Romans jeunesse préférés pour les 12/16 ans, lus en 2018

milly

Milly Vodovic de Nastasia Rugani et Jeanne Macaigne (dès 15 ans)

Un roman ardent, une écriture déferlante, des personnages denses, une atmosphère ensorcelante, une écrivaine éblouissante.

shimshamavecfredastaire

Broadway Limited T.2 Un shim sham avec Fred Astaire de Malika Ferdjoukh (dès 13 ans)

Avec vivacité et sensibilité, Malika Ferdjouck nous livre ici une saga captivante grisante et haletante. Le parcours de chaque personnage serpente au gré des obstacles et des aubaines, la musique emporte, les émotions éclatent, des révélations se font jour. Dans l’attente du tome 3 ; Un thé avec Grace Kelly…

Fil-de-fer

Fil de fer de Martine Pouchain (dès 12 ans)

Martine Pouchain évoque l’exode de juin 1940, ses difficultés, ses confusions et ses traumatismes avec authenticité et sensibilité. Le personnage de Gabrielle est fort, attachant et touchant, les faits de guerre ne sont pas édulcorés, l’amour se révèle être une pirouette vaporeuse, une esquive merveilleuse, quant aux mots de Rimbaud et de Giono déposés ici et là par l’auteure, ils se mêlent et se répondent magnifiquement.

mentirauxetoiles

Mentir aux étoiles d’Alexandre Chardin (dès 12 ans)

Un roman qui aborde la différence, la confiance en soi et l’émancipation en mêlant judicieusement réalité fantastique et poésie.

demandonslimpossible

À 18 ans, demandons l’impossible d’Adeline Régnault et Elsa Neuville (dès 13 ans)

Très documenté, – la fiction est parfois écrasée par l’aspect historique, je pense aux innombrables notes en bas de page – , ce roman reste captivant grâce à l’écriture alerte et au caractère frondeur de l’héroïne. L’immersion est totale. Affiches et slogans d’époque rythment les pages et un dossier documentaire vient compléter le tout.

summerkids

Summer Kids de Mathieu Pierloot (dès 16 ans)

Qu’il est émouvant, bouleversant et violent ce passage à l’âge adulte, ce moment transitoire où il faut esquisser sa vie future, poser des jalons, lâcher l’enfance et l’adolescence sans pour cela l’oublier. Avec réalisme et sensibilité, l’auteur évoque cet été pas comme les autres en usant de dialogues percutants et pertinents de playlists savoureuses et en dépeignant une génération et des personnages attachants. J’ai beaucoup aimé.

Sauveur-et-fils4

Sauveur & Fils Saison 4 de Marie-Aude Murail (dès 12 ans)

On laisse, à regret, ces êtres de papier qui s’étaient, de livre en livre, incarnés avec tellement de vérité. Une saga admirable et inoubliable.

d'untraitdefusain

D’un trait de fusain de Cathy Ytak (dès 13 ans)

Des personnages infiniment touchants et vrais, une écriture délicate cadencée et pleine de vie, une approche sensible et intelligible de cette maladie qui reste encore aujourd’hui taboue car mal connue. Un roman fort à lire et à partager.

 

 

Romans jeunesse préférés pour les 6/10 ans, lus en 2018

laurentleflamboyant

Laurent le flamboyant de Karen Hottois et Julia Woignier (dès 7 ans)

Karen et Julia ont joué, cela se sent,
L’une avec ses mots velus, tordus et secoués en tout sens
L’autre avec ses dessins chatoyants tendres et renversants
Chacune y est allée de sa poésie et de son coeur immense.

Petites et grandes, ces polynies
Sont un ravissement, chaque livre m’éblouit
Une collection singulière sensible et solaire
Que les petites graines semées s’envolent dans les airs

Et se posent dans les mains des enfants…

misspook

Miss Pook et les enfants de la lune de Bertrand Santini (dès 10 ans)

Encore une fois, Bertrand Santini nous enchante avec ce conte initiatique fantastique parsemé de références littéraires et cinématographiques : on pense tour à tour à Tim Burton, à Alice aux pays des merveilles, à Roald Dahl, à Vingt mille lieues sous les mers, à la mythologie grecque… Son écriture vive, pleine d’humour – parfois satirique -, poétique est un régal. Son roman convoque l’imaginaire et à travers lui, rebondit sur le réel ; l’évolution de la société, l’écologie, l’éducation, la fragilité de la Terre, la bêtise humaine… Ignorante au début du livre, Élise s’éveille, s’élève, se construit, grandit. Et comme toujours chez l’auteur, les monstres ne sont pas ceux qu’on croit. À suivre…

vivelaviegabi.jpg

Vive la vie, Gabi! de Soledad Bravi (dès 6 ans)

Un livre sur les petits bonheurs de tous les jours liés aux beautés et aux richesses de la nature, des illustrations pleines de douceur et de gaieté, une fillette pétillante.

solaire

Solaire de Fanny Chartres et Camille Jourdy (dès 9 ans)

Un roman pertinent et sensible sur les conséquences d’un parent psychologiquement instable sur ses enfants, et sur les liens indestructibles d’un frère et d’une sœur. De l’obscurité à la lumière, une lecture émouvante, des illustrations tendres. Solaire.

lamontagnenoire

La montagne noire de Maria Jalibert et Anne Laval (dès 9 ans)

Rémi va puiser en lui des forces insoupçonnées, combattre l’obscurité et trouver l’éclaircie. Il y aura toujours des nuages, mais des rêves aussi. Et ceux-ci n’existent qu’à travers la réalité. Il réussira à traverser cette forêt inquiétante. Rémi a grandi. Un très beau roman.

