Il était un fleuve – Diane Setterfield

fleuve

Il était une fois un roman-fresque, un voyage au long cours, dans le temps, dans les cœurs. Aux abords de la Tamise du XIXème siècle, nimbé de son brouillard entre réel et imaginaire, atmosphère fantasmagorique et mythique, rudesse et tendresse, joie et tristesse,  un roman fleuve où les personnages s’aiment et se débattent hésitent se perdent réapparaissent, on avance lentement au gré des histoires de chacun des personnages. On est là, assis à une table de l’auberge du Swan et assiste avec les autres à l’arrivée homérique d’un homme blessé tenant dans les bras, le corps d’une enfant. Une petite noyée d’à peine quatre ans qui – miracle magie esprit du fleuve ? – revient à la vie sous les yeux de Rita l’infirmière… Mais cette petite fille reste muette. Qui est-elle? D’où vient-elle? Pourquoi se trouvait-elle dans le fleuve? Henry Daunt – son sauveur – et Rita partent en quête de réponses en remontant le fil de l’histoire, à la source du fleuve. Un roman prenant qui se vit plus qu’il ne se raconte alors chut, je me tais, et vous laisse plonger dans ses eaux troubles son écriture envoûtante son romantisme, son atmosphère dickensienne, ses évocations au darwinisme à la photographie à la psychologie, sa galerie de personnages pittoresques, avec pour compagne de lecture  la Tamise mystérieuse et majestueuse comme figure tutélaire.

« Ces éclats d’argent, c’est l’eau qui découvre le soleil pour la première fois depuis sans doute très longtemps. Elle sourd de la terre, de tous les espaces sous nos pieds, dans les fractures et les creux de la roche, dans les cavernes et les fissures, les canaux, car on trouve des cours d’eau souterrains nombreux, formant des méandres et des circuits aussi complexes qu’à l’air libre. La source de la Tamise n’est pas son commencement – ou plutôt, ce commencement reflète seulement notre manière de voir les choses. »

« Qu’est-ce qu’un fleuve? De l’eau. Qu’est-ce que l’eau? Pour l’essentiel, de la pluie. Qu’est-ce que la pluie? Eh bien, le temps! Et qui est propriétaire du temps? Ce nuage qui passe au-dessus de nous en cet instant, où va-t-il crever? Sur cette rive, ou sur l’autre, ou encore au-dessus de la rivière? Les nuages avancent au gré du vent que nul ne possède, ils flottent par-dessus les frontières sans lettres de passage. La pluie que contient ce nuage peut tomber dans l’Oxfordshire ou dans le Berkshire ;  peut-être traversera-t-elle la mer pour s’abattre sur les demoiselles de Paris. Et la pluie qui tombe dans la Tamise peut venir de n’importe où! D’Espagen, de Russie ou… ou de Zanzibar! S’il y a des nuages à Zanzibar. Non, on ne peut dire que la pluie appartienne à quiconque (…) »

« Un enfant n’est pas un contenant vide où les parents déversent ce qu’ils veulent (…) »

Il était un fleuve, roman de Diane Setterfield traduit de l’anglais par Carine Chichereau, éditions Plon, mai 2019 —

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