Mon île – Stéphanie Demasse-Pottier et Seng Soun Ratanavanh

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Une petite fille nous emmène sur son île. Une île changeante, qu’elle modèle à l’infini. L’imagination n’a pas de bordure, elle file, se défile, se faufile, sur un fil de couture. La fillette nous offre ses visites sur terre, en mer, dans les airs, nous présente une baleine des poissons volants des oiseaux des escargots un renard un ours un lapin un koala une oie, nous invite à déjeuner, nous lit une histoire… en partage. Au milieu des fleurs, dans l’eau jusqu’aux oreilles, sur un coquillage, à l’intérieur d’une valisette de pique-nique, sous une tente improvisée, dans un nichoir, à la fenêtre du globe terrestre, sur un nuage… elle respire écoute regarde touche mange chante joue. Des vies rêvées comme autant de moments suspendus. Les doux songes de l’enfance.

Il émane des mots de Stéphanie Demasse-Pottier plénitude sensibilité et clairvoyance. Ils sonnent comme un poème, ils sont beaux  tendres puissants et aériens. Quant aux sublimes illustrations de Seng Soun Ratanavanh, elles éclatent et rayonnent sur les pages blanches. Et nous transportent dans une rêverie éblouissante.

« Au creux de ma cabane, sur mon île, on se sent bien… Il n’y a pas de porte, tu peux entrer. Tu es le bienvenu si tu sais chanter… Si tu sais partager… Si tu sais rêver. »

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Mon île, album jeunesse écrit par Stéphanie Demasse-Pottier et illustré par Seng Soun Ratanavanh, à partir de 4 ans, De la Martinière Jeunesse, Février 2018 —

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Comme son ombre – Laurent Cirelli et Prune Cirelli

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Isaac, dix ans, est un garçon bien dans ses baskets – il en étrenne d’ailleurs des neuves en ce jour de rentrée scolaire -. Comme la plupart des gars de son âge, il râle quand il faut sortir du lit, taquine sa petite sœur, fait attention à son apparence vestimentaire… Sur le chemin de l’école, Isaac est heureux : il va retrouver ses amis et sûrement lier de nouvelles connaissances.

La semaine durant, dans la cour de récréation, un élève étrange tout de gris vêtu semble observer Isaac, enfin pas vraiment lui mais « quelque chose d’indéfinissable » autour de lui… Un jour, l’individu s’approche d’Isaac et lui fait une demande étonnante : il désire acheter son ombre, qu’il trouve fort belle…

La sidération et les jours passent, et Isaac accepte de vendre son ombre contre de l’argent ; une ombre ne sert à rien, en revanche avec une petite fortune il pourrait s’offrir une console de jeux, un ordinateur, un téléphone portable…

Un pacte extraordinaire : à chacune de ses dépenses, l’argent se renouvelait. L’année s’écoula ainsi, le sac à dos d’Isaac, plein de billets, ne désemplissait pas. Évidemment, c’était un secret.

Tout allait bien pour Isaac jusqu’à ce que Madeleine s’aperçoive de l’ombre manquante. D’un coup, Isaac se sent différent. Tout le monde a une ombre, sauf lui. Le regard des autres changent… Sans ombre, pas de lumière. Isaac était devenu transparent.

Un album fascinant où le conte philosophique et le fantastique se côtoient avec brio. On y confronte l’apparence et la profondeur et on y aborde les balbutiements de l’adolescence avec le désir de plaire l’image de soi le rapport à l’autre. Les illustrations anthropomorphiques sont en osmose avec le texte ; à l’image des fables, les animaux font parler à merveille les humains.

