Ville nouvelle – Agnès Riva

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« Une ville nouvelle, une vie nouvelle… quelqu’un a dessiné pour moi le balcon le panorama… quelqu’un pour moi a choisi ma vie… la trajectoire du square au square… » ainsi chante Françoiz Breut dans le délicieux film de Vincent Delerm Je ne sais pas si c’est tout le monde. Une chanson qui a naturellement résonné en moi à la lecture de ce roman.
C’est dans un appartement d’une ville nouvelle en banlieue parisienne que Chrystelle et Luc, 19 et 25 ans s’installent durant un été des années 90. Un deux pièces au 15ème étage, un héritage du père de Chrystelle, un abri pour ce couple « tout neuf ». Des tracés réguliers, des espaces verts, un lac, des commerces, des cinémas. Le lieu de tous les possibles pour Chrystelle, le cœur ouvert, plein d’attente et d’idéal. Avant sa rentrée universitaire, elle arrange organise adapte le logement – sa nouvelle vie. Quant à Luc, il travaille. Il est urbaniste. Le cœur en joie de vivre là, avec elle, dans un cadre rassurant et confortable, avec dans la tête un désir de paternité. La focale va se tourner vers Chrystelle, ses ressentis ses sentiments confus, ses premières expériences dans sa « vie d’adulte responsable » sans son père. Un moment charnière. Christelle avance à tâtons, hésite, flotte, faibli, se reprend, s’esquive… elle arrêtera la fac, fera connaissance avec sa voisine de palier Nadia une maman de trois enfants, rencontrera un groupe de jeunes communistes, et éprouvera une attirance pour l’un d’eux Thierry qui vit dans une cité-jardin. À la veille de la Guerre du Golfe, elle militera un peu. Et de bifurcation en bifurcation, trouvera une voie. Bon choix ou pas?
Roman aux abords sociologiques, l’entrée – l’installation – dans la Vie et en Couple d’une jeune femme avec ses doutes ses envies ses désillusions ses décisions ses renoncements, l’inscription de ses émotions à travers la géographie urbaine, la recherche d’un équilibre entre désir et réalité.

 » La jeune femme vivrait bientôt en couple et elle s’était mise à rêver de la ville nouvelle où ils allaient habiter, si différente de la sienne avec ses rues étroites et son organisation tellement classique autour d’un clocher. Elle imaginait de grands espaces où les gens pouvaient se rencontrer, discuter, au lieu de vivre comme dans son hlm, repliés sur eux-mêmes. « 

« La découpe de l’appartement était on ne peut plus rationnelle, un rectangle de cinquante mètres carrés, sans recoins ni mauvaises surprises. »

« Quand ils regagnent la salle à manger, un autre morceau d’Higelin passe. Les premières notes qui retentissent dans la pièce sont aussi belles que tragiques, et Chrystelle se laisse emporter par les paroles. La chanson semble venir de très loin pour lui parler d’un proche, une personne qu’elle aurait perdue de vue. Qui ai-je pu délaisser ainsi? se demande-t-elle, soudain gagnée par une nostalgie délicieuse. La séquence musicale continue de la tenir en haleine pendant un bon moment, jusqu’à ce que le cri d’Higelin explose enfin dans l’air : »Alors pars, surtout ne te retourne pas, oh pars! » ».