Le-Tresor-de-l-ile-sans-nom

Le trésor de l’île sans nom de Gilles Abier et Mini Ludvin (dès 9 ans)

Un roman de pirates mené tambour battant paré de péripéties et de coups de théâtre, de pièges de surprises et de déguisements, de personnages attachants, d’une intrigue haletante et de chouettes illustrations.

Tutti-Frutti

Tutti frutti d’Iris de Moüy (dès 6 ans)

Un joli petit roman sur les changements qui bousculent parfois les vies des enfants et les font grandir peut-être un peu plus vite.

jaisuiviunnuage

J’ai suivi un nuage de Maëlle Fierpied et Julie Guillem (dès 8 ans)

Un roman rempli d’amour. L’amour immense de Rémi pour sa maman, une maman « embrouillée ». À travers le regard, les mots, les interrogations, l’imaginaire, les angoisses et les incompréhension du petit garçon, Maëlle Fierpied livre un roman fort et juste, quant aux illustrations de Julie Guillem, il s’en dégage beaucoup de douceur et de délicatesse.

 

 

 

Albums préférés, lus en 2018

Il a été difficile de choisir mes albums préférés cette année parmi les 37 lus, ils sont  si différents, si beaux, si touchants, si drôles… mais il faut bien faire un choix alors le voilà :

belhiver

Le plus bel hiver de Cristina Sitja Rubio

Saison engourdissante pour certains, revigorante pour d’autres, l’hiver est tendrement croquée et chaleureusement contée par la talentueuse Cristina Sitja Rubio qui nous parle merveilleusement d’amitié et de bienveillance.

Mon-toi

Mon toi de Stéphane Girel

Des peintures aquarellées tendres et enjouées, des mots doux et poétiques, une promenade à deux pour apprendre et comprendre, un amour qui se façonne… Un album beau sensible et généreux.

petiteperle

Les trois vies de Petite Perle de Carl Norac et Anne-Catherine De Boel

Il se dégage des mots de Carl Norac et des dessins d’Anne-Catherine De Boel la beauté des rêves la dureté des préjugés le charme de la magie, mais aussi la lumière incandescente la richesse de la terre l’immensité du ciel la liberté de mouvement, l’amitié le partage la bonté, et des paysages des visages des sentiments.

kongkong

Kong-Kong le singe sur le toit de Yann Autret et Vincent Villeminot

Cet album est formidable de drôlerie, de poésie, de tendresse, d’intelligence… On prend un plaisir fou à suivre le quotidien aventureux d’Héloïse et Abélard, où réalité et imagination se mêlent délicieusement. Chaque saynète est irrésistible et les illustrations, qui s’échappent souvent du cadre, sont tour à tour truculentes, ébouriffantes et émouvantes.

pacifique

Pacifique de Nicolas Maestre et Maïlys Paradis

Un album magnifique, un objet précieux, des illustrations éclatantes, une histoire initiatique pleine de poésie, un livre-jeu où se déploient des cartes. Des cartes porteuses de mots, de messages et d’un puzzle… Des cartes comme des signets, des repères de l’enfance.

commentçailarenoncé?

Comment ça, il a renoncé? de Catarina Sobral

Les enfants et moi avons adoré cet album. Catarina Sobral parle du développement durable avec discernement et humour. Les personnages sont savoureusement croqués, les interrogations les peurs les observations les réflexions les remords fusent de tous côtés, dans des bulles colorées à souhait. Le message est fort et il passe formidablement bien! Un album à mettre absolument dans toutes les mains, dès 6 ans!

ruedes4vents

Rue des quatre-vents au fil des migrations de Jessie Magana et Magali Attiogbé

Venez fouler la rue des Quatre-Vents, avec vos enfants. Entrez dans l’histoire de ses habitants… il est fort possible que vous vous y reconnaissiez…

lesvoisinssauvages

Les voisins sauvages d’Ulrika Kestere

Le texte est ingénieux et drôle, la fin est une merveille, quant aux illustrations elles sont sublimes et prenantes : les personnages sont formidablement expressifs, les couleurs sont douces, la composition est élégante, il y a du mouvement, de la rondeur, de la chaleur, du rayonnement. J’ai adoré!

bonhommedeneige

Le bonhomme de neige de Raymond Briggs

Un album d’une tendresse infinie. C’est l’enfance toute entière qui surgit des crayonnés enchanteurs de Raymond Briggs, avec sa douceur, ses exaltations, ses peines aussi. Un livre culte, intemporel et précieux.

masoeurestunebrute

Ma soeur est une brute épaisse d’Alice de Nussy et Sandrine Bonini

Tous se reconnaîtront aisément dans cet album où la vie rayonne. Les situations tour à tour drôles et touchantes s’enchaînent, les jeux changent au fil des saisons, grand et petite courent et virevoltent, grognent et soupirent, ça fait des Grrr et des Clang, des Crunch et des Splich… Les illustrations aux couleurs flashy éclatent sur les pages, les personnages sont toujours en mouvement, comme les objets. Les collages donnent un charme fou à l’ensemble.

maisondepoupée

Les secrets et enchantements de la maison de poupée de la reine d’angleterre de Vita Sackville-West et kate Baylay

Une mise en abîme judicieuse et joyeuse, un personnage gracieux et enjoué, des illustrations sublimes inspirées du mouvement Art Nouveau, et une irrépressible envie – pour les plus grands – de découvrir l’œuvre de Vita Sackville-West.

