frida manque tellement à Dunne, surtout qu’elle aurait tant de choses à lui dire : son père parle souvent de Vera, sa bien-aimée – la mère de Dunne est décédée -, et la fillette se pose des questions et pense beaucoup à sa maman…

Mais par le plus grand – et beau – des hasards, les deux amies vont se retrouver lors d’une sortie scolaire dans un parc zoologique. Dunne, qui vient de subir des moqueries d’élèves de sa classe abandonne le rang et part seule à la découverte du zoo. Quelle heureuse surprise, sa meilleure amie apparaît là, juste devant elle !

Comme si elles s’étaient quittées la veille, les deux filles poursuivent leurs jeux et leurs discussions, ravies d’être ensemble, mais quand les maîtresses arrivent, la séparation est difficile et triste. Dans le bus qui la ramène chez elle, Dunne pense aux retrouvailles et un sentiment étrange l’envahit :  Ella Frida est malheureuse dans sa nouvelle école… Et puis le soir-même, Vera vient dîner à la maison…

Un roman juste et pertinent sur les préoccupations  de petites filles de huit ans, des petits tracas aux grandes douleurs, parsemé de dessins en noir et blanc amusants et émouvants.

« – Si seulement on savait à quel point on est heureux quand on est heureux, dit Dunne. »

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On se revoit quand ?, roman jeunesse écrit par Rose Lagercrantz et illustré par Eva Eriksson, traduit du suédois par Nils C. Ahl, à partir de 6 ans, collection Mouche, L’école des loisirs, Février 2018 —

Ma mère, la honte – Hubert Ben Kemoun

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Mélanie Rotten et sa mère se sont claquemurées dans leur maison. Dehors, il y a foule : des journalistes des voisins des curieux. En raison d’une simple méprise, qui pourrait sembler anecdotique voire comique, Madame Rotten vit dans la colère, la peur, la tristesse, et entraîne malgré elle, sa fille de quinze ans dans le tourbillon de la honte.

Femme de ménage dans le musée d’Art Contemporain de la ville, Fabienne Rotten a balayé et lessivé une salle emplie de cadavres de bouteilles et autres immondices alors qu’il s’agissait d’une œuvre d’art nommé « Chaos » de l’artiste international Théo Burniz.

Une erreur fatale, deux existences qui basculent… licenciement pour faute grave, influence des médias, jugement hâtif de l’opinion, amants incompréhensifs, ex mari et père indifférent, faux-amis facebookiens… le sentiment de honte prend une dimension sociale, l’information fait beaucoup de bruits et se propage à une vitesse folle. Fabienne Rotten est humiliée, écrasée sous un poids trop lourd, elle tente de se suicider.

Avec courage et détermination, Mélanie réagit. Épaulée par sa meilleure amie, elle décide de rencontrer Théo Burniz. Saura-t-il entendre ce qu’elle a à lui dire? Réussira-t-elle à faire taire la rumeur ? En tout cas, elle sortira de cette mésaventure plus forte lucide et éclairée sur le monde, la société et l’humain.

Un roman passionnant et intense, non dénué d’humour, qui révèle avec clairvoyance la spirale de la honte, le regard impitoyable de certains, l’ostracisme, et amène à réfléchir sur la lisibilité de l’Art Contemporain.

« J‘ai tout déballé, en vrac et en détails. Journalistes, toubibs, amant honteux de maman et raclures adeptes de la culture patriote et javellisée, paillettes de lingot d’or et faux amis sur Facebook. Le reste de l’heure de cours a à peine suffi. En chuchotant pour que ni le prof ni les oreilles grandes ouvertes des autres ne nous entendent trop bien. Tamimount a eu la délicatesse de ne pas se moquer, ni de maman, ni de moi, ni celle de lancer un de ces gros mots qu’elle adore ponctuer toutes ses conversations. Pas parce qu’elle est grossière, mais juste pour montrer qu’elle a écouté attentivement, qu’elle est une vraie princesse. Tamimount est la plus vivante d’entre nous tous. »

« Rien ne justifie qu’elle disparaisse. Rien. Rien ne pouvait légitimer qu’elle n’ait pas droit à sa part de bonheur. Rien. Pas un film d’action ne pouvait justifier que le spectateur sorte de la séance, fonce en bagnole et grille deux feux, au risque de se condamner à  une chaise roulante ou un cercueil, soi-même ou les autres. Aucun garçon basketteur, aussi craquant soit-il, ne valait que je me déguise en fille perdue pestiférée pour une demi-heure de plus. Pas une œuvre d’art ne méritait qu’une mère déserte la partie et abandonne sa vie et celle de sa fille. »

« C’est incroyable à quel point la célébrité ou le bonheur peuvent attirer, aimanter ; autant et aussi vite que la honte ou le déshonneur peuvent repousser. »

Ma mère, la honte, roman d’Hubert Ben Kemoun, à partir de 13 ans, Flammarion Jeunesse, Février 2018 —

