Ecarlate – Hillary Jordan

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L’histoire racontée par Hillary Jordan se déroule dans l’état du Texas. Elle y évoque un futur proche bien sombre idéologiquement (dystopie). Hannah Payne a vingt-six ans. L’insouciance de sa jeunesse et le tourbillon de sa récente passion amoureuse semblent bien loin pourtant. Cloîtrée dans une cellule munie de caméras, elle sait que des gens, nombreux, la regardent de l’autre côté de leur écran de télévision purger sa peine. Ces mêmes personnes qui la répudient l’observent avec minutie…

Hannah est devenue une Rouge. On a inoculé dans son corps un virus teintant sa peau d’une couleur écarlate pour la punir d’un crime effroyable au yeux du gouvernement en place. En effet, la jeune femme a commis un geste impardonnable pour la société puritaine américaine dans laquelle la religion tient une place essentielle. Hannah a tué. Elle a avorté clandestinement.

Son amant, le père de l’enfant qu’elle portait, Aidan Dale, est marié et surtout il est pasteur, une figure vénérée par tous. Afin de ne pas souiller l’existence de ce dernier, elle choisit de ne pas dévoiler son nom. Trois chefs d’accusation condamnent Hannah : adultère, avortement, et refus de donner l’identité du père.

Après avoir passée quelques semaines en cellule, elle sera placée dans un foyer de réinsertion pour femmes – Le Centre du Droit Chemin – avec pour objectif de « revenir à Dieu ». Elle s’évadera de cet endroit. Mais affronter la société quand on est devenu une paria, une Rouge, n’est pas chose aisée. En voulant revoir sa soeur, elle tombe sur son beau-frère, membre d’un groupuscule extrêmiste. Traquée, elle s’enfuit et retrouve Kayla qui s’est aussi évadée du foyer.

On va donc suivre les pérégrinations de ces deux jeunes femmes dans une amérique austère. Avec courage et ténacité, elles se battront, aidées par des résistants, pour gagner leur liberté. Fuir pour revivre, ailleurs, autrement.

L’auteure s’est clairement inspirée de La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne pour écrire ce roman : l’histoire poignante d’Hester Prynne, au XVII ème siècle, condamné à porter sur la poitrine la lettre A d’une couleur écarlate durant sa vie entière pour avoir commis l’adultère avec un ecclesiastique, une fille naîtra de leur union, un livre majeur de la littérature sur l’amour, l’oppression de la société et la révolte d’une femme emprise de liberté.

Alors forcément quand on a lu le chef d’oeuvre d’Hawthorne, le roman d’hillary souffre un peu de la comparaison. Mais, malgré des longueurs dans le récit, j’ai beaucoup aimé le personnage d’Hanna tantôt fragile, en colère, faillible, loyale, amoureuse et insoumise.

« Lorsqu’elle se réveilla, elle était Rouge. (…) Ce n’était pas une surprise – des Rouges, elle en avait déjà vu plusieurs fois, bien sûr, dans la rue et sur les vids – pourtant elle n’avait pas imaginé devoir affronter pareille métamorphose dans sa chair. »

« Hannah devait faire son rappel à la fin du mois de janvier. Il fallait s’en occuper tous les quatre mois et le moindre retard avait des conséquences gravissimes. Si elle n’avait pas sa piqûre à la date requise, la demi-vie biologique du virus commencerait à se dégrader, le chromatisme s’estomperait et sa couleur de peau reviendrait peu à peu à la normale. Mais ce jour-là, elle serait malheureusement bien trop fragmentée pour s’en réjouir.

La fragmentation était pour le gouvernement le moyen de s’assurer que les Chromes restent des Chromes (…). Au début, ça se manifestait par de vagues murmures, confus et sporadiques, qui s’amplifiaient à mesure que le cerveau se détériorait et finissaient par provoquer de véritables hallucinations auditives. La personne affectée avait alors la conviction que l’univers et tous ses habitants lui voulaient du mal. »

« Instinctivement, elle essaya d’abord de se rendre invisible, puis, mue par une soudaine révolte, elle planta son regard dans celui de ses voisins, ces gens qu’elle écoeurait tant (…). Elle se demanda combien d’entre eux étaient des menteurs et dans quelle mesure leur probité apparente ne masquait pas des crimes aussi graves que les siens. »

Ecarlate, roman d’Hillary Jordan, Belfond, Octobre 2012 —

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