« Au début, il avait été désemparé de se sentir si différent et s’était parfois vu rejeté… Mais tout passe et finit par s’arranger, ou bien s’oublier. Maintenant, lui comme ses camarades ne faisaient plus attention à cette « étrangeté », souvent ils s’en amusaient même… Pierre le premier! Et puis, Madeleine lui avait fait comprendre qu’il lui plaisait pour ce qu’il était, comme il était, même sans son ombre… »

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Comme son ombre, album jeunesse écrit par Laurent Cirelli et illustré par Prune Cirelli, à partir de 7 ans, texte librement inspiré de L’étrange histoire de Peter Schlemihl von Chamisso (publié en 1813 en Allemagne), Éditions L’étagère du bas, février 2018 —

La petite écuyère – Charlotte Gingras et Gérard DuBois

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Comme tous les ans avant l’automne, le photographe ambulant descend au village en traînant par la bride un poney blond. Ce dernier avance, tête basse, le dos chargé d’une énorme caisse de bois. Selon une coutume ancestrale, photographier un enfant sur le dos d’un poney à la crinière pâle éloignerait le mauvais sort pour le reste de l’année.

Comme toujours, la petite Justine tente de se dérober mais cette fois-ci, sa mère découvre sa cachette. Elle lui met de beaux vêtements, la coiffe et la traîne par la main sur la place de l’église où a lieu l’événement.

La fillette est terrorisée. Sans ménagement, on la pose sur le dos de l’animal. Entre les cris de la foule, les moqueries des enfants, les injonctions du photographe et de la mère, le poney blond est aussi tourmenté que Justine. Il se cabre et détale. S’ensuit une course folle…

Mais contre toute attente, la petite fille va sentir sa peur s’envoler et le poney va goûter au plaisir de la liberté. L’un et l’autre vont s’apprivoiser et se trouver des traits communs.

Et c’est au milieu de la nature accueillante et bienveillante qu’ils vont se raconter leur existence et se comprendre. Depuis ce jour, plus rien ne fit peur à Justine et l’année suivante, à la même saison, elle quitta le village, plus libre que jamais avec en tête deux rêves : retrouver le poney à la crinière pâle et devenir écuyère.

Un album sur les peurs et les douleurs que la force d’une amitié peut délester et armer de courage.

« Au réveil, Justine raconta ses peurs. Elle avait peur de tellement de choses. Peur de la maîtresse d’école, peur des lettres de l’alphabet qui s’emmêlaient dans sa tête, peur de la mère et de son autorité souveraine, peur des garçons qui lui tiraient les nattes et lui criaient des noms d’oiseau, peur des coups. Elle était née comme ça. Pleine de peurs. Juste des peurs. Dans les yeux noirs du poney, elle vit la dureté du maître, les coups de bâton, la caisse de bois qu’il transportait sur son dos, si lourde, et que ça durait depuis des années. Elle vit la cruauté des enfants, parfois. « 

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La petite écuyère, album écrit par Charlotte Gingras et illustré par Gérard DuBois, à partir de 5 ans, Grasset Jeunesse, Janvier 2018 —

Mir – Laura Manaresi et Giovanni Manna

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Un astronaute flotte dans l’espace. Un seul fil le lie à la station spatiale en orbite autour de la Terre dans laquelle il effectue des travaux scientifiques. De là-haut, il regarde la planète bleue avec émotion, observe le manège enchanteur des aubes et des couchers de soleil. Un jour, il découvre avec éblouissement une petite plante au milieu de ses appareils. Une pousse venue d’une graine, sûrement soufflée par le vent sur la combinaison de l’astronaute avant son départ. Elle aussi voulait quitter le sol, prendre de la hauteur, croître ailleurs. Car la petite plante se développe : il lui faut de l’eau de la lumière la bienveillance et la protection de l’astronaute pour s’élever dans l’espace. Désormais, grâce à elle, il mesure le temps qui passe. Racines et feuilles poussent jour après jour. Et quand arrive le moment de redescendre sur Terre, l’astronaute la cache au chaud dans sa combinaison, le cœur gonflé de bonheur à la perspective de planter ses racines…

Cet album est une ode à la Terre nourricière, et c’est en la protégeant qu’elle continuera à prendre soin de nous. Si Mir est le nom d’une ancienne station spatiale russe, Mir signifie surtout dans cette langue « Paix » et « Monde »… Un album plein d’humanité.