Ultra Violette se rebiffe – Anne Loyer et Anaïs Nocera

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Violette, pétillante fillette survoltée finaude et courageuse revient dans une nouvelle aventure  pour notre plus grand plaisir. Alors qu’elle lit tranquillement à bord de sa maison-péniche, elle reçoit un drôle de colis accompagné d’un message on ne peut plus explicite « Violette mega nulle de la classe… ». Elle est persuadée que Gaël, son meilleur ami, est l’expéditeur car elle se souvient l’avoir entendu rire avec d’autres camarades lors de sa chute durant le cours de danse… Ni une ni deux, Violette, en colère, devient Ultra Violette : plus déterminée que jamais à régler son compte à l’auteur de ces mots méchants et injustes… Pourtant, Gaël, cloué au lit par une vilaine indigestion, est innocent. Alors qui est le coupable? La fillette part à sa recherche, bien décidée à en découdre. Grâce à son esprit de déduction, une piste se profile… Mais voilà qu’en pleine enquête, Violette apprend que son père et elle doivent déménager au plus vite ; la municipalité a décidé de privilégier le tourisme et les somme de quitter rapidement le canal.

Une amitié vacillante, des moqueries, une menace d’expulsion, Ultra Violette se rebiffe, et elle a bien raison!

Des personnages attachants et audacieux, du rythme, du suspense, des illustrations dynamiques et ludiques tout en rondeurs.

Les mots de la fin de… Noémie (l’avis de ma fille, 9 ans – j’ai seulement corrigé l’orthographe)

« J’aime beaucoup les personnages surtout Gaël son surnom est GALETTE ça c’est trop rigolo aussi la tête des bonshommes, sur la couverture c’est hyper cool parce que Violette fait une position un peu de Ninja!!!!!!!WOATAWWW!!!!!!Mais dans tout le livre j’adore l’histoire et les illustrations. Elle reçoit un colis avec une lettre dedans :VIOLETTE MEGA NULLE DE LA CLASSE SOUVERAINE A LA CASSE! Elle est très énervée, violette pense que c’est son meilleur copain et elle va faire une enquête.

Vous voulez savoir la suite alors lisez le !!!!!! »

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Ultra Violette se rebiffe, BD écrit par Anne Loyer et illustrée par Anaïs Nocera, à partir de 6 ans, Collection BD Mousse, Éditions Frimousse, Mars 2018 —

Sauveur & Fils, saison 4 – Marie-Aude Murail

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Quel bonheur de retrouver les personnages du 12 rue des Murlins, côté maison, repaire aimable et tolérant, côté cabinet de psychologue, point de repère pour êtres désorientés. Deux versants qu’arpente, avec bonté et bon sens, Sauveur Saint-Yves, père au grand cœur d’une famille qui ne cesse de s’étendre et guide-accompagnateur aux paroles bienveillantes.

L’ultime saison de Sauveur & fils est toujours aussi savoureuse, pertinente, authentique et captivante.

L’installation de Louise et ses enfants chez Sauveur et son fils est en bonne voie malgré quelques doutes : car de la cave au grenier, la maison est accueillante : Jovo l’ancien légionnaire SDF, Gabin passionné de zombis dans l’attente du retour de sa mère, sans oublier les cochons d’Inde qui ont tendance à se multiplier… et puis voilà que Jérôme, à nouveau libre, souhaite revenir auprès de Louise, quant à Alice, leur fille, elle est en plein tumulte adolescent.

La salle d’attente de Sauveur ne désemplit pas : Ella, jeune fille qui aimerait tant s’appeler Eliot, harcelée sur les réseaux sociaux et au collège a écrit une nouvelle pour le concours Je bouquine et s’inquiète pour son père qu’elle trouve étrange ces derniers temps ; Maylis, 4 ans, cogne sa tête contre les murs bousculant la vie de ses parents, addicts aux écrans ; Margaux et Blandine, deux sœurs – l’une suicidaire l’autre hyperactive commencent une thérapie ensemble ; Samuel, qui vient de retrouver son père – un grand pianiste – est désarçonné depuis que sa mère a contesté cette paternité ; Jean-Jacques, vingt quatre ans,   ne quitte pas sa chambre – dans la maison familiale – où il mange, dort, et passe son temps à éliminer des terroristes sur son ordinateur…

On laisse, à regret, ces êtres de papier qui s’étaient, de livre en livre, incarnés avec tellement de vérité. Une saga admirable et inoubliable.

« Gabin s’était installé chez lui. Jovo s’était installé chez lui. Les cochons d’Inde s’installaient chez lui. Louise eut envie de protester : quand même… Puis elle songea qu’elle était en train de s’installer chez lui et qu’elle espérait y installer Alice et Paul. C’était comme ça : rue des Murlins, au numéro 12, il y avait une maison à la porte grande ouverte. »

« – Madame Luciani, la raisonna doucement Sauveur, votre fils n’a pas besoin de trouver la sortie. Ce qu’il cherche, c’est l’entrée. »

 » Et puis, ne t’observe pas sans cesse, ne te regarde pas de trop près. Le selfie, ça finit par faire loucher. Regarde au loin, Alice ! L’œil humain a besoin de se reposer en regardant les étoiles ou la ligne d’horizon. Ne pense pas tout le temps à toi. Regarde au loin… « 

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Sauveur & Fils, saison 4, roman de Marie-aude Murail, dès 12 ans, L’école des loisirs, Janvier 2018 —