henry

Henry et la liberté, une histoire vraie d’Ellen Levine et Kadir Nelson

Une histoire vraie, belle et émouvante qui évoque, avec sensiblité et justesse, l’esclavage aux enfants. Les illustrations de Kadir Nelson – inspirées de la lithographie de Samuel Rowse – sont somptueusement puissantes.

liloot2

Liloo fille des cavernes T. 1T.2 de Stéphane Tamaillon et Pierre Uong

Liloo est une héroïne attachante téméraire pleine de ressource, guidée et protégée par le lien fort qu’elle entretient avec la nature. Une chouette BD – dévorée en quelques minutes par ma fille -. Il y a un rythme fou, des couleurs fortes, de la drôlerie, de belles réparties et les stéréotypes genrés sont balayés.

suziesophyhenn

Suzie de Sophy Henn

Les dessins aux couleurs acidulées pleins de vivacité, la bouille craquante de Suzie, les détails rigolos véhiculent une bonne humeur communicative. Suzie, un album solaire qui donne à cet hiver tout gris de grands éclats de rire et des étincelles dans les yeux.

137578_couverture_Hres_0

Mon île de Stéphanie Demasse-Pottier et Seng Soun Ratanavanh

Il émane des mots de Stéphanie Demasse-Pottier plénitude sensibilité et clairvoyance. Ils sonnent comme un poème, ils sont beaux tendres puissants et aériens. Quant aux sublimes illustrations de Seng Soun Ratanavanh, elles éclatent et rayonnent sur les pages blanches. Et nous transportent dans une rêverie éblouissante.

L-Ourse-bleue0

L’ourse bleue de Nancy Guilbert et Emmanuelle Halgand

Une histoire émouvante, des mots sensibles et des images d’une grande beauté.

 

 

Romans préférés, lus en 2018

Les-inseparables

Les inséparables de Julie Cohen

Laissez-vous embarquer dans ce beau voyage d’amour au long cours, aux reflets changeants et aux ombres portées.

« Tu es mon commencement et ma fin, Emily, et tous les jours entre les deux. »

lecart

L’écart d’Amy Liptrot

Simplement beau et sincère.

« Je suis en chute libre, mais j’attrape tout ce qui s’offre à moi pendant cette chute. Oui, c’est peut-être une bonne façon de résumer la situation. J’ai renoncé à l’alcool, je ne crois pas en dieu, et mes histories d’amour se sont mal terminées, mais je trouve maintenant mon bonheur et mon ivresse dans le monde qui m’entoure. »

magnifica

Magnifica de Maria Rosaria Valentini

Un roman beau et prégnant.

« Que se passe-t-il quand une guerre se termine?  Qui le sait vraiment? Il faut le vivre et le voir pour pouvoir le dire. Parfois Magnifica, lorsqu’elle est épuisée, éreintée, à bout de forces, ferme les yeux et se représente l’espérance qui grandit dans un mois lointain, indéfini, à mi-chemin entre mai et juin. Quelques acacias résistent mais c’est l’odeur de gravats, de pierre, de sable, de terre meuble et de ferraille qui domine. Les décombres engloutissent les derniers îlots de la peur. Au coeur du néant, l’espérance n’a pas de corps ; nul ne peut toucher, nul ne peut s’agripper à l’une de ses mamelles et aspirer un colostrum qui nourrisse l’avenir. Pourtant l’espérance est perceptible. Elle avance pieds nus. S’habille d’absences. Susurre des voeux. Respire aux côtés de ceux qui ont faim de vie. Que les morts reposent en paix. Il n’y a rien d’autre à faire. Sinon inventer un commencement. »

leursenfantsaprèseux

Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

Roman des lisières, des errances de l’adolescence, des territoires délaissés. Un déterminisme social insidueux, des parents brisés… après eux pas d’héritage pour leurs enfants.

« Et puis ces pères qui avaient voulu fuir la pauvreté, qu’avaient-ils réalisés en somme? Ils possédaient tous une télé couleur, une voiture, ils avaient trouvé un logement et leurs enfants étais allés à l’école. Pourtant, malgré ces objets, ces satisfactions et ces accomplissements, personne n’aurait pensé à dire qu’ils avaient réussi. À quoi cela tenait-il? Aux vexations professionnelles, aux basses besognes, au confinement, à ce mot d’immigré qui les résumait partout? Ou bien à leur sort d’apatride qu’ils ne s’avouaient pas? Car ces pères restaient suspendus, entre deux langues, deux rives, mal payés, mal considérés, déracinés, sans héritage à transmettre. Leurs fils en concevaient un incurable dépit. Dès lors, pour eux, bien bosser à l’école, réussir, faire carrière, jouer le jeu, devenait presque impossible. « 

lesjoursdevita

Les jours de Vita Gallitelli d’Helene Stapinski

Un roman passionnant, une quête identitaire, un voyage en Italie du sud, des serrements de cœur, de la souffrance, de la persévérance, du suspense. Une vie.

« Une nuit, je me suis regardée dans le miroir de la salle de bains. (…) À cet instant, j’aurais voulu pouvoir éplucher les différentes couches de mon visage, retirer les différentes strates de peau et d’os jusqu’à atteindre les secrets qui se cachaient sous mon code génétique, et qui m’observaient derrière ma faccia di Gallitelli. (…) Devant la glace, j’ai songé au fait que nous étions tous le résultat de ce que l’on savait, mais aussi de ce que l’on ignorait. Des générations d’ignorance. Des siècles et des siècles de secrets dissimulés. »

lanoyadepourlesdébutants

La noyade pour débutants de Ruth Hogan

Un roman prenant et émouvant, un suspense entretenu, des personnages attachants, un humour so british. Une belle lecture estivale.

