Le petit réparateur d’insectes – Nastasia Rugani et Charline Collette

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À pattes ou à tire-d’aile, des insectes des quatre coins de la Terre sont tous arrivés dans la forêt aux sangliers et attendent impatiemment la cérémonie. Cérémonie ô combien importante pour les six-pattes puisqu’ils vont assister à la passation de pouvoir entre le Réparateur d’insectes et son fils, Noc. Le voilà bientôt avec une ravissante couronne de feuilles sur la tête et une belle cape nouée autour du cou. Mais en s’emparant de la fameuse aiguille d’argent au pouvoir réparateur, celle-ci se noircit… Youmi l’écureuil, en grand Protecteur de la vallée, rassure l’assistance : il faut laisser le temps au temps.
Les insectes ne le savent pas encore, mais Noc a très peur d’eux et puis, il les trouve sales et malpolis. En revanche Lulu, sa sœur, aime beaucoup les six-pattes, et serait ravie de les soigner mais… l’Aiguille a toujours été transmise de père en fils. Ce métier ne peut être exercé que par un garçon. C’est une tradition séculaire.
Noc parviendra-t-il à combattre sa phobie des insectes et à assumer cet héritage familial? Lulu fera-t-elle entendre sa voix et changer les règles établies? Frère et sœur sauront-ils s’unir et mettre en commun leurs envies et capacités respectives? À vous de le découvrir en lisant ce petit roman tendre aux dialogues succulents et aux illustrations douces et foisonnantes.

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Le petit réparateur d’insectes, roman jeunesse écrit par Nastasia Rugani et illustré par Charline Collette, à partir de 6 ans, L’école des loisirs, 2016 —

La cavale – Ulf Stark et Kitty Crowther

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Gottfrid a l’habitude de rendre visite à son grand-père à l’hôpital, seul. Son père, lui, n’y va presque plus. Il faut dire que le vieillard est colérique, voire odieux, avec toutes les personnes qui l’approchent. Le garçon, ça le fait rire, les gros de mots de son papy. Et surtout il a bien compris que ça devait pas être facile d’être ainsi claquemuré dans une chambre. Il compatit tellement qu’une idée germe dans son esprit : le sortir de là à tout prix, partir en cavale avec lui… une dernière fois retourner dans sa maison sur la falaise de l’archipel où il a vécu avec sa grand-mère, avant qu’elle disparaisse. Alors il organise tout : il invente un week-end de stage de foot, persuade Ronny un boulanger-mécanicien de jouer le cousin-chauffeur-entraineursportif- histoire de duper  parents et infirmières, pense à prendre les médicaments blancs et les rouges pour son cœur (trop gros),  son col du fémur (cassé) et ses énervements.
Ensemble, petit-fils et grand-père passent deux jours en haut de la falaise, à regarder le paysage si beau, à se souvenir de grand-mère – ses mots son visage sa douceur et ses confitures d’airelles -. Ensemble, ils se rappellent, apprennent, écoutent, comprennent.
Une fugue émouvante, la complicité d’un enfant et son grand-père, une réflexion sur la vieillesse, la fin de vie, la nostalgie, le mensonge salvateur. Une cavale bienveillante drôle et tendre à la portée universelle, illustrée avec délicatesse par Kitty Crowther et ses crayonnés généreux.

« Ta grand-mère a cueilli les airelles, elle les a lavées, elle les a fait cuire, elle a ajouté juste le sucre qu’il fallait pour que ça ne soit ni trop amer ni trop sucré, elle a remué la confiture et elle l’a versée dans ce pot. Elle a pris son temps pour le faire. Elle a donné de son temps, elle y a réfléchi. Il y a une part d’elle-même dans ce pot. Tu comprends?(…) Je ne comprenais pas… Enfin, si, quand même. Je comprenais bien qu’il pensait que Grand-mère se trouvait là, dans le pot de confiture d’airelles, d’une certaine façon. »

La cavale, roman écrit par Ulf Stark et illustré par Kitty Crowther, traduit du suédois par Alain Gnaedig, Pastel, L’école des loisirs, septembre 2019 —