Ville nouvelle, roman d’Agnès Riva, l’arbalète Gallimard, janvier 2020 —

Un matin ordinaire – Marjorie Tixier

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Rituel immuable, comme chaque vendredi matin, Laurence va courir. Un moment doux, une parenthèse apaisante. Un temps pour elle, une respiration. Une musique douce dans les oreilles, la forêt, ses parfums. Loin de toute agitation, dans sa bulle, elle avance. Des pas de côté pour oublier son travail prenant d’infirmière, la routine familiale, son père malade, des foulées pour rêver à la baie de Valparaiso – un voyage fantasmé, idéal, mais impossible car son mari a une peur panique de l’avion. D’ailleurs ce dernier, de nature anxieuse, n’aime pas savoir sa femme seule dans la forêt. Tout comme leur voisine, dont Laurence devine la silhouette derrière le rideau de sa fenêtre. À les écouter, le danger est partout… mais Laurence chérit trop cette échappée belle. Pourtant, ce matin-là ne sera pas ordinaire. Sur son chemin, un inconnu se dressera. Un homme. Un monstre. Ce matin-là, rien ne sera plus jamais comme avant. Touchée, abîmée, meurtrie au plus profond de son intimité. Des sentiments mêlés d’horreur de tristesse de honte de peur… Elle refusera de porter plainte ; elle sait bien que cela ne servira à rien. Elle en a vu souvent des femmes dans sa situation, à l’hôpital. Et puis pour préserver ses filles aussi, elle se taira. Elle cheminera vers la résilience, mais à quel prix?
Judicieusement, Marjorie Tixier a tissé cette histoire de plusieurs fils, de plusieurs voix. Ainsi tour à tour, le mari, les enfants, le père de Laurence posent leurs mots leurs ressentis mais aussi la voisine, la femme de l’agresseur, l’agresseur lui-même. Et de ces voix s’élève l’histoire de chacun avec ses fêlures, ses travers, ses angoisses, ses vertiges. Une lecture éprouvante mais éclairante.

« J’étais démoli à la regarder répéter ce même geste. Elle a pris le shampoing, en a renversé une paume pleine et ses cheveux se sont transformés en mousse. Elle gémissait, parlait entre ses dents, pleurait aussi, la douche emportant le savon dans siphon. Je l’ai vu recommencé, le shampoing vidé dans la paume de sa main, les cheveux bulles, la voix un peu plus forte. Elle répétait son nom. Je m’appelle Laurence Vasseur, le shampoing pour la troisième fois dans le creux de la main, je m’appelle Laurence Vasseur, et ainsi de suite jusqu’à ce que la bouteille soit vide et qu’elle empoigne le savon pour se récurer les jambes et le sexe et je m’appelle Laurence Vasseur et le sexe et les jambes. (…) Moi, je pleurais contre la porte. Je la regardais faire, chaque rasade d’eau avait emporté chaque particule de la présence de l’homme qui l’avait violée, mais nous savions qu’il faudrait plus que de l’eau et du savon pour en venir à bout. »

Un matin ordinaire, roman de Marjorie Tixier, Fleuve éditions, janvier 2020 —

L’amant – Kan Takahama, d’après le roman de Marguerite Duras

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À l’aube de ses soixante-dix ans, Marguerite Duras, romancière reconnue, est abordée par un homme dans la rue. Il lui parle de ses livres et de son visage qu’il trouve si beau aujourd’hui. Elle ne s’attendait pas à ces mots-là. Ce visage a subi tant de tempêtes, d’alcool… les ravages du temps… elle a tant écrit… Était-elle belle dans sa jeunesse? Elle s’est toujours vu comme une personne banale, qui avait vieilli soudainement à dix-huit ans. Son passé surgit alors… elle se souvient des traversées du Mékong et ses reflets d’argent pour rejoindre la pension d’état à Saïgon où elle étudiait, forcée, les mathématiques – elle, rêvait déjà d’écrire – de sa mère, veuve, directrice d’école ruinée suite à un investissement hasardeux au Cambodge, de ses deux frères, et surtout de son histoire d’amour avec le Chinois, un homme trentenaire, élégant et richissime rencontré un jour sur le bac. Avec lui, elle découvre le désir et le plaisir sexuels. À ses côtés, elle s’émancipe, s’extirpe d’une condition sociale difficile, de relations tourmentées avec sa mère, violentes avec  son frère aîné. Elle renverse les interdits en fréquentant un asiatique, un rentier, un homme expérimenté, elle la blanche, la pauvre, l’adolescente. On perçoit sa détermination à faire fi des codes, de la honte, de la peur, de la bienséance. On assiste à son affranchissement, à son ardeur à vouloir écrire. Leur histoire troublée et troublante navigue sans cesse entre amour et argent, elle n’a pas d’issue, le Chinois doit se plier aux injonctions de son père. Son mariage est organisé. Il donne de l’argent à la jeune femme qui prend alors le bateau pour la France avec sa famille. Ce n’est que durant la traversée, et le suicide d’un jeune homme qu’elle prend conscience de l’amour incommensurable ressenti pour le Chinois…
La mangaka Kan Takahama adapte le roman autobiographique de Marguerite Duras avec délicatesse et fidélité. Ses illustrations aux traits fins et sensibles sont enveloppées de couleurs douces et lumineuses. Le texte, rare, va à l’essentiel. Quant au paysage, il nous plonge dans une beauté mélancolique. En tournant la dernière page, une envie furieuse nous prend de lire le roman.