« Je prendrai soin de toi, plante. Tu ne peux pas pousser toute seule, sans terre, sans pluie, sans soleil. Tu resteras sous ma lampe, parce qu’il te faut de la lumière. On partagera l’eau et je protégerai tes racines. Maintenant, tu racontes le temps qui court. Chaque jour tes branches bourgeonne et de nouvelles feuilles apparaissent. »

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Mir, album jeunesse écrit par Laura Manaresi et illustré par Giovanni Manna, à partir de 5 ans, Éditions Notari, Janvier 2018 —

Une danseuse ne porte pas de lunettes – Claudine Colozzi et Elsa Oriol

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La danse classique est pour Daisy une vraie passion. Avec impatience elle attend ses cours hebdomadaires, et lorsqu’elle foule le parquet la demoiselle est aux anges : elle glisse s’élance s’envole et tourbillonne, plus rien n’existe autour. Le corps en mouvement, le cœur en joie, Daisy rayonne. Son professeur, Monsieur Golovine, fait un jour une grande annonce ; la jeune fille dansera dans son nouveau ballet lors du spectacle de fin d’année honoré de la présence de Pauline de Belleville, la directrice d’une école de danse prestigieuse… Seulement, Monsieur Golovine est intransigeant ; Daisy devra danser sans ses lunettes, une danseuse ne porte pas de lunettes.

Cette nouvelle bouleverse la petite danseuse. Elle ne pourra jamais danser si tout est trouble. Comment se déplacer dans un brouillard dense ? Elle va forcément tomber, se cogner aux autres… La petite phrase de son professeur « Une danseuse ne porte pas de lunettes » tourne en boucle dans sa tête jour et nuit… Et désormais, les autres filles se moquent d’elle durant les cours : « On n’a jamais vu une danseuse myope » dit l’une d’elles.

Mais Daisy aime trop la danse pour baisser les bras ; elle va s’entraîner fort jour après jour dans le noir total, évoluer dans sa bulle, se faire confiance… Ses efforts seront-ils récompensés ?

Un album magnifique sur l’amour de la danse et le dépassement de soi, sublimement illustré. Les couleurs, les lignes, les mouvements, les expressions des visages, les gros plans, les plans d’ensemble, les jeux avec le texte… une merveille d’album, une explosion d’émotions.

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Une danseuse ne porte pas de lunettes, album jeunesse écrit par Claudine Colozzi et illustré par Elsa Oriol, à partir de 5 ans, Éditions Kaléidoscope, Janvier 2018 —

Suzie – Sophy Henn

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Je suis littéralement tombée sous le charme de Suzie, petite fille pétillante et marrante dont l’occupation favorite est d’aider les gens qu’elle aime – à sa façon évidemment ! -. Suzie, elle a tout le temps la pêche, le sourire aux lèvres, des vêtements colorés, les cheveux en désordre, des accessoires rigolos, de la fantaisie et des idées à foison. Suzie, elle adore se rendre utile ; préparer le petit déj’ pour la famille, aider son père à faire les courses puis les déballer, amuser les enfants au parc, organiser le bureau de sa mère, partager des bonbons avec son petit frère, le déguiser lui apprendre des choses, maquiller sa mamie, faire des coiffures à son papy, redonner de la couleur aux murs de la maison… Bon, son aide est souvent synonyme de grand chambardement, mais ses bêtises sont vite pardonnées parce que Suzie, elle a un cœur gros comme ça, une joie de vivre incommensurable, beaucoup de tendresse et de l’humour à revendre.

Les dessins aux couleurs acidulées pleins de vivacité, la bouille craquante de Suzie, les détails rigolos véhiculent une bonne humeur communicative.