Le carnet de Lola Boumbadaboum – Baptiste Chaperon et Héloïse Solt

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Deux fillettes dans un parc, surveillées par leur maman. Deux copines de bac à sable. Elles ont le même âge, Lilou et Lola. Elles s’aiment beaucoup, Lola et Lilou. L’une a les cheveux défaits, flous et roux, de grands yeux verts. L’autre a de longues tresses brunes et sur elle, son sac à trésors. Lola est vive, enthousiaste et bavarde, Lilou semble passive, immobile calme et silencieuse. Deux enfants avec leurs différences. Deux amies pourtant. Lilou est autiste. Quand Lola l’a rencontrée, elle a senti qu’elle était « spéciale » avait un comportement étrange. Très vite, elle s’est mise en quête de stratégies pour communiquer avec elle. Avec délicatesse et intelligence, Lola, à chacune de leur retrouvaille au parc, crée des situations, invente des jeux et des histoires pour faire réagir – intéragir -, sourire, rire Lilou. Lola fait le clown, fait semblant de tomber – boumbadaboum -, lui présente Cylou son inséparable poupée, la fait valser dans les airs – et boumbadaboum – trace des chemins dans le sable pour faire rouler des billes à paillettes, lui offre un tube à bulles de savon… et puis elle fabrique un jeu de cartes qui lui permet à travers des dessins de proposer des jeux, de décrire des émotions, de connaître ses envies. Évidemment, quelquefois Lilou reste impassible, crie, pleure… Alors Lola se sent impuissante, triste et pleure aussi un peu, à l’intérieur. Mais le lendemain, un câlin un petit mot de son amie, et le soleil brille à nouveau.
Un petit roman en forme de carnet intime, l’histoire vraie d’un lien d’amitié plus fort que tout, quelques clés pour mieux communiquer avec un enfant autiste. Un texte plein d’amour d’humour de bienveillance et des illustrations orange fluo pétillantes tendres et rigolotes. Ajoutons que l’auteur a dédicacé ce livre à Lucie, son incroyable petite sœur un peu… « spéciale ».

« Je me rappelle, j’étais contente. Il y a pas beaucoup d’enfants dans ce parc, et encore moins de mon âge. J’avais enfin une copine avec qui jouer. Mais cette fille, elle bouge pas. Elle regarde le sable sans dire un mot. Rien. Comme une statue. Moi, quand je fais rien, je fais quand même quelque chose : je me raconte des histoires, je chante… Mais elle, elle fait rien, comme si elle était éteinte. »

« Lilou, c’est ma meilleure copine. Elle est un peu spéciale… Elle est pas comme mes autres copines. Je crois que c’est justement pour ça que je l’aime autant. »

Le carnet de Lola Boumbadaboum, roman de Baptiste Chaperon et Héloïse Solt, ateliers en fin d’ouvrage réalisés par Sarah Marquant – enseignante spécialisée rattachée au service pédiatrie du CHU d’Amiens, éditions Little Urban Mars 2020 —

Les voisins mode d’emploi Enfermée dehors – Agnès Mathieu-Daudé et Charles Berberian

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Une petite fille – enfin pas si « petite »; onze ans et un tempérament de grande – raconte son quotidien d’enfant de parents séparés. Une mère pilote de ligne qui passe son temps dans les nuages ou à Oslo, Moscou, Orlando, Singapour… Et un père qui passe le sien à conter fleurette à Fleur, passionnée de jardinage. Pas de frère et sœur, plus d’amoureux, peu d’amis, la fillette est souvent seule. Dit comme ça, on pourrait croire que cette histoire est d’une tristesse infinie… Que nenni! Car la grande fille – dont on ne saura le prénom qu’à la toute fin – est pleine de ressource de courage et d’intelligence. La situation n’est ni simple ni agréable mais la vie continue, et elle n’a pas envie de courir derrière alors elle agit en conséquence. Elle se débrouille. Mais un mardi soir comme un autre, elle est seule dans l’appartement maternel quand la sonnette se fait entendre. Elle sort sur le palier, regarde à gauche à droite, s’avance… personne. Puis un bruit de porte. La sienne! Elle se retrouve enfermée dehors! En pyjama! Il va lui falloir demander de l’aide aux voisins… Seulement elle n’en connaît aucun, elle n’a pas l’habitude de parler à des adultes… Heureusement, sa rencontre avec Antoine – un écrivain de l’âge de son père qui en attendant d’avoir du succès, traduit des notices de micro-ondes de l’espagnol –  va bousculer l’existence de cette grande petite fille. Ensemble, ils uniront leur solitude pour résoudre une étrange énigme au sein de leur immeuble.
Des personnages attachants, une histoire tendre drôle et captivante, une écriture joueuse et rythmée, des illustrations pleines de délicatesse – qui me font penser à Sempé et son Petit Nicolas -. En tournant la dernière page, on espère qu’une chose : lire la suite!

