La cavale – Ulf Stark et Kitty Crowther

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Gottfrid a l’habitude de rendre visite à son grand-père à l’hôpital, seul. Son père, lui, n’y va presque plus. Il faut dire que le vieillard est colérique, voire odieux, avec toutes les personnes qui l’approchent. Le garçon, ça le fait rire, les gros de mots de son papy. Et surtout il a bien compris que ça devait pas être facile d’être ainsi claquemuré dans une chambre. Il compatit tellement qu’une idée germe dans son esprit : le sortir de là à tout prix, partir en cavale avec lui… une dernière fois retourner dans sa maison sur la falaise de l’archipel où il a vécu avec sa grand-mère, avant qu’elle disparaisse. Alors il organise tout : il invente un week-end de stage de foot, persuade Ronny un boulanger-mécanicien de jouer le cousin-chauffeur-entraineursportif- histoire de duper  parents et infirmières, pense à prendre les médicaments blancs et les rouges pour son cœur (trop gros),  son col du fémur (cassé) et ses énervements.
Ensemble, petit-fils et grand-père passent deux jours en haut de la falaise, à regarder le paysage si beau, à se souvenir de grand-mère – ses mots son visage sa douceur et ses confitures d’airelles -. Ensemble, ils se rappellent, apprennent, écoutent, comprennent.
Une fugue émouvante, la complicité d’un enfant et son grand-père, une réflexion sur la vieillesse, la fin de vie, la nostalgie, le mensonge salvateur. Une cavale bienveillante drôle et tendre à la portée universelle, illustrée avec délicatesse par Kitty Crowther et ses crayonnés généreux.

« Ta grand-mère a cueilli les airelles, elle les a lavées, elle les a fait cuire, elle a ajouté juste le sucre qu’il fallait pour que ça ne soit ni trop amer ni trop sucré, elle a remué la confiture et elle l’a versée dans ce pot. Elle a pris son temps pour le faire. Elle a donné de son temps, elle y a réfléchi. Il y a une part d’elle-même dans ce pot. Tu comprends?(…) Je ne comprenais pas… Enfin, si, quand même. Je comprenais bien qu’il pensait que Grand-mère se trouvait là, dans le pot de confiture d’airelles, d’une certaine façon. »

La cavale, roman écrit par Ulf Stark et illustré par Kitty Crowther, traduit du suédois par Alain Gnaedig, Pastel, L’école des loisirs, septembre 2019 —

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