Pierre et le Loup – adaptation du conte de Serge Prokoviev par Miguelanxo Prado

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Quel délicieux souvenir d’enfance que ce conte musical de Prokoviev, quel plaisir de se replonger dans l’histoire de Pierre et le Loup ! Mais cette fois-ci, les personnages ne sont pas représentés par des instruments ; l’oiseau par « la flûte légère et gazouillante », la cane – à l’origine, un canard – par « le hautbois mélancolique », le chat par « la douce clarinette », le grand-père par « le basson grondeur », les chasseurs par « les timbales et la grosse caisse », Pierre par « les instruments à cordes » et le loup par les  » trois cors sévères et sombres », pourtant, les phrases musicales et la voix élégante de Gérard Philippe résonnent au fond de ma mémoire, à mesure que les pages se tournent.

Là, sous mes yeux ; la forêt ombreuse et mystérieuse se dresse face au joyeux et curieux Pierre vêtu d’un pull rouge écarlate les mains dans les poches, si petit devant elle. Malgré l’interdiction de son grand-père de ne pas pénétrer sous les feuillages, Pierre est trop intrigué pour lui obéir. Un grand garçon comme lui n’a pas peur du loup se dit-il… À  l’orée du bois il rencontre un oiseau sifflant sur une branche puis après quelques pas il découvre une cane se baignant dans une mare, et plus loin un chat qui aurait bien voulu faire du moineau son repas… Tout ce petit monde bavarde et se chamaille jusqu’à ce que le loup fasse irruption…

Par ses dessins, Miguelanxo Prado nous transporte aisément dans l’atmosphère du conte de Prokoviev ; l’obscurité de la forêt, la lumière iridescente autour des personnages, les changements d’angles de vues, les flous et les gros plans, le mouvement et la langueur, les émotions de Pierre un mélange de peur de fascination et de courage, le suspense, la dramatisation, les savoureux dialogues, l’odeur du danger, l’interdit qui attire, les effluves et les rumeurs du sous-bois, la légèreté de l’oiseau, l’ingénuité de la cane, l’agilité du chat, la férocité du loup, les bougonnerie du grand-père, l’habileté de Pierre, la violence, les détonations des fusils, la peine fugace et la  pleine fatuité.

Une adaptation très réussie.

« C’était un loup magnifique et la forêt était son domaine. Si seulement il avait suivi le conseil de son grand-père, au lieu de… Mais l’âme des gens est inconstante. Et leur vanité aussi insatiable que l’appétit du loup. Celle de Pierre ne faisait pas exception. De sorte qu’à la place de la peine qu’il avait éprouvée pour le loup. Il ne ressentait plus à présent que l’admiration que lui vouait le hameau tout entier pour son exploit. Ainsi vont les choses. »

Pierre et le Loup, adaptation BD du conte original de Serge Prokoviev par Miguelanxo Prado, traduction de Franck Reichert, à partir de 8 ans, Éditions Casterman, avril 2017 —

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4 réflexions sur “Pierre et le Loup – adaptation du conte de Serge Prokoviev par Miguelanxo Prado

  1. Je l’ai lue en petit format souple publié par l’école des loisirs il y a quelques années. Je suis d’accord avec toi, c’est une adaptation très réussie.

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