« Je déploie tellement d’efforts pour changer, pour cesser de me raccrocher à ce chagrin qui me paralyse. Et parfois j’y arrive. Sauf que la peine n’est pas linéaire. Il suffit de sentir, de voir ou d’entendre quelque chose pour qu’elle revienne subitement, et il m’arrive certains jours d’avoir l’impression d’évoluer dans un univers semblable à un couvre-lit en patchwork dont les carrés colorés seraient en train de se découdre. »

Tenir-jusqu-a-l-aube

Tenir jusqu’à l’aube de Carole Fives

Des mots qui saisissent au plus profond et résonnent longtemps. Une situation relatée au plus près du réel. Une mère sans nom, sans visage… parce qu’elles sont si nombreuses, ces mères, à vivre cette vie-là. Regardons-les, écoutons-les, aidons-les…

« Elle y pense depuis des heures. Elle y pense en regardant l’enfant étaler son yaourt sur la table. Elle y pense en le voyant lancer ses petites voitures contre la porte. En ramassant les jouets, en remplissant le lave-vaisselle, en épongeant le sol trempé après le bain, elle y pense tout le temps. Ce soir, elle ressortira. Elle s’accordera deux heures cette fois. Deux heures, juste le temps de rejoindre le fleuve. Elle croisera des silhouettes, des visages, on la croira libre. »

Danslabaiefauve

Dans la baie fauve de Sara Baume

Ce texte est stupéfiant. Je n’ai jamais lu un livre d’une telle intensité. Le soliloque de Ray est porté par une langue merveilleusement imagée. L’auteure traque le moindre détail, la couleur la plus insoupçonnée, révèle les bruits et les rumeurs du monde, dessine une amitié indéfectible, dépeint tout à la fois les manifestations de la nature de l’âme humaine de la société et les confond, . On tourne la dernière page, le cœur battant fort dans la poitrine. Ces personnages tellement ingrats au commencement nous touchent nous remuent nous bouleversent tant qu’on n’a pas envie de les laisser.

« Parfois je perçois ta tristesse, la même que la mienne. Je la perçois à ta façon de soupirer, la tête basse. À ta façon de ne jamais baisser totalement la garde ni de tenir pour acquis l’univers que je t’offre. Ma tristesse à moi n’est pas un parti pris, mais quelque chose de coincé entre les murs de ma chair, comme un brouillard sale. Elle ternit tout. Elle roule le monde dans la suie. Elle vide mes membres de leur force et me voûte le dos. »

lesnuitsd'ava

Les nuits d’Ava de Thierry Froger

Cela s’agite, cela remue autour du lecteur, qui ne sait pas toujours où il se trouve ; au milieu d’un rêve, d’un fantasme, d’une obsession, de la réalité. L’écriture est drôle brillante et enlevée. L’image photographique et picturale, les idoles, la célébrité, les faux-semblants, le quotidien d’un type ordinaire, une société en mouvement, des colères, des revendications, des souvenirs, des regrets… autant de propos et de réflexions. Beau et étourdissant.

« Il est difficile d’imaginer ce que pouvait penser Rotunno à quatre heures du matin, ivre et seul avec le plus bel animal du monde dont la peau nue débordait outrageusement d’une grande chemise blanche mal boutonnée.(…)

cetetelaablumental

Cet été-là à Blumental d’Ursula Werner

Un premier roman à tiroirs – sur trois jours -, saisissant et passionnant, où la fiction et l’Histoire – avec un grand H – trouvent naturellement leur place.

« Et maintenant le Führer venait ici. Chez elle, dans cette maison. Dans ce foyer qu’Oskar et elle avaient créé et peuplé d’enfants et de petits-enfants. Cette maison dont le seuil n’avait été franchi que par des amis. Celle qu’elle avait enveloppée de beauté en plantant délibérément autour d’elle des strates de plantes fleuries et de fleurs parfumées pour que chacun à l’intérieur, en regardant dehors, se rappelle combien le monde était beau. »

oùpasselaiguille

Où passe l’aiguille de Véronique Mougin

De l’obscurité de la guerre au rayonnement de la mode, le patchwork d’une vie multiple, le tissage long difficile et beau d’un destin, l’assemblage de l’Histoire collective et de souvenirs intimes ; un roman émouvant, des personnages que je n’oublierai pas.

« La vérité : quand je couds, je n’ai pas de visions. Je ne revois pas le camp, les punitions, l’appel ou pire. Je me concentre, l’aiguille passe et repasse, chaque geste mille fois répété et doucement je deviens le fil, je deviens l’aiguille, je suis le tissu piqué et l’air que je respire, le rythme de la machine et le bruit de l’atelier. « 

lapetiteetlevieux

La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie

Un grand roman servi par des dialogues savoureux et vifs en québecois, une narration tendre profondément humaine et des personnages tellement authentiques. Le réel nous est livré avec ses beautés ses malheurs ses humeurs ses fragilités ses douceurs aussi. Et l’imagination débordante de la petite nous emporte et nous enchante.

« Elle était si belle quand elle oubliait d’être dure, ma mère. Ce n’était plus qu’une adolescente qui jouait les madames dans un accoutrement qui témoignait du peu de temps et de moyens dont elle disposait pour elle-même. J’avais depuis longtemps compris que maman C’é-Toute, ce n’était pas pour moi, ni pour mes sœurs, mais pour elle, une façon de tenir le coup et de ne pas ramollir ses enfants, une façon de se convaincre qu’elle était dure, alors qu’en réalité c’était tout friable en dedans. Ma mère était une gaufrette. »

Romans préférés lus en 2017

Les-furies

Le roman de l’année

Les furies, roman de Lauren Groff, traduit de l’anglais (États-Unis) par Carine Chichereau, Éditions de l’Olivier.