« Papa s’est amouraché de la femme avec qui il partage un « jardin potager », c’est-à-dire un petit morceau de terrain vague derrière son immeuble, où la mairie a installé trois ruches et un épouvantail. Maman s’est amourachée de la compagnie aérienne qui l’emploie et avec laquelle elle passe de plus en plus de temps. On peut, sans trop risquer de se tromper, déduire de tout cela que papa et maman n’habitent plus dans le même immeuble. Cela fait deux ans maintenant. Moi, je ne me suis amourachée de personne. Je veux dire, ça m’est déjà arrivé, deux fois, mais de tout ce qu’on entend dans cet horrible mot, c’est plutôt « arraché » qui est resté, et pas « amour ». Alors papa semble nager dans le bonheur et maman dans les nuages. »

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Les voisins mode d’emploi, enfermée dehors, roman jeunesse écrit par Agnès Mathieu-Daudé et illustré par Charles Berberian, dès 8 ans, collection Neuf, L’école des loisirs, mars 2020 —

La chose du MéHéHéHé – Sigrid Baffert et Jeanne Macaigne

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Pas si pacifique, l’océan immense et bleu! Ses fonds sont en effet sens dessus-dessous depuis qu’à la surface, une chose étrange s’est posée. Mo, Saï et Vish, les trois pieuvres découvreuses de l’objet non identifié, venu tout droit du firmament, sont à la fois stupéfiées apeurées et excitées. Car ce truc aux rayures blanches et rouges, dur autour et mou dedans, et qui de surcroît ne coule pas, elles n’en ont jamais vu! Fréquemment le ciel crache des choses, mais aucune ne flotte ainsi. Impassiblement, les divers détritus tombent toujours à pic dans le gouffre sous-marin, sous le regard impuissant de sa population marine… Donc, cette chose rouge et blanche est un mystère. Un mystère flottant et remuant. Car cette chose bouge… Fissa, les poulpes rejoignent les profondeurs et lancent un Tcha-kou-tcha de circonstance – urgence oblige -. La faune ainsi rassemblée dans l’Antre tient conseil : on discute, on réfléchit, on pèse le pour et le contre, on tergiverse. Finalement on décide de s’en remettre à la sagesse et aux lumières du Grand Bras-Ma, l’incommensurable calamar. Et voilà qu’il se met à parler du MéHéHéHé – Monde-d’En-Haut-Et-Hors-d’Eau-des-humains-Emmerdeurs -…
Une fascinante plongée dans les fonds marins, confrontés malgré eux, au fond humain – pas si bon -. Un texte fourmillant de trouvailles et des illustrations fantasmagoriques.

« – Ça mérite un Tcha-kou-tcha, non? interrogea Mo, en toupillant à l’intérieur.
– Sûr, ça mérite, acquiesça Saï.
– Je dirais même un Tcha-kou-tcha d’urgence, ânonna Vish en faufilant son corps gonflé avec effort dans la béance.
Sur ce, le trio battit le rappel des troupes dans une danse sémaphorique, qui fit voleter le sol sablonneux. Bulbe bombé, branchies battantes, dans un boogie-woogie des bras, elles firent le balancier. Rapidement essoufflée, Vish s’interrompit et laissa Mo et Saï achever leur vigoureuse pantomime.
Peu à peu, une foule multiforme s’aggloméra autour d’elles, nageant, palpitant, rampant, glissant, floufloutant. Autour de la colonie échevelée se réunirent d’abord les baudroies cyclopes, la meute de méduses mercureuses et quelques poissons velus. Suivirent les crevettes bouffies, les homards chromés et l’escadron de crabes cornus. Enfin se joignit à l’auditoire la cohorte goudronneuse de concombres de mer.
– Que nous vaut ce grand ramdam? interrogea un vieux poulpe manchot avec autorité, une fois la Cour des Miracles ébrouée en cercle.
– Une-chose-pas-comme-les-autres-ronde-dure-et-molle-à-moitié-rayée-aussi-grosse-que-Krakenko-et-qui-coule-pas, lâcha Mo dans un souffle ravi.

