Une mère à Brooklyn – Ingrid Chabbert

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Judith, 15 ans, vit avec son père et Laure, qui n’est pas sa mère. Jusque là, tout allait bien. Une enfance douce, des moments joyeux et complices. Pas de maman mais un père à la hauteur, avec plein d’amour à l’intérieur. Les jours coulaient ainsi, insouciants et légers.

Le temps fuit irrémédiablement, et l’adolescence escortée de ses tourments entrent dans la vie de Judith. L’innocence en s’envolant met en évidence les ombres. Les questions se bousculent, l’incompréhension se dessine, un vide apparaît alors. Révélant une absence. Le manque de celle qui l’a mise au monde.

La naissance de Judith est nimbée de mystère. Pas un mot. Pas une émotion. Pas une image. Jamais. Alors quand elle tente d’esquisser ce visage inconnu, dont les traits rejoignent sûrement les siens, les yeux de sa mère demeurent deux trous noirs. Rien dedans. Le néant.

Judith ne supporte plus le silence de son père… alors elle sèche souvent les cours avec Alia son amie sa confidente, a une attitude odieuse et le verbe haut à la maison. Judith est en colère. Dans quelques mois, elle fera sa rentrée au lycée mais l’avenir, elle s’en fiche. Elle, c’est le passé qu’elle souhaiterait entrevoir. Déterrer le secret qui l’empêche d’avancer.

Ça lui fait si mal qu’un soir Judith n’a pas envie de rentrer. Elle erre dans la ville, désemparée, jusqu’à ce que la peur s’en mêle. Alors, elle revient. Son père est derrière la porte, bouleversé. Le lendemain, il lui annonce son départ pour New-York. Une amie à lui l’attendra et prendra soin d’elle. Là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique, elle trouvera peut-être quelques réponses à ses questions…

Un roman sur la quête d’identité et les affres de l’adolescence, une écriture pleine d’authenticité et de sensibilité, une jeune fille à laquelle on s’attache tellement qu’on a qu’un souhait : la retrouver au plus vite…

« Judith court. Elle ignore où. Elle court, droit devant elle. Sa vue se brouille au fur et à mesure que son souffle s’épuise. Ses poumons crachent des flammes mais elle ne s’arrête pas. Sous ses pieds, la terre paraît si fragile. Comme si elle s’étiolait sous ses pas. Comme dans un film catastrophe. Il paraît que courir, ça vide la tête. Judith a dû rater un truc car ça ne vide rien du tout. Elle a mal. Tout ce gâchis qui s’accumule laissera des traces, elle en est certaine. Des traces qui ne partiront peut-être jamais… Elle ne sait plus comment faire marche arrière. Comment formuler les questions qui la brûlent, la consument, la hantent. Partout. Tout le temps. Comment trouver la paix, comment quitter cet état si douloureux? Invivable. Irrespirable. »

« Elle marche, les yeux en l’air. Les gratte-ciel rivalisent de hauteur et de beauté. Elle en a le vertige. L’ivresse d’un autre monde. Judith se sent bien, merveilleusement bien. Oubliés les peurs multicolores! Oubliés son père, Paris et la prochaine rentrée! Ses pieds chauffent mais elle ne parvient pas à s’arrêter. Elle a besoin de dévorer l’asphalte. D’imprimer en elle chaque pierre, chaque feu de New York. Le vent marin se lève, fouettant les drapeaux et emmêlant son épaisse chevelure. »

 

Une mère à Brooklyn, roman d’Ingrid Chabbert, à partir de 13 ans, Éditions du mercredi, Février 2017 —

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13 réflexions sur “Une mère à Brooklyn – Ingrid Chabbert

  1. je découvre ce roman grâce à toi. Le sujet est intéressant et les extraits font envie, merci du partage et bonne semaine à toi Nadège 🙂 🙂 Bises.

  2. Je crois que comme elle j’aurais envie un jour ou l’autre de connaître mes racines… c’est une démarche très honorable et remplit d’amour.
    Tu lis de beaux livres ma Nadège :-*
    Gros becs

    1. Je crois que la quête de ses racines est très personnelle… j’entends par-là que certains ont une vie tellement pleine d’amour qu’ils n’ éprouvent pas le besoin de les chercher. Bises.

  3. Je viens de finir le roman et ta chronique. Tout est juste dans ce billet, tu retranscris parfaitement la respiration de ce livre. C’est une analyse pointue, sensible, d’une grande justesse quant à ce que j’ai pu ressentir en lisant le texte. Merci pour avoir si bien rendu ce moment. Je suis souvent émue à la lecture de tes chroniques et là je suis encore une fois bluffée par la finesse de ton filtre. Bravo !

    1. Oh merci infiniment pour ce très joli compliment qui me va droit au cœur. Je me pose beaucoup de questions sur mon blog en ce moment… envie de ralentir, d’arrêter complètement… bref, merci pour tes mots qui arrivent à point nommé.

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