Un roman exalté et impétueux où la noirceur flamboie, la vérité s’enténèbre et l’amour ruisselle. Laurent Groff dépeint avec force, style et lyrisme l’obscurité, la complexité et le mystère de l’âme d’un homme et d’une femme qui s’aiment…

« Entre leurs deux peaux, le plus fin des espaces, à peine assez pour l’air, pour ce voile de sueur qui à présent refroidissait. Et pourtant, un troisième personnage, leur couple, s’y était glissé. »

ladansesorcière.jpg

La danse sorcière, roman de Karine Henry, Actes Sud.

Une lecture exigeante mais prenante, une plongée psychologique et philosophique dans la mécanique de la danse, une atmosphère tendue, inquiétante et fascinante. Malgré une fin décevante, convenue et faible au regard de l’intensité du reste du texte, La danse sorcière demeure un livre puissant et prégnant.

« Le geste de la danse comme celui minutieux de l’archéologue… La mémoire du mouvement comme la mémoire de la douleur. Car un corps n’oublie rien de ce qui le marque : il consigne. Tatouage de l’âme, ineffaçable des chairs. »

ledernierarrivé.jpeg.jpg

Le dernier arrivé, roman de Marco Balzano, traduit de l’Italien par Nathalie Bauer, Éditions Philippe Rey.

Récit de vie d’un homme qui s’est toujours senti étranger ; arraché à sa terre, détaché de ses parents, incompris, empêché, emprisonné. L’auteur dépeint la mouvance et l’instabilité de la société, l’égarement de l’homme et ses désillusions, le déracinement, l’intégration et la réinsertion. Un roman émouvant et pénétrant…

« Quoi qu’il en soit, j’ai terminé L’Étranger. Je commencerai peut-être un autre livre, mais je sais que je ne trouverai rien de mieux. Moi aussi, je suis étranger. Rejeté et disqualifié à vie. Moi aussi, je sens que je n’ai pas de motifs et que je ne peux expliquer les seuls possibles que dans une langue incompréhensible aux autres. »

lherbemaudite.jpg

L’herbe maudite, roman d’Anne Enright traduit de l’anglais (Irlande) par Isabelle Reinharez, Actes Sud.

Dans ce roman, il y a du souffle, de la puissance et une réalité crue. Dans cette écriture, il y a une hardiesse, un franc parler, de l’énergie. Dans cette histoire, il y a plusieurs vies qui se suivent, s’enlacent, s’éloignent, se retrouvent. Il y a des hommes et des femmes, des tourments et des bonheurs. Et il y a un pays, l’Irlande…

« Ils n’étaient pas insensibles à l’humour de la situation, au fait que chacun de ses enfants appelait une femme différente. Ils ne savaient pas qui elle était – leur mère, Rosaleen Madigan – et ils n’avaient pas besoin de le savoir. C’était une femme âgée qui avait désespérément  besoin de leur aide et qui, alors même que son absence grandissait au point d’occuper tout le versant glacé de la montagne, rapetissait, n’avait plus que la taille d’un être humain – de n’importe quel être humain – frêle, mortel, vieux. »

enlieusûr

En lieu sûr, roman de Wallace Stegner, traduit de l’américain par Éric Chédaille, réédition, première parution en 1987, Éditions Gallmeister.

Ce livre se découvre et se dévoile au lecteur en toute intimité, simplement, naturellement. Avec humilité, élégance et humanité, l’écriture de Wallace Stegner m’a touchée au plus profond. Ce roman, c’est la vie même. Et en lieu sûr, je vais le garder.

« Orphelins venus de l’Ouest, nous avions échoué à Madison et les Lang nous adoptèrent au sein de leur nombreuse, riche, influente et rassurante tribu. Nous nous aventurâmes, telle une paire d’astéroïdes, dans leur univers newtonien bien réglé, et ils nous capturèrent par un effet de leur gravitation, firent de nous des lunes et nous placèrent en orbite autour d’eux. »

annabelle

Annabelle, roman de Marie Laberge, éditions Boréal.

Ce roman intense sensible et sincère sur l’adolescence, entre quêtes désillusions et puissance créatrice m’a émue aux larmes.

« Ce qu’il y a de pénible avec la vie, c’est qu’il faut collaborer, il faut l’organiser, la construire, l’édifier jour après jour. On ne peut pas se contenter de la subir. On ne peut pas se contenter de récriminer comme s’il y avait eu erreur sur la marchandise livrée. »

frankie.jpeg

Frankie Addams, roman de Carson McCullers, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jacques Tournier, Éditions Stock. (publication originale : 1946).

Un grand roman sur l’adolescence, le temps qui s’enfuit, le désenchantement. Une réflexion sensible sur la condition humaine. Des mots si justes qu’ils résonnent forcément en chacun de nous.

