L’attente – Maïa Brami et Clémence Pollet

L’explorateur a posé le pied sur l’île. Paré pour la quête de sa vie. Pour un instant seulement, entrapercevoir l’oiseau de Paradis. Entraîné comme un soldat, l’esprit conquérant, les sens en action, il marche. Des heures et des heures. Il sait qu’il touche son rêve du bout des doigts ; ça le pousse, le transporte. Peu importe la chaleur, l’humidité, la fatigue, la végétation envahissante, les innombrables animaux, leurs bruits leurs odeurs. Il se place enfin, à l’endroit voulu. Commence alors l’attente. Longue, très longue. Et si l’existence d’un tel oiseau n’était qu’une légende? Sa traque serait-elle vaine? L’attente n’en finit pas, l’espoir s’amenuise… De guerre lasse, l’homme flanche, s’effondre. Il perd le contrôle… et c’est là que….

Vert orange bleu, couleurs irisantes luminescentes, fascinantes inondent les pages d’éclats en suspension. Au côté de l’explorateur, on avance, à l’affût des mots des dessins et ce qu’il se dissimule derrière. Notre désir de lecteur sera-t-il assouvi? Notre attente sera-t-elle comblée?

Lâcher l’emprise qu’on s’impose, s’abandonner enfin, contempler le beau sans but, se laisser surprendre, accueillir l’inattendu… voilà l’essence de cet album éblouissant.

« ALORS COMMENCE L’ATTENTE. De longs jours d’attente. Dans son abri, les yeux collés à ses jumelles; Il observe les oiseaux, allongé, immobile. Les heures filent. Quand son ventre gargouille, il mange. Quand sa vue se brouille. Il boit à la gourde. »

L’attente, album écrit par Maïa Brami et illustré par Clémence Pollet, à partir de 7 ans, éditions Hongfei, avril 2022 —

Docteur Rire – Laurence Gillot et Vanessa Hié

L’association Le rire médecin fête ses 30 ans d’existence. Une association belle généreuse et magique qui a le pouvoir merveilleux, de faire apparaître des sourires et éclater des rires sur les visages d’ enfants hospitalisés. L’intervention de clowns dans les chambres, au pied des lits, apporte une parenthèse enchantée, douce, légère et câline. Un moment hors du temps nimbé de lumière et de couleurs vives, où l’enfant, d’un coup de baguette, est transporté en rêve hors de l’hôpital, loin des souffrances et des angoisses.

C’est en pensant à ces clowns bienveillants et à leur action bienfaisante, que Laurence Gillot et Vanessag Hié ont écrit et illustré cet album. L’histoire d’une petite écureuil, Lolotte, dont les jambes ne répondent plus, qui au fond de son lit, a mal et peur. et le cœur tout triste. En pleine nuit, la doctoresse file chercher Aurèle, l’ours-clown, pour divertir Lolotte lors d’une piqûre. Aurèle, infiniment touché par la petite écureuil est bien décidé à trouver le traitement miracle pour redonner vie à ses jambes. Seule l’Algus Blum – une algue marine poussant au bord de l’océan – peut guérir Lolotte. L’océan est bien loin de leurs montagnes, mais Docteur Rire n’est pas du genre à se laisser abattre. Sans attendre, il se rend chez son ami le cerf, un génial inventeur qui vient justement de mettre au point une machine roulante flottante et volante! Idéale pour un tel voyage! Ensemble, ils se lancent dans une aventure semée d’obstacles, mais tellement gratifiante. Parviendront-ils à ramener la fameuse algue bleue, salvatrice des maux de Lolotte? À vous de le découvrir!

Un album empli de péripéties, d’humanité, de douceur, de poésie, aux illustrations foisonnantes et pénétrantes. Et pour chaque livre acheté, 1 euro est reversé à l’association.

« Docteur Rire! murmura la malade. La petite écureuil était pâle. – Salut Popotte! dit Aurèle avant de se reprendre, euh Cocotte, ooohh Lolotte! Lolotte esquissa un faible sourire. – Je suis venu avec le tracteur des éléphants. Lolotte releva un sourcil. – Euh, je suis venu avec le docteur des enfants! rectifia Aurèle. Ah là là, je mange tous les pots! Euh, je mélange tous les mots, corrigea encore l’ours avant de faire des vocalises. – Voilà! dit-il enfin, j’ai remis mon alphabet en ordre. Lolotte adorait les bêtises de Docteur Rire. »

Docteur Rire, album écrit par Laurence Gillot et illustré par Vanessa Hié, à partir de 5 ans, L’étagère du bas, avril 2021 —