« Très jeune j’ai eu ce visage prémonitoire. À dix-huit ans… j’ai vieilli. J’ai beaucoup écrit… sur moi, sur ma famille, mais… C’était autour des choses… sans aller jusqu’à elles. Le Mékong argenté… Cette image… je n’en ai jamais parlé. Je suis seule à la voir encore. Quand cette histoire commence… j’ai quinze ans et demi. Je suis dans une pension d’état à Saïgon. La fille de cette pauvre maison dans le quartier des Blancs. Et puis… »

L’amant, bande-dessinée de Kan Takahama d’après le roman de Marguerite Duras, traduction et adaptation de Corinne Quentin, Rue de Sèvres, janvier 2020 —

À mains nues – Amandine Dhée

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À mains nues, sans autres armes que le poids de ses mots, sans fards mais avec urgence, sans interdits mais avec humour, sans jugement mais avec discernement, Amandine Dhée examine la place et la portée du désir dans l’existence d’une femme – aujourd’hui en couple et maman – à travers ses âges, de l’enfance à la vieillesse. Un désir mouvant et agité, bridé par un carcan social, entravé par le doute, bousculé par des habitudes, contrôlé par sécurité, déstabilisé par ses balbutiements, enflammé troublé fascinant libérateur mystérieux… Des moments de vie, des passages obligés, des chemins de traverse, des couloirs parallèles, l’autrice parle tout à la fois de son personnage d’elle-même de nous sous le prisme d’une époque en mouvement. On se surprend au détour d’une phrase à acquiescer, à sourire, à soupirer dans une empathie totale – en sororité. Une résonance bienvenue et bienveillante. « Être soi », n’est-ce pas toutes ce vers quoi nous tendons? Sortir de sa zone de confort, de ses incertitudes, de ses scrupules, briser l’armure, oser, « extirper (son) désir à mains nues »… Un désir qui bat la mesure d’une vie dans son entièreté, évoluant avec la société – éducation, famille, engagement féministe, émancipation, mouvement MeToo, relation aux autres, égalité homme-femme, modèles, clichés, fantasmes, publicités… -.

« Le jour des règles est une déflagration intime. Elle appartient à un camp, son corps lui a dit. Cela mériterait un feu d’artifice, un jour férié, une fanfare en bas de son immeuble. (…) Cette fois, ça embraye. Elle a enfin des poils sous ses aisselles, sur le pubis, et là, victoire, ces deux renflements promettent des seins. Elle passe de longues heures à s’observer nue dans le miroir. »

« Au début, elle fait semblant de ne pas voir que ça tiraille. Mais elle manque. Sa faim immense, impossible à contenir, à dissoudre dans le couple. Peu à peu, le mythe se fissure, le vernis s’écaille. La normalité ne tient pas ses promesses. »

« J’ai cessé de confondre mon désir avec celui des autres. Ce n’est pas toujours facile. J’ai tellement eu l’habitude de faire plaisir, de ne pas décevoir les attentes, de considérer ce qui serait moral… Il m’arrive encore de me noyer. J’ai besoin de m’arrêter quelques secondes et de me poser la question : qu’est-ce que tu veux, toi? Je laisse alors retomber ce qui trouble mon eau et j’extirpe mon désir à mains nues. »

« On s’évalue, on s’argus. Elle se demande combien elle vaut. Ils sont nombreux, nombreuses, planquées derrière leurs paillettes du samedi soir, à conjurer leurs doutes et leurs chagrins. »

« Est-ce que j’élève mon enfant comme un garçon? Certes je ne lui interdit pas de pleurer et ne lui achète pas de mini-pistolet à pompe, mais je me méfie de ma complaisance face à son agressivité, à sa façon d’occuper l’espace, d’exiger. Une mission que j’aimerais au moins accomplir : qu’il sache entendre un non. »

« On aurait voulu que ce soit la seule chose pas programmée, justement.  Que notre désir échappe aux agendas, qu’il soit sauvage. Que le sexe s’invite, s’impose, bouscule le programme. Le bon sexe, celui qui surgit. Comme avant, se jeter l’un sur l’autre, laisser la peau décider. »

À mains nues, roman? Essai? d’Amandine Dhée, éditions La contre allée, janvier 2020 —