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La chose du MéHéHéHé, roman de Sigrid Baffert illustré par Jeanne Macaigne, à partir de 9 ans, collection Polynie, éditions MeMo, octobre 2019 —

Petit garçon – Francesco Pittau et Catherine Chardonnay

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L’imagination est partout. Elle se love dans l’air. L’air que respire le petit garçon du livre, et tous les petits garçons, et toutes les petites filles. Et enveloppe même les grands, mais ça, le petit garçon ne le sait pas encore… Il aspire tant à devenir grand, il se figure tellement de choses… Pourtant, l’imaginaire n’a que faire de la taille, de l’âge. Il est toujours là, tapi, blotti. Et quand il surgit, il bouscule tout. Surtout qu’il arrive souvent à l’improviste! Quand le petit garçon mange, s’endort, joue avec ses amis tout doux – Zork le crocodile, Bouh l’hippopotame, Pelote le mouton, Touit le perroquet, Triny le chien -, lorsqu’il regarde son reflet dans le miroir ou les fourmis sur les brins d’herbe, quand il dessine, quand il s’ennuie. Il débarque les jours de grand soleil ou de pluie chagrine, les jours roses les jours gris, les jours nets les jours flous, les nuits aussi.  Il métamorphose le réel ; tour à tour le rend léger, bizarre, grave, doré, pastel, fuyant, captivant, prenant… il arrondit les angles ou pas, et ne tient jamais en place. Il dépasse sans cesse les limites, s’envole, s’enroule, se glisse, s’immisce dans la vie quotidienne du petit garçon. Et je crois bien qu’ils adorent cela tous les deux!
Roman de l’imagination, de la fantaisie, de l’invention. Roman de l’enfance avec ses joies ses interrogations ses attentes ses rêves ses couleurs ses caresses ses doutes. Roman tissé d’histoires, d’instants en cadence, de moments en latence… liés merveilleusement sous les crayonnés sauvages et amusants.

« Le petit garçon aurait voulu être grand, plus grand que ses copains du jardin d’enfants, plus grand que maman, plus grand que papa et plus grand que tout le monde. (…) Parfois il rêvait qu’il devenait si grand que sa tête atteignait la Lune. Et même encore plus haut quand il rêvait très longtemps. »

« – Mais qui es-tu? Et pourquoi tu risquais de mourir? – Je suis un bout de nuit resté ici par distraction. Je me suis endormi. Je n’ai pas entendu les autres partir avant le lever du jour. Et quand il a fait clair, je ne pouvais plus partir. J’étais cloué ici en espérant que la lumière du jour n’entre pas dans la salle de bains. À la lumière, je disparais. (…) Le petit garçon proposa au bout de tissu de venir avec lui. Il allait le mettre en sûreté, au fond de sa poche, tout au fond, là où règne l’obscurité. Et il allait l’emporter avec lui en attendant la nuit. »

« Aller sur la lune, le petit garçon le faisait souvent. Il n’avait pas besoin de fusée ou de soucoupe volante. Il lui suffisait de fermer les yeux et de ne penser à rien. « 

Petit garçon, roman de Francesco Pittau, illustré par Catherine Chardonnay, à partir de 7 ans,  collection Petite Polynie, éditions MeMo, septembre 2019 —

Garance, c’est comme ma petite sœur – Soledad Bravi

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Aiko a huit ans. Bien dans ses baskets, elle fait du théâtre de la robotique et pratique le kung-fu coréen. Elle n’a ni frère ni sœur alors parfois, elle se sent seule. Heureusement, il y a Garance, la fille d’amis de ses parents. Garance, c’est comme sa petite sœur, elle l’adore. Elles se voient souvent, partent en vacances ensemble. Avec Garance, Aiko retrouve des jeux de sa petite enfance comme la dînette et la pâte à modeler. Et puis, elles dansent, créent des chorégraphies, se déguisent… À la mer elle construisent des châteaux de sable, s’éclaboussent, nagent… À la maison, elles jouent à la maman et au bébé, à la maîtresse… Bon quelquefois, Aiko a besoin de calme alors elle s’isole pour lire. Parce ce que les petits, c’est fatigant quand même ; ils sont tellement imprévisibles, colérique, capricieux, bruyants…
C’est toujours un plaisir de lire les textes et les dessins de Soledad Bravi qui capte avec tant de justesse de tendresse et de drôlerie les petites choses du quotidien.

