La ville des serpents d’eau – Brigitte Aubert

villeserpents

Bon, je le dis tout net, je n’ai pas aimé ce roman. Trop sordide.

Un article dans un journal fait remonter à la surface une affaire vieille de treize ans. En effet, Ennatown, une petite ville américaine a été le lieu d’ un horrible massacre de petites filles – toutes blondes et âgées de six ans – enlevées, violées puis jetées dans la rivière, le ventre ouvert rempli de pierres pour mieux couler dans les profondeurs… la police de l’époque n’a pas été capable de mettre la main sur le criminel. Et qui plus est, une de ces fillettes n’a jamais été retrouvé.

Treize ans plus tard, donc : date anniversaire de la dernière enfant repêchée. Le roman s’ouvre sur les pensées de Susan Lawson, séquestrée depuis toutes ces années dans une cave, maman d’Amy, cinq ans dont le père est leur boureau. Susan est malade. A dix-neuf ans, elle sent bien que son corps est vacillant et son esprit perdu. Seule sa fille lui permet de tenir encore un peu ; elle lui apprend à lire et lui parle du peu de choses qu’elle connaît du monde extérieur. C’est bientôt les fêtes de Noël, elle a un plan : elle compte faire sortir Amy de cette chambre-prison par le conduit d’aération. A l’aide d’une barette, elle réussit à ouvrir la grille, Amy se faufile telle une petite souris avec pour mission de faire lire un papier expliquant leur situation.

L’enfant se retrouve dehors, en terre inconnue, dans un froid glacial avec pour seuls vêtements deux joggings superposés… Elle tombe nez à nez avec Black Dog, un géant, sans domicile fixe, illétré et simple d’esprit.

Un ancien flic alcoolique (revenu au pays suite à une sombre affaire), dorénavant jardinier et son comparse Snake.T (ancien rappeur accidenté) vont enquêter sur cette histoire louche.

Je n’ai pas réussi à entrer dans ce roman : une atmosphère glauque, des personnages caricaturaux – les hommes sont chasseurs et portés sur l’alcool, les femmes sont des desparate housewife nymphomanes… –, le lien entre Amy et Black Dog aurait pu être beau s’il avait été plus approfondi, l’écriture vive et souvent ironique envers la société américaine est lassante…

« – (…) La mère ne bossait pas. Le genre desperate housewife qui suivait des cours.

Des cours ?

Ouais, des cours de yoga, de tai-chi, d’origami, de poésie médiévale, de compost biologique. Des cours quoi. Y a des gens qui sont vides, ils ont besoin de se remplir. »

« La plupart des pédophiles bénéficient du trompe-l’oeil de l’intégration sociale. Ce sont rarement des marginaux ou des gars avec un casier. Ils agissent au nez et à la barbe de leur environnement parce qu’ils se fondent dans la masse. On ne les remarque pas. Non pas parce qu’ils sont suprêmement habiles, mais parce qu’ils n’ont rien de remarquables. »

« Daddy les observait. Les écoutait. Présence discrète et silencieuse dont personne n’avait conscience. Il avait souvent l’impression d’être l’alien métamorphe du film de John Carpenter, The Thing, et d’habiter son hôte officiel manipulant son visage, ses membres, voyant à travers ses yeux. A la fois présent et absent.

Invisible.

Daddy n’avait pas peur des mots. Il savait comment la société qualifiait se goûts particulier. Cela lui était indifférent. Il ne ressentait aucune honte à se voir étiqueté comme « pédophile » ou « tueur en série ». Daddy n’avait pas peur des mots, parce que les mots n’étaient que des mots. Contrairement à la plupart de ses congénères, Daddy, lui, ne se contentait pas de paroles. Il passait aux actes. »

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La ville des serpents d’eau, roman policier de Brigitte Aubert, Seuil, Septembre 2012 —

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