Rendez-vous à Colombo – Sarah Malartre

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Dans son bureau, ils passent et repassent, jour après jour. Ils s’installent face à elle, et déroulent leur vie, tourmentée cabossée, leur tristesse, leur souffrance au quotidien, leur incompréhension devant ce monde qui ne tourne pas rond,  leur solitude et le manque de leur famille restée ou disparue au pays… Leur espoir d’obtenir le droit d’asile en France. Eux, ce sont Monsieur Firmin, Nour, Pierre-Félix, Fatou, Issa, Awa, Oksana, Amir, Sohrab, Zied, Germude, Singuila… des hommes des femmes qui viennent de Kinshisa, du Liban, de Côte d’Ivoire, d’Afghanistan, d’haïti, d’Ukraine, de Syrie… Elle, c’est Nina, juriste. Avec attention et bienveillance, elle les écoute raconter leur histoire, relève le moindre détail, et retranscrit le tout à la première personne. Le portrait ainsi dessiné, précieux, doit refléter au plus juste la réalité de chacun. Car il en découle pour ces réfugiés un avenir meilleur, une protection pour eux et leurs enfants. Voilà des années que Nina accueille les confidences ; de mots de regards de gestes de larmes aussi. Mais pour la première fois, elle sent qu’elle vacille. Sa vie est en train de voler en éclats. Dans le même temps, elle se sépare de son fiancé et apprend la maladie de son père. Infiniment triste et inquiète, épuisée et désarmée, Nina est bouleversée. Ses failles, ses blessures à elle sont-elles de taille à affronter celles de ces hommes et ces femmes qui défilent dans son bureau? La douleur intime et la souffrance universelle peuvent-elles cohabiter? Comment vaincre cet équilibre instable?
Un premier roman sensible, tantôt léger tantôt grave.

 » On ne sait jamais dans une histoire d’amour quel baiser sera le dernier. Si on pouvoir choisir le dernier baiser, on s’appliquerait, on essaierait de lui donner toutes les couleurs de l’amour qu’on a partagé, on y mettrait de la passion, de la chaleur, de la tendresse en mémoire de tous les moments merveilleux qu’on a vécus. »

« Je rampe et toute la nuit je somnole, me réveille, pleure de douleur, change de position pour calmer le feu de toutes ces aiguilles qui me torturent. C’est la face caché du déni, on peut faire sortir tout ce qu’on veut de notre tête, ça trouvera toujours à se loger dans le corps. »

« Ma tête est lourde, je ne sais comment exister dans ce monde abominable, comment vit-on chaque jour, comment respire-t-on, comment mange-t-on, comment rit-on, comment fait-on l’amour, comment fait-on des enfants quand on étouffe sous toute cette horreur? Quand on est écrasé sous les génocides et sous la haine? (…) Je cherche constamment, la réponse s’échappe, insaisissable, impossible, je chercherai toujours. »

« Je je je. J’écris ce qu’Awa raconte à la première personne. J’écris ce que tous racontent à la première personne. Je je je. À force d’écrire je, ces histoires deviennent les miennes. Je suis eux, tour à tour, puis tous en même temps. J’ai vécu des centaines de vies, toutes plus tragiques les unes que les autres, j’ai vécu dans des dizaines de pays, je connais le nom des avenues, je peux dessiner les quartiers. j’ai tout vu, tout entendu, tout ressenti. Je sais tout des hommes et de l’horreur qu’ils cachent en eux. Ces vies, je les transporte partout, elles se rappellent à moi la nuit et mes rêves se font cauchemars. »

Rendez-vous à Colombo, premier roman de Sarah Malartre, Mercure de France, janvier 2020 —