Suzie, un album solaire qui donne à cet hiver tout gris de grands éclats de rire et des étincelles dans les yeux.

« Hello ! Moi c’est Suzie. Ce que j’aime, c’est aider. En fait je suis la meilleure aideuse du monde. Je commence la journée en aidant tout le monde à se réveiller et à sortir du lit. Parfois c’est un peu compliqué pour papa et maman, alors je dois les aider très fort! »

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Suzie, album jeunesse de Sophy Henn, traduit de l’anglais par Christian Demilly, à partir de 3 ans, Grasset Jeunesse, Janvier 2018 —

Que d’émotions chaperon! – Richard Marnier et Aude Maurel

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Petits et grands, tous connaissent l’histoire du Petit Chaperon Rouge. Conte de tradition orale retranscrit d’abord par Charles Perrault puis par les Frères Grimm, on n’en compte plus aujourd’hui les versions, pléthoriques.

En quelques mots ; la fillette doit apporter un panier garni, contenant entre autres choses une galette, à sa grand-mère malade. Pour la rejoindre, il lui faut traverser la forêt. Malgré la mise en garde de sa maman, le petit chaperon rouge ne se méfie pas du loup qui l’éloigne de sa route…

Dans cet album-ci, Richard Marnier et Aude Maurel se sont attachés aux émotions du Chaperon. Sur la page de gauche, le texte défile et une vignette en aplat rouge l’illustre. Et en regard, en gros plan, se trouve le visage expressif à souhait de la célèbre fillette au chaperon. Ainsi, on chemine dans l’histoire avec empathie,  au fil de ses émotions. Et sa palette est vaste : joie, peur, stupéfaction, insouciance, irritation, lassitude, fierté, inquiétude, méfiance, tristesse, soulagement… Une succession de portraits auxquels l’enfant peut facilement s’identifier et s’amuser à mimer les expressions.

Un album malin drôle et ludique qui laisse la part belle aux émotions sans dénaturer l’histoire originale.

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Que d’émotions Chaperon ! album jeunesse écrit par Richard Marnier et illustré par Aude Maurel, dès 5 ans, Éditions Frimousse, Novembre 2017 —

Le pays du fond de la classe – Didier Lévy et Barroux

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Il était une fois un petit garçon qui aimait beaucoup l’école. Il y avait trouvé une place de choix, un endroit parfait, une chaise extraordinaire… le pays du fond de la classe. Alors que tous ses camarades écoutaient la maîtresse avec attention, lui s’évadait dans ses pensées. Sans gêner personne, il ne faisait ni bruit ni geste, il s’envolait, léger comme une feuille portée par le vent. Il passait à travers la fenêtre, le plafond, les briques, le toit, rien ne le retenait à sa place. La promenade était toujours agréable et nombreux étaient les gens qu’il croisait : des êtres lunaires comme lui. Le petit garçon planait « au-dessus des villes, des champs, des mers », gravitait autour des planètes, s’allongeait parfois sur une étoile filante pour aller plus haut, plus loin et voir « de merveilleuses créatures intergalactiques »… mais le voyage ne durait généralement pas très longtemps car la voix forte de la maîtresse finissait toujours par se faire entendre… et le petit voyageur était prié de changer de pays… le pays du devant de la classe…

Un album pour tous les rêveurs, petits et grands!

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Le pays du fond de la classe, album écrit par Didier Lévy et illustré par Barroux, à partir de 4 ans, Éditions Frimousse, Octobre 2017–

La course en livre – Claude Ponti

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Quand les célèbres poussins de Ponti s’adonnent à la course, le livre en est tout retourné, tout comme le lecteur qui assiste, amusé, à un va-et-vient cocasse et passionnant.