Le chemin de Léonie – Anne Cortey et Marion Barraud

Quand on est une fourmi, comme Léonie, on se doit d’être bosseuse. Efficace, persévérante, perfectionniste. Il faut tout faire vite et bien, garder le rythme. Toujours en cadence avec le reste de la fourmilière. Mais Léonie est différente. Plus lente. Elle, ce qu’elle aime, c’est lever la tête et regarder haut et loin. Imaginer, rêver. Elle adore observer la nature, ses couleurs ses senteurs ses caresses ses beautés et ses métamorphoses. Toutes ses sœurs qui s’agitent autour, prennent plaisir à se moquer de sa nonchalance. Et la surnomme « fourmi limace ». Cette vie-là l’étouffe et l’étourdit. Léonie n’a qu’une envie : partir en voyage! Prendre l’air, voir d’autres paysages. Respirer profondément, s’arrêter quand bon lui semble, s’aventurer sur des chemins plein de promesses.

Par bonheur, son souhait le plus cher va s’exaucer, car voilà qu’elle tombe un jour, sur une incroyable publicité : « Voyagez autrement avec l’agence Gastéropode! Plus c’est lent, plus c’est géant! » Un voyage à dos d’escargot, quelle aubaine! Pas facile pour Léonie de quitter sa famille, mais elle si heureuse d’aller ainsi sur le chemin, en quête de rencontres de sensations et autres découvertes! Un roman-nomade à glisser dans sa poche. Mille chemins à arpenter et à inventer en compagnie de Léonie. Se laisser fondre à l’envi parmi les mots doux et précieux d’Anne Cortey et les dessins tendres et chatoyants de Marion Barraud. Et surtout prendre le temps de prendre son temps.

« On voyage lentement. C’est un temps différent de celui du nid. Mais je ne m’ennuie jamais. Le monde paraît plus grand quand on prend le temps de l’observer. »

« Autour d’elle, des étoiles de fleurs de pissenlit volettent. Le ciel devient blanc de ces flocons du printemps. « C’est plus beau que la neige d’hiver », songe Léonie… »

Le chemin de Léonie, roman jeunesse écrit par Anne Cortey et illustré par Marion Barraud; dès 6 ans, collection Mouche, L’école des loisirs, mars 2021 –« 

La gigantesque petite chose – Beatrice Alemagna

Elle est discrète, imperceptible, mystérieuse. Pourtant elle immense. Tout en nuances, cette chose tisse des souvenirs – précieux -, passe et repasse – ou pas -, caresse et glisse – insaisissable -. On l’attend, l’envisage. Quand on la reçoit enfin, elle s’échappe, plus ou moins vite. Elle nous traverse, nous met du baume au cœur, des étoiles dans le regard, du rose aux joues, des sourires aux lèvres, de l’or dans les mains… On la trouve dans l’océan, dans le vent, dans la pluie, dans un flocon de neige. Dans un pli de la peau, dans une larme au coin des yeux, dans une image d’enfance, un parfum, une attention, un geste. Certains ne la verront jamais ou très peu, par peur, par malchance, par négligence, par malveillance… Cette chose est si belle – inestimable – qu’on n’ose pas la nommer. Quand elle est là, tout près, on l’aime, on l’admire, on la goûte, on la fleure, on l’effleure, on boit ses paroles. Splendide album dans lequel on se perd à l’envi, on rêve, on s’émerveille, on s’interroge aussi. Un texte poétique à souhait comme une devinette, des dessins gorgés de tendresse qui croquent avec délicatesse la fragilité et la beauté de cette gigantesque petite chose qu’est le bonheur.

« Un vieux monsieur l’a trouvé à l’intérieur d’un flocon de neige, dans le froid qui venait de loin. Pendant un moment, il a cru redevenir tout petit. »

« Beaucoup d’enfants, en grandissant, découvrent qu’elle n’est plus dans le tiroir des jouets, plus dans la boîte à bonbons. « Tant mieux comme ça », se disent-ils. »

La gigantesque petite chose, album de Beatrice Alemagna, dès 4 ans, Casterman, avril 2021 —