Le rêve d’un fou – Nadine Monfils

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Le rêve d’un fou, ou quand un homme ordinaire fait de sa vie, une quête extraordinaire… Nadine Monfils, émue par l’histoire, vraie, de Ferdinand Cheval, s’est attelée à y distiller un souffle romanesque. Avec délicatesse et tendresse, elle a trempé sa plume dans les pensées de ce doux rêveur-bâtisseur génial,  a tissé une fable, créé des rencontres, révélés des sentiments, en glissant ici et là des petites phrases écrites par le Facteur Cheval lui-même. Ode à la liberté, à l’espoir, à l’art, évocation de la foi à un idéal, ce petit livre est profondément humain et pénétrant.
L’homme a souvent vu sa vie bousculée par la mort ; sa mère lorsqu’il est enfant, son père dans l’adolescence, un de ses fils à seulement un an, sa première femme, sa fille adorée Alice à quinze ans… Il aurait pu s’effondrer de désespoir, mais au contraire, Ferdinand va transcender son malheur et ses douleurs amassées au fil des ans. En 1879 il va entrevoir au milieu de son potager – à Hauterives dans la Drôme – un Palais merveilleux… Et voilà donc qu’à chacune de ses tournées de facteur, il ramasse des pierres et le soir se met à bâtir, à sculpter, à imaginer des formes des arabesques tout un bestiaire mythologique des cascades des grottes… Il consacrera trente-trois années de son existence à édifier son Palais Idéal, seul, de ses seules mains, en hommage à sa fille disparue. Dans son village, on le prendra pour un fou mais bientôt une multitude de gens viendra admirer son œuvre, l’œuvre d’un fou génial qui sera classée au Monument Historique par André Malraux en 1969.
Sur sa route, le Facteur Cheval  rencontrera Joseph,un peintre qui deviendra son ami et son confident. Ensemble, il parleront d’art et d’inspiration, et évoqueront leur fille respective – sa femme a quitté brutalement Joseph en emportant leur petite Marthe, qu’il n’a jamais revue -. À la mort de son ami, Ferdinand n’a plus le goût à poursuivre la construction de son rêve jusqu’au jour où il reçoit une lettre de Marthe…

« Les rêves, ça chasse les larmes. »

« Quand on fait ce qu’on aime, on ne sent pas ce lourd vêtement sur soi. Il ne pèse soudain plus rien. La passion fait de nous des oiseaux. »

« – Enfin, réfléchis! Tu n’imagines quand même pas qu’il y a une sorte de bonhomme là-haut, assis sur un trône, qui s’amuse à regarder tout ce qui se trafique ici-bas? Les hommes sont pareils à des fourmis qui grouillent, s’entremêlent, se grimpent dessus et s’écrabouillent. Des fourmis qui, de toute façon, ne tirent aucune leçon de la vie et continuent à reproduire les mêmes conneries, jusqu’au jour où la planète deviendra invivable. On avait deux magnifique cadeaux : la nature et l’amour. Et qu’est-ce que nous, crétins d’humains, en faisons? Du gâchis. On piétine tout sans vergogne. Et ceux qui ont du respect se font bouffer par les autres. Pourquoi un dieu aurait-il créer ça? Nous ne sommes que des rouages d’un mouvement perpétuel qui fait avancer et reculer les aiguilles invisibles d’une horloge inutile. Tic! Tac! Boum! C’est ça le sens de l’existence. »

« Notre art nous ressemble bien plus que notre apparence physique. Il traduit ce que nous sommes réellement et ce que, parfois, nous n’osons pas exprimer par la parole. Il est le reflet de notre âme. La cour de récréation où s’ébattent nos anges et nos démons. »

Le rêve d’un fou, roman de Nadine Monfils inspiré librement de la vie du Facteur Cheval, Fleuve éditions, septembre 2019 —

The Parisianer 2050 – couvertures futuristes d’un magazine imaginaire

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2020 arrive tout juste, et voilà que je vous parle de 2050! Mais si cette année-là semble être fort loin, son horizon se dévoile pourtant, à travers le regard d’une cinquantaine d’illustrateurs internationaux tour à tour chimérique, cocasse, analytique, sensible, sarcastique, optimiste, pessimiste, onirique… Avec leurs couleurs leurs tracés leur imagination et leurs mots, ils répondent à la question suivante : À quoi ressemblera le monde de 2050? Chacun crée donc la couverture d’un magazine imaginaire – qui n’est pas sans rappeler la une du New Yorker -. Changement climatique, pollution, progrès technologiques, relations humaines et impact numérique, évolution des villes, place de la nature, migrations… autant de sujets abordés image après image.
Un livre beau et passionnant qui interroge notre société, notre planète, et ses mutations.

 

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Pour en savoir plus : The Parisianer

The Parisianer 2050, couvertures futuristes d’un magazine imaginaire de 53 illustrateurs internationaux, sur une idée originale  et une initiative de l’association La Lettre P, à la direction artistique : Aurélie Pollet et Michaël Prigent, éditions 10-18, 2017–