La meute – Adèle Tariel

Quand elle arrive le premier jour, Léa a la boule au ventre et le cœur qui bat fort. L’angoisse de ne pas s’intégrer, l’appréhension d’être seule. L’envie de disparaître. De se fondre dans la masse. Depuis toujours, elle passe d’un établissement à un autre, au fil des mutations de sa mère. Elle est habituée. Pourtant là, c’est différent. C’est le lycée ; les élèves de sa classe se connaissent bien, les groupes sont faits, la hiérarchisation est en place. Léa comprend vite que si elle ne s’introduit pas dans le cercle des meneurs, elle ne donne pas cher de sa peau. Alors dans un souci de protection, elle se fait d’abord remarquer sur le terrain de basket où elle excelle. Puis se fait violence, en allant à l’encontre de ses propres envies et valeurs ; elle participe au lynchage du professeur d’histoire-géographie, Monsieur Fauchon. Armés de leur portable, les élèves prennent photos et vidéos provocantes. Et Léa a l’idée de créer un compte sur instagram : La meute. Les abonnés affluent en rythme avec la mise en ligne de posts obscènes. C’est l’engrenage pour Léa. Un désastre pour le prof malmené. Un roman bref percutant et poignant sur le harcèlement d’un professeur par ses élèves et l’effet de groupe dévastateur. Le récit à la première personne accentue l’immersion l’identification l’implication et la prise de conscience de la gravité de l’acte. Les mots sonnent juste, dans un flot vif, qui bouscule. Grâce à un QR code, on a accès à la lecture d’une partie du livre par l’autrice et à des fiches pédagogiques pour une étude du texte en classe. Presto, une nouvelle collection des éditions Magnard Jeunesse, au plus près des préoccupations des collégiens et lycéens, solide support pour engager réflexions et débats.

 » La Meute a désormais un public, une communauté qui attend le prochain épisode du feuilleton. On se sent admirés, aimés. C’est un sentiment grisant, qui fait tourner la tête, comme l’alcool. Deux cent abonnés. Le nombre de followers de mon compte perso explose aussi. Ça y est, j’existe dans ce lycée. »

« Quand quelqu’un est pris pour cible, l’enfer commence pour lui. Les moqueries se multiplient, en classe, dans les couloirs, dans la cour, sur le chemin du lycée, sur les réseaux, partout, tout le temps. Ça vient de n’importe qui, y compris tous ceux qu’il ne connaît pas. Certains s’acharnent sur la cible désignée, juste pour se faire bien voir par Théo et Cindy, le couple royal de ce lycée de tarés. »

« Elle dit que je ne peux pas être neutre, que si je ne fais rien, je cautionne, je suis complice. Elle dit que je suis « spect-ACTRICE », selon sa formule. Elle m’impressionne, elle a l’air libre, assumée, indépendante. Je l’admire. Mais si elle était tombée dans cette classe de fous, aurait-elle vraiment fait différemment? Est-ce moi qui n’ai aucun courage? À quel point faut-il être lâche pour ne pas réagir devant des faits qui vous révoltent, simplement pour se faire aimer des autres? Car, au final, ce n’est pas ce prof dont il est question, mais la place de chacun dans la hiérarchie de ce lycée (…). »

La meute, roman d’Adèle Tariel, à partir de 13 ans, collection Presto, Magnard Jeunesse, mars 2021 —

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