Lucinda Hote en pays Nambikwara – Alain Jay et Bérengère Launey

lucindahote

Agrippée à la botte de l’ethnologue-anthropologue-philosophe Claude Lévi-Strauss, Lucinda un petit singe lagothrix femelle, traverse avec lui une partie de l’Amazonie, en quête des Nambikwara, un peuple autochtone. Nous sommes en 1938.
Un soir, alors qu’il marche énergiquement dans une rivière, Lucinda lâche sa botte. Le fort courant l’emporte loin de Claude… Malgré sa course folle, elle parvient à se hisser sur la berge. Elle regarde alentour, voit des huttes au loin,  puis tout près des hommes, des femmes et des enfants… qui pour seuls vêtements portent quelques bijoux et « un bâtonnet de bois, parfois une plume, traverse la lèvre ou le nez de certains… » Lucinda est au milieu des Nambikwara !
S’ensuit la découverte de ce peuple ; son dénuement, sa bienveillance, sa simplicité, sa spontanéité, son adresse, ses repas – chasse et cueillette -, sa solidarité, son nomadisme, sa culture, son osmose avec la nature, son enthousiasme. Et la rencontre avec une petite fille qui fait d’elle, Lucinda, son chapeau doux et beau, sa bienheureuse acolyte.

Une histoire parsemée de petits cailloux vrais et imaginaires, proposant au lecteur l’exploration d’une autre contrée, d’un peuple, une ouverture sur le monde – avec ses disparités, ses correspondances -. Les photographies émouvantes en noir et blanc de Lévi-Strauss côtoient les illustrations tendres et drôles où les bruns et les verts se mêlent finement. Un album plein d’humanité.

 

« Et voilà qu’une jeune fille vient par ici. Je me recroqueville. Elle approche! Je me cache derrière mes bras. J’entends qu’elle s’arrête. Je relève timidement les yeux : immobile, elle me regarde. Après un moment, elle me prend en douceur, comme si elle en avait l’habitude. Puis c’est en poussant de grands cris qu’elle me porte à ses parents : « Hote! Hote! » Hote : mon nouveau nom. »

 

 » Un pays sans gifles ni fessées, sans privations de dessert ni de télé, dans un paysage sans limites où l’on ne peut pas être mis au coin. Et au lieu des bonnets d’âne : des singes complices. Je vis donc comme dans un livre : je suis au pays où l’on ne punit pas les enfants! »

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Claude Lévi-Strauss et « Lucinda »

Lucinda Hote en pays Nambikwara, album jeunesse écrit par Alain Jay et illustré par Bérengère Launay, une adaptation de la Thèse complémentaire de Claude Lévi-Strauss consacrée aux indiens Nambikwara et reprise dans Tristes Tropiques, dès 6 ans, Éditions du Cheval Vert, 2011 —

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6 réflexions sur “Lucinda Hote en pays Nambikwara – Alain Jay et Bérengère Launey

  1. Lévi-Strauss, quel homme… Anthropologue, j’ai nourri ce rêve longtemps. Un beau livre, forcément, instructif, humain, une tranche d’histoire comme je les aime…
    J’adore sa dernière citation ❤
    Je t'embrasse

    1. J’ai Tristes tropiques sur mes étagères mais ne l’ai encore jamais lu… ça viendra. Un grand monsieur, assurément.
      Un chouette album! Je t’embrasse.

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