« Frankie regardait l’un après l’autre les quatre murs de la cuisine. Elle pensait au monde, et il était rapide et fissuré, et il tournait, plus rapide, plus fissuré, plus immense que jamais. Les images de la guerre surgissaient et se confondaient dans son esprit. Elle voyait des îles claires avec beaucoup de fleurs, et un pays baigné par la mer du Nord avec des vagues grises sur la plage. Des yeux gonflés d’épuisement et le piétinement sourd des soldats. Des tanks, et un avion en feu, les ailes arrachées qui allait s’écraser en tombant dans le ciel vide. Le monde était fissuré par le fracas de la guerre, et tournait à mille miles à la minute. »

pourquoilesoiseauxmeurent

Pourquoi les oiseaux meurent, roman de Victor Pouchet, éditions Finitude

Les paysages défilent, une aventure amoureuse se dessine, d’un champ à une plage, d’une page d’un livre à un museum, d’une statue à un aïeul,  des oiseaux d’Hitchcock à l’histoires naturelle de Pline, de la Bible de Jérusalem au Pigeon Projet, du livre des damnés de Charles hoy Fort à la génération spontanée, Pouchet emprunte des chemins de traverses, revient sur ses pas bousculant son enfance, et repart vers de nouveaux horizons, la fin d’une chose et le début d’une autre, la chute d’oiseaux comme métaphore. Un premier roman brillant, passionnant, spirituel et malin. Un auteur à suivre…

« (…) j’avais la vie sur le bout de la langue. Sur le bout de la langue les engagements, les choix, les aventures de l’esprit, la vie sociale et les conquêtes. J’avais l’impression de passer ma vie à ne pas articuler complètement ce qui m’arrivait et à sacrifier tout un tas de syllabes, de mots et de phrases-projets. »

ledimanchedesmères.jpg

Le dimanche des mères, roman de Graham Swifft, traduit de l’anglais par Marie-Odile Fortier-Masek, Gallimard.

Une journée qui fait date. Fortune et destinée. La fin d’une époque, un souffle de liberté. Le goût des mots et de la lecture. Un petit roman dense et ramassé, sensuel et plein de vie…

« Elle pédala dur au départ, puis se mit en roue libre et acquit de la vitesse. Elle entendait ronronner son vélo, elle sentait l’air gonfler ses cheveux, ses vêtements et, semblait-il, ses veines. Le sang chantait dans ses veines et elle en aurait fait autant si la force irrésistible de l’air ne l’avait empêchée d’ouvrir la bouche. Jamais elle ne saurait expliquer cette totale liberté, cette folle impression que tout était possible. Dans tout le pays, des bonnes, des cuisinières et des nounous avaient été « libérées » pour la journée, mais y en avait-il une qui fût aussi libre qu’elle? »

lesmilletalents.jpg

Les mille talents d’Euridice Gusmao, roman de Martha Batalha, traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos, Denoël éditions.

Un roman optimiste et lumineux malgré les douleurs et les malheurs. Des histoires alambiquées, comme autant de contes, qui se terminent toutes par une note d’espoir. Drôlerie et ironie parsèment les pages décrivant une réalité pourtant sombre, un parti pris de l’auteure qui fonctionne bien. Une lecture originale et intéressante dans laquelle il m’est tout de même arrivé de me perdre dans les entrelacs des nombreuses digressions…

« Le corps d’une mère est un excellent remède à la colère. Ils se serraient fort l’un contre l’autre, sous les draps. Guida pensant protéger son fils, son fils pensant protéger sa mère. Guida respirait profondément pour que Chico la croie endormie, et Chico respirait profondément pour qu’elle le croie endormi. Et ils s’endormaient en même temps. »

 

Romans jeunesse préférés lus en 2017

Je-suis-ton-soleil

Le roman jeunesse de l’année

Je suis ton soleil, roman de Marie Pavlenko, à partir de 14 ans, édité chez Flammarion Jeunesse.

L’éclat de la couverture est à l’image du roman : une histoire vive, un reflet sensible et intelligent de l’adolescence, une héroïne clairvoyante et captivante, des dialogues pétillants. Un roman qui a du relief, surprenant, drôle, émouvant, élégant et tellement moderne. Aucune mièvrerie ici, on est dans la vie même, remuante et bouillonnante…

Les filles de Brick Lane, T.1 et T.2, romans de Siobha, Curham, à partir de 13 ans édités par Flammarion Jeunesse.

Cette saga – en quatre tomes – est une grande réussite. L’adolescence y est décrit avec justesse et sensibilité. Les personnages auxquels on peut aisément s’identifier sont très attachants. On suit avec plaisir et attention leur cheminement, ponctué d’embûches mais porté par la force de l’amitié, vers le monde des adultes…

Une-mère-a-Brooklyn.jpg

Une mère à Brooklyn, roman d’Ingrid Chabbert, à partir de 13 ans, édité par les éditions du mercredi.

Un roman sur la quête d’identité et les affres de l’adolescence, une écriture pleine d’authenticité et de sensibilité, une jeune fille à laquelle on s’attache tellement qu’on a un souhait : la retrouver au plus vite…

envolemoi.jpg

Envole-moi, roman d’Annelise Heurtier, à partir de 12 ans, édité par Casterman.

Un roman aérien et délicat, des personnages attachants et enthousiasmants, une histoire prenante, de la drôlerie, de la poésie, de la sensibilité, de l’acuité, et une écriture pleine d’humanité. Le handicap y est abordé avec justesse et objectivité. Et l’amour est raconté avec pertinence, sans mièvrerie…

lapetiteromancière

La petite romancière, la star et l’assassin, roman de Caroline Solé, à partir de 13 ans, édité par Albin Michel.

Une atmosphère hitchcockienne qui rappelle forcément Fenêtre sur cour, un jeu sur le regard et le jugement hâtif, des histoires entrelacées et des fausses pistes, les affres de l’adolescence, la marginalité, les feux de la rampe, l’univers d’internet et le repli sur soi, et une fenêtre ouverte où pénètrent une lumière douce et des voix bienveillantes.

sauveuretfils3.jpg

Sauveur & Fils saison 3, roman de Marie-Aude Murail, à partir de 12 ans, édité par L’école des loisirs.