Le poussin s’élance, part à l’aventure, le sourire au bec et les yeux grand ouverts. Il court, saute, s’arrête, recommence, enchaîne les rencontres – belles, surprenantes, rigolotes, effrayantes, insolites… -, il grimpe des montagnes, chute, se relève, suit les indications. Parfois bousculé, il change de sens, évite les obstacles, avance la tête en bas. S’engouffre dans des tunnels, s’envole, atteint les nuages, touche les étoiles, traverse des zones arides, voit des mirages, entre dans la forêt sombre et respire. Puis tout en courant, il mange, digère, boit, se fond dans la foule, croise le poussin masqué et la porte de sortie – qu’il n’emprunte pas -. Longue est la course, alors par moments il faut bien faire ses besoins, parce que c’est naturel… Et quand la fatigue se fait sentir, il profite d’un sommeil court mais réparateur. Après il peut discuter, échanger, affronter les dangers, faire des câlins, évoluer parmi les lettres, se mélanger aux crayons et autres pinceaux. On le croque, on l’esquisse, on l’efface, on fait son portrait… On le congratule même sur le chemin, quelquefois. Il rit aux éclats, s’amuse follement, pirouette, verse une larme, plonge, nage, seul ou avec d’autres :  » On peut être loin et tout près. Quand on est séparé… que par l’épaisseur d’une page de livre… on peut être tout près et loin. Séparés… par l’épaisseur d’une feuille de papier… »

Si le livre est immense, la quatrième de couverture apparaît pourtant à l’horizon… mais pas question de s’échapper, le poussin est libre d’aller et venir à l’intérieur comme bon lui semble, alors hop retour en arrière!

Comme toujours dans les livres de Claude Ponti, on joue avec les mots, les dessins et les poussins, on sourit, on s’esclaffe et on réfléchit, les couleurs explosent, l’imagination déborde et les animaux-monstres prolifèrent pour notre plus grand plaisir.

Un album fabuleux à feuilleter au pas de course!

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La course en livre, album de Claude Ponti, dès 5 ans, Éditions École des Loisirs, Novembre 2017 —

 

De l’autre côté – Maylis Daufresne et Nathalie Paulhiac

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Noé vit seul dans un endroit paisible, entouré d’arbres de champs de collines de chèvres d’oiseaux et de marmottes.  Souvent, il se blottit au creux de son hamac, contemple la course du soleil et la beauté des paysages alentour. Mais ces derniers temps, l’ennui a envahi son être. La solitude et le silence lui pèsent chaque jour davantage.

Ne supportant plus ce calme, Noé décide d’escalader la montagne pour voir ce qu’il y a derrière. Peut-être y trouvera-t-il un peu d’agitation? Arrivé au sommet, il en prend plein les yeux le nez et les oreilles quand il voit en contrebas une ville s’étaler. D’en haut, il entend la clameur des habitants, observe les fumées des usines, admire les maisons aux couleurs vives… et au-dessus d’elle, dans le ciel, les avions ont remplacé les oiseaux…

En descendant de la montagne, il rencontre Iris, une jeune fille qui, comme lui, regarde la ville. Seulement, son regard ne dit pas la même chose : citadine depuis toujours, Iris est lasse de vivre ici, elle aspire à la tranquillité, à la sérénité.

Cet album évoque avec pertinence les charmes et les déplaisirs de la ville et de la campagne à travers deux amoureux aux visions opposées, montrant que les différences n’entravent ni les rêves ni  l’amour. Les collages de Nathalie Paulhiac, poétiques à souhait, sont très beaux.

« Noé emmena Iris à travers les collines, les plaines et la forêt. Le ciel était immense et bleu, les arbres hauts et touffus et les champs s’étalaient à perte de vue. Tout était beau, silencieux et tranquille, et sans doute un peu triste.  – Tu vois, dit Noé à Iris. Je suis las de vivre ici. Je n’arrive plus à être joyeux. Je voudrais simplement un peu de compagnie, un peu de gaieté, un peu d’animation. »

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De l’autre côté, album écrit par Maylis Daufresne et illustré par Nathalie Paulhiac, dès 5 ans, Éditions Cépages, Octobre 2017 —