« Elle aime dessiner sur son corps, dessiner à la craie sur les murs, écraser les craies, jouer avec la poudre, prendre l’éponge, effacer, nettoyer, faire une cascade en pressant l’éponge et regarder l’eau sale dégouliner dans un seau. Moi, je lis des BD à côté d’elle. Je dois un peu la surveiller, elle pourrait manger les craies. Elle est petite, alors je dois prendre soin d’elle. »

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Garance, c’est comme ma petite sœur, de Soledad Bravi, collection Mouche, L’école des loisirs, août 2019 —

Hermès détective – Le mortel le plus fort du monde – Sophie Marvaud et Delphine Renon

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Hermès est un jeune dieu curieux futé et débrouillard. Fin limier, il est souverain dans la résolution d’énigmes en tout genre. Et mystères et problèmes ne manquent pas sur l’Olympe! Heureusement qu’il est là pour démêler le vrai du faux et éclairer les histoires brumeuses.
Des enquêtes menées tambour battant, des aventures qui sauront tenir en haleine les petits lecteurs de 8 à 11 onze ans, en les plongeant d’une façon ludique et documentée dans des épisodes emblématiques de la mythologie grecque.
Ici, Hermès va devoir découvrir celui ou celle qui s’amuse à faire des blagues à Héraclès lors de ses périlleux travaux, compromettant ainsi sa victoire et sa vie. En effet, lors de son combat contre l’Hydre de Lerne, un petit crabe tombe du ciel et distrait le mortel le plus fort du monde. Zeus – leur père à tous les deux – soupçonne le jeune détective d’être le coupable de cette ignominie, par jalousie. Hermès promet alors de démontrer le contraire.
Une chouette collection pour aborder avec plaisir les mythes grecs, et des sujets tels que les relations père-fils et les rivalités fraternelles.

 » Sur le balcon, Zeus applaudit à tout rompre. – Mon fils est le mortel le plus fort du monde! – Y a pas que la force qui compte dans la vie, réplique Hermès, dégoûté.
Le roi des dieux se retourne, l’air soupçonneux. – C’est toi qui a lancé ce crabe? Pour distraire Héraclès? Cette blague aurait pu le tuer! – Papa, n’importe quoi! Tu crois vraiment que je suis le seul à faire des blagues?
Son père soutient son regard. – Je sais que tu adores ça. Et comme, visiblement, tu es jaloux… – C’est faux! proteste Hermès en criant.
Zeus crie plus fort que lui : – Jure-moi que tu n’es pas jaloux! – Je jure que je n’ai pas lancé de crabe! préfère répondre son fils.
Le roi des dieux semble soudain très fatigué. – Prouve-le! Trouve-moi qui veut l’échec d’Héraclès. « 

Hermès détective, Le mortel le plus fort du monde, écrit par Sophie Marvaud et illustré par Delphine Renon, dès 8 ans, éditions Magellan & Cie, juin 2019 —

Pombo courage – Émile Cucherousset et Clémence Paldacci

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Se laisser aller à la paresse, rêvasser, savourer quelques fruits pressés, lire la gazette du jour, boire une boisson chaude, les pieds emmitouflés dans des pantoufles moelleuses, le corps et l’esprit bercés par les bruits de la forêt et un fauteuil à bascule… Telle était la vie sereine de l’ours Pombo, exempte de tout risque.
Son ami Java était d’un tempérament contraire. Toujours en mouvement. Il évoluait parmi les arbres du matin au soir, virevoltait ici et là de haut en bas, se lançait des défis des épreuves, ignorant vaillamment le danger, infatigable… Java était un invétéré aventureux.
Java vint voir Pombo un jour, déchaîné comme d’habitude. Il voulait construire une cabane à la cime d’un chêne, et pour avoir une vue d’exception il avait besoin d’aide. Pombo impavide commence par refuser et puis céde par amitié.
Alors que Java s’active sur le futur plancher, Pombo se contente d’observer… Mais le moment fatidique arrive : l’ours indolent doit servir de contrepoids…

Que l’amitié est forte et belle, si puissante à en soulever des montagnes ! Effort et volonté, courage et générosité. On est toujours là pour son ami, on s’inquiète pour lui, tout le temps. Alors quand les choses se passent mal, on devient invincible… N’est-ce pas Pombo Courage!?