Une série tellement juste, intelligente et bienveillante qu’on voudrait qu’elle ne s’arrête jamais. À bon entendeur…

C_Ma-tempete-de-neige_8756.jpeg

Ma tempête de neige, roman de Thomas Scotto, à partir de 13 ans, édité par Actes Sud Junior.

Un petit roman bouleversant, à lire à haute voix et à partager.

Albums jeunesse préférés lus en 2017 – pour les enfants de 6 ans et plus

Le-jardin-du-dedans-dehors

L’album de l’année

Le jardin du dedans-dehors, album écrit par Chiara Mezzalama et illustré par Régis Lejon, à partir de 7 ans, édité par Les éditions des éléphants.

Les mots de Chiara Mezzalama posés sur une parcelle de son enfance, poétiques pénétrants et sensibles, et les illustrations de Régis Lejonc les enveloppant d’éclats de finesse et d’intensité délivrent une histoire d’amitié éternelle à laquelle aucun mur ne résiste…

louisecouverture

Louise, album écrit par Stéphanie Demasse-Pottier et illustré par Magali Dulain, à partir de 6 ans, édité par L’étagère du bas.

Du noir et du blanc, des mots implicites, de la sensibilité, de la profondeur, et comme une caresse une merveilleuse amitié, salvatrice de tous les maux…

larbragan.jpg

L’arbragan, album écrit et illustré par Jacques Goldstyn, à partir de 7 ans, édité par La pastèque.

Le trait est fin, le dessin épuré. Le mouvement est vif, l’histoire enveloppante. L’arbre est monumental et si simple. Le petit garçon est joyeux et si sensible. Dans cet album, tour à tour drôle, tendre et émouvant, l’auteur effeuille avec délicatesse la force de l’amitié, la différence, la solitude, la puissance de la nature, la grandeur d’âme, l’émerveillement…

laleçon.jpg

La leçon, album écrit par Michaël Escoffier et illustré par Kris Di Giacomo, à partir de7 ans, édité par Les éditions Frimousse.

Un très bel album, puissant et redoutable. Avec l’intelligence des mots et la subtilité des illustrations, Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo amènent la question de la cohabitation de l’homme et de l’animal ouvrant le chemin à la réflexion – philosophique -. Ce qui soulève alors d’autres questions. Éloquent!

Kadogo.jpg

Kadogo, album écrit par Ingrid Chabert et illustré par Joël Alessandra, à partir de 8 ans, édité par Des Ronds dans l’O.

Un album sur l’enrôlement des enfants soldats à travers le regard de l’un d’eux. Les mots et les dessins sont pertinents, forts, avisés et poignants. Un album à lire avec son enfant, afin d’écouter ses interrogations et d’ouvrir la discussion…

La-derniere-representation-de-mademoiselle-Esther

La dernière représentation de Mademoiselle Esther, album écrit par Adam Jaromir et illustré par Gabriela Cichowka, à partir de 11 ans, édité par Des ronds dans l’O.

Une page de l’Histoire tristement vraie, celle d’enfants aux destins funestes qui, grâce à la bienveillance du docteur Korczak, à l’ardeur de Mademoiselle Esther, et au pouvoir de la littérature s’envoleront le temps d’une histoire dans un pays merveilleux, oubliant la peur, la faim… Un album poignant…

 

rubytetehaute

Ruby tête haute, album écrit par Irène Cohen-Janca et illustré par Marc Daniau, à partir de 9 ans, édité par Les éditions des éléphants.

Ruby Bridges est un véritable symbole de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Un album à mettre dans toutes les mains, dès 9 ans, car aujourd’hui encore subsistent les vestiges de la ségrégation, de l’injustice et de l’intolérance…

10anstout-juste

Dix ans tout juste, album écrit par Frank Prévot et Yu Liqion et illustré par Géraldine Alibeu, Bobi+Bobi, Joanna Boillat, Pierre Cornuel, Thierry Dedieu, Gaëlle Duhazé, Valérie Dumas, Stéphane Girel, Nicolas Jolivot, Minji Lee-Diebold, Régis Lejonc, Florian Pigé, Clémence Pollet, Samuel Ribeyron, Sara, Mélusine Thiry, Sandrine Thommen, Wang Yi, Zaü, Zhu Chengliang, à partir de 6 ans, édité par Hongfei.

À travers des portraits et des instants de vie, Franck Prévot et Yu liqiong esquissent avec tendresse ce qu’il y a dans le cœur et dans la tête de ses enfants de dix ans tout juste. Et en regard de leurs mots, les dessins de vingt illustrateurs viennent sublimer ce livre…

Une-histoire-grande-comme-la-main

Une histoire grande comme la main, album écrit et illustré par Anne Herbauts, à partir de 6 ans, édité par Casterman.

Comme toujours chez Anne Herbauts, les mots les couleurs les dessins s’entremêlent et se répondent avec grâce et poésie. Cette histoire est grande comme la main, et la main posée sur le cœur bat la mesure… un album pour grandir…

Albums jeunesse préférés lus en 2017 – pour les enfants de 2 à 5 ans

laretraitedenenette

L’album de l’année :

La retraite de Nénette album écrit et illustré par Claire Lebourg, à partir de 5 ans, édité par L’école des loisirs.

Avec sensibilité, bienveillance et sourires, elle imagine l’animal hors de sa cage, libre et flamboyant…

Quand-j-etais-petite

Quand j’étais petite… album écrit par Sara O’Leary et illustré par Julie Morstad, à partir de 4 ans, édité par L’étagère du bas.

Une merveille d’album, tendrement beau. Des mots doux et sensibles, des dessins délicats au charme suranné…

Petites-histoires-de-nuits

Petites histoires de nuits, album écrit et illustré par Kitty Crowther, à partir de 3 ans,  édité par Pastel L’école des loisirs.

Un livre-doudou qui transporte l’enfant au bord du sommeil et l’aide à trouver l’étoile éclairant sa nuit…

tantpispourlapluie

Tant pis pour la pluie ! album écrit par Stéphanie Demasse-Pottier et illustré par Lucia Calfapietra, à partir de 3 ans, édité par Grasset-Jeunesse.

L’égrènement des mots comme une ritournelle, le balancement entre le dedans le dehors le devant le derrière le haut le bas le près le loin, le jeu des couleurs et des angles de vue, autant de trouvailles belles et captivantes dans cet album… qui parvient judicieusement à faire oublier le sentiment de tristesse véhiculé habituellement par la pluie…

Le-souffle-de-l-ete

Le souffle de l’été, album écrit par Anne Cortey et illustré par Anaïs Massini, à partir de 4 ans, édité par Grasset-Jeunesse.

Quatre histoires, quatre moments suspendus ; des perles d’eau d’air de terre et de lumière…

legrandlivreernestetcelestine

Le grand livre pop-up Ernest et Célestine, album écrit et illustré par Gabrielle Vincent, à partir de 4 ans, édité par Casterman.

Des saynètes comme au théâtre, des petits bonheurs tout simples mais si beaux…

cestquoiunenfantC’est quoi un enfant ? album écrit et illustré par Beatrice Alemagna, à partir de 4 ans, édité par Casterman.

Un album précieux au texte ciselé et aux illustrations bouleversantes à partager avec nos « petites personnes » qui (ont encore) besoin (de nos) yeux gentils et de la petite lumière à côté du lit », nos chères « petites personnes » remarquables et formidables…

Mon-enfant-de-la-Terre

Mon enfant de la terre, album écrit par France Quatromme et illustré par Sandrine Bonini, à partir de 2 ans, édité par Les éditions des éléphants.

Ainsi bercé, le tout-petit s’endort, l’esprit serein et heureux, plein de la mélodie du monde, une petite musique universelle…

martaetmoi.jpg

Marta & Moi, album écrit et illustré par It’s Raining Elephants (Nina Wehrle et Evelyne Laube), à partir de 3 ans, édité par Les éditions Notari.

Un voyage au cœur de la création artistique portée par la puissance de l’imagination. Le cheminement mental de l’artiste. Une explosion de gaieté, de fantaisie et de couleurs. Une déferlante de sensations…

lettresàmonchergrandpère

Lettres à mon cher grand-père qui n’est plus de ce monde, album écrit par Frédéric Kessler et illustré par Alain Pilon, à partir de 5 ans, édité par Grasset-Jeunesse.

Sans pathos, le texte n’est que sincérité et vérité, beauté et intelligence, sensibilité et délicatesse. La série de lettres met en évidence l’évolution de la pensée du petit garçon, qui soulève et répond lui-même à ses propres questions. Alain Pilon, quant à lui, dépeint avec simplicité et finesse ces situations où le personnage est en quête de lumière. Il sait capter l’instant, riche de sens, d’émotion et de drôlerie…

Romans préférés de l’année 2016

liv-10654-un-paquebot-dans-les-arbresUn paquebot dans les arbres – Valentine Goby dsc00127Les règles d’usage – Joyce Maynard

lespoissonsLes poissons ne ferment pas les yeux – Erri de Luca

dsc00284Petit pays – Gaël Faye lombreanimaleL’Ombre animale – Makenzy Orcel

la-douleur-porte-un-costume-de-plumes-701560-250-400La douleur porte un costume de plumes – Max Porter piqueniqueorphelinsLe pique-nique des orphelins – Louise Erdrich

lavieencinquanteLa vie en cinquante minutes – Benny Barbash treizeTreize – Aurore Bègue purityPurity – Jonathan Franzen

dsc00152Petit animal sauvage – Anne Françoise Brillot

dsc00216Sur cette terre comme au ciel – Davide Enia

incandescenteL’incandescente – Claudie Hunzinger

Romans jeunesse préférés de l’année 2016

sauveuretfilsÉnorme coup de cœur pour Sauveur et Fils saison 1 de Marie-Aude Murail – dès 12 ans – (la saison 2 est formidable également, mon billet bientôt! Et une saison 3 est annoncée…)

Encore de très beaux romans jeunesse lus cette année, voici ma sélection, n’hésitez pas à cliquer sur les couvertures pour découvrir les chroniques.

tlmsaitfaireduveloTout le monde sait faire du vélo d’Ingrid Chabbert et Maurèen Poignonac – dès 8 ans –

chaquesoirChaque soir à 11 heures de Malika Ferdjoukh (première parution en 2011) – dès 14 ans –

jesaisquetusais Je sais que tu sais de Gilles Abier – dès 13 ans – dsc00222Les mangues resteront vertes de Christophe Léon – dès 13 ans –

dsc00236-1Tant que mon cœur bat de Madeline Roth – dès 13 ans –

petitsoragesLes petits orages de Marie Chartres – dès 12 ans – hugonuitHugo de la Nuit de Bertrand Santini – dès 12 ans –

DSC00024Matilda de Roald Dahl – dès 9 ans – (première parution en 1988)

dsc00167Le destin (presque) timbré d’Étienne Durillon d’Oren Ginzburg et Estelle Billon-Spagnol – dès 7 ans –

dsc00175Frères d’exil de Kochka et Tom Haugomat – dès 10 ans –