Des mots et des dessins doux et chauds avec plein d’amour dedans.

« Son bonheur était simple, et il aimait par-dessus tout profiter de ce confort à portée de pattes.
Bien sûr, il ne prenait guère de risque à rester les fesses clouées à son fauteuil. D’aucuns diront qu’il ne se frottait pas à la vraie vie. Qu’il n’était qu’un fainéant et un peureux.
Mais Pombo préférait faire l’économie ds égratignures. Au moins, sur son rocking-chair, il était en sécurité. »

« – Pombo, cette fois-ci j’ai bien cru mourir pour de bon.
– Et bien, Java, pour ma part, je crois que je ne me suis jamais senti aussi vivant. »

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Pombo courage, roman jeunesse écrit par Émile Cucherousset et illustré par Clémence Paldacci, à partir de 7 ans, MeMo Petite Polynie, mars 2019 —

L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine – Agnès Debacker et Anaïs Brunet

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Quand le cœur de Simone cesse de battre, celui de Simon dix ans, se presse. Cette accélération dans sa vie, il ne l’avait pas envisagée. Elle avait été sa nourrice, sa grande amie, sa confidente. Celle qui avait l’oreille pour l’écouter, le regard pour le rassurer, les bras pour l’enlacer, les mains pour cuisiner de drôles de gâteaux au gingembre, des idées de jeux plein la tête, de la fantaisie dans les yeux. Il l’aimait tant, cette vieille dame.
Une peine immense s’est emparée de lui. Elle plus là, c’est son enfance à lui qui s’en va. Il a beau se faire répéter l’histoire de la mort de Simone par Françoise la concierge, cet arrêt du cœur au petit matin, ce visage sans mouvement sur la table, entre sa tasse à café et sa tartine de confiture… Simon est sonné et ne s’en remet pas.
Il a bien compris qu’elle ne reviendrait pas. Mais que faire après ça? Tout ce silence, ce vide, ce manque, cette absence. Ce rien, si pesant. Le cœur de Simon s’assombrit.
Puis il se souvient de sa fameuse théière rouge dans la cuisine. Le refuge de petits papiers pliés, de souhaits improbables, de vœux inavouables. La planque des désirs, la cachette aux secrets. Ils avaient l’habitude tous les deux d’y glisser leurs rêves.
Sans le dire à personne, il entrera dans l’appartement de Simone. Les odeurs d’hier seront toujours dans l’air, les meubles n’auront pas bougé de place. Le temps semblera s’être arrêté, comme le cœur de son amie bien-aimée. La théière sous le bras, il s’échappera. Et dans sa chambre à lui, la renversera sur le sol et commencera sa lecture.
Coulera alors le flot des souvenirs, et avec lui des mots doux et chauds, ceux d’un amour grand et beau.
S’ensuivra une quête solaire où réel et imaginaire se mêleront. Des vagues de couleurs des effluves de parfums, des sensations des émotions, une mer une guerre, un pays lointain des lettres… Un passé qui revient avec ses bonheurs et ses peines. Une histoire d’amour et de mots, qui apaisera le cœur de Simon, en y laissant entrer à nouveau, la lumière.

« Finalement, certains objets de défunts ont raison de ne pas disparaître. Ils sont comme des morceaux d’eux. Cette théière, à l’allure altière, c’est un peu des bouts de Simone planqués sur ma moquette. Des morceaux d’elle échappés de la mort. »

« De nouveau, je vais devoir me confronter au canapé, au fauteuil et à la table basse. De nouveau, je vais voir la grande porte vitrée de la cuisine, peut-être même vais-je devoir y rentrer et, inexorablement, je vais revoir Simone morte avec une tartine de confiture à la main. De nouveau, mon corps chavirera. Mais il y a l’odeur. Y songer me donne du courage. Cette chère odeur de chez Simone. Je vais humer l’air à m’en étourdir et ainsi la graver à tout jamais dans ma mémoire. Les jours de tristesse, je l’appellerai à la rescousse et elle calmera ma peine. Non, la mort n’est pas la seule à rôder dans cet appartement. »

« Je pense à la vie, comme elle est surprenante, triste et belle à la fois. »

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L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine, roman écrit par Agnès Debacker et illustré par Anaïs Brunet, à partir de 9 ans, éditions MeMo, collection Polynie, février 2019 —