L’appel du large – Cathy Ytak et Laurent Corvaisier

Album monde… Un monde abîmé, mais tant aimé. Un monde vaste, ouvert à toutes les possibilités. Un monde qui appelle, à le réinventer. Défilent le bleu, le rouge, le jaune, le vert, l’oranger et toujours l’encre noire, comme ancrée en nous. Des sillons de couleurs, des traces comme autant de fissures, de rigoles, de plis, de sentiers à suivre. Le sillage des bateau en partance, l’appel de la mer, de l’ailleurs. L’horizon en ligne de mire. Cet album est un chant d’un lyrisme fou. Un appel comme une invitation à rêver, à imaginer, à dessiner l’avenir, à fuir pour mieux revenir. Un appel à observer, s’émerveiller, écouter, échanger, comprendre, à être attentif, créatif… malgré les tempêtes, le vent, le feu, l’eau, l’air, les chagrins, faire éclater sa joie sa violence aussi. Exploser, exulter. Un appel à aider, à protéger, à prendre soin de la planète de l’autre. Panser les blessures, caresser les cicatrices. Refaire surface, se redresser. Avec fierté, s’agiter, se mettre en mouvement, aller de l’avant. Chérir ses racines mais savoir aussi s’en éloigner, parfois. Respirer dans d’autres lieux, aimer, danser, aller venir, ensemble, seul. Laisser couler ses larmes. S’évader, mettre les voiles, s’envoler. Attendre. Réfléchir. Sourire. Se laisser porter par le courant. Faire front. Se sentir en osmose avec la nature, les animaux, les végétaux. Faire preuve de bienveillance envers les peuples en exil. Pour eux, s’animer, s’agiter dans la bonne direction. Tel un phare, les guider. Éviter le naufrage. Viser la lumière, raviver, construire. Voir large. Ne jamais s’estimer trop petit devant l’immensité. Au contraire, prendre le monde à bras le corps. Avec intensité, courage, énergie. On est vivant! Célébrons la Vie! Un album monde… éblouissant, étourdissant, remuant, ardent, mouvant, émouvant.

« On s’étire on va plus loin, on vise le ciel, on prévoit les étoiles »

« On crie on craque, on bouge on s’agite »

« On se noie on surnage, on se casse on respire »

L’appel du large, album écrit par Cathy Ytak et illustré par Laurent Corvaisier, dès 7 ans, éditions À pas de loup, avril 2021 —

Le jardin de Basilic – Sébastien Perez et Annelore Parot

Basilic a toujours dans sa poche mille questions, et quand il est chez Mamie Carotte, il peut les sortir à l’envi ; elle trouvera toujours les bons mots pour lui répondre, surtout lorsqu’il s’agit de choses du jardin. Car Mamie Carotte a un grand jardin, dont elle s’occupe merveilleusement bien du matin au soir avec attention et amour. Les manifestations belles drôles étonnantes de la nature n’ont pas de secret pour elle. Alors avec simplicité douceur et habileté, elle raconte à son petit-fils entre autres le rôle et les effets de la pollinisation, ou de quelle manière les arbres poussent. Le jardin de Basilic, une série « docu-fiction » pertinente tendre et ludique sur les beautés et les richesses de la nature aux illustrations chatoyantes pleines de délicatesse et de rondeur. De plus, chaque album se termine sur une double page d’explications pédagogiques. Une chouette série à glisser dans toutes les petites mains curieuses et amoureuses du monde végétal.

Le jardin de Basilic, Les fleurs tombent-elles amoureuses? et, Comment les arbres font-ils caca?, albums écrits par Sébastien Perez et illustrés par Annelore Parot, dès 3 ans, Père Castor, Flammarion Jeunesse, février 2021 —

Le poisson qui me souriait – Jimmy Liao

Dans une grande maison d’une ville immense, vit un homme. Seul. Dans un aquarium géant, d’une rue de cette immense ville, nage un poisson. Entouré de mille autres. Dès que l’homme passe devant, de jour comme de nuit, sous la pluie le soleil ou le vent, le poisson semble le regarder, et lui sourire. Alors ce qui devait arriver arrive ; l’homme, ravi, acquiert le gracieux poisson et le transporte chez lui. Ainsi, l’un et l’autre ne se quittent plus de la journée, naviguant ensemble de la cuisine au salon, de la salle de bains à la chambre. L’homme, heureux, a enfin comblé sa solitude, et le poisson dans son bocal ne cesse de sourire. Tout semble aller pour le mieux, sauf que cette nuit-là, un rêve bleu va doucement se muer en cauchemar. Au début, tout est beau : homme et poisson arpentent les rues sous les étoiles, contemplent l’éclat de la lune, esquissent quelques pas de danse, se perdent joyeusement dans la forêt, traversent des prairies jolies, admirent le coucher du soleil sur l’océan… puis se jettent follement dedans ; le poisson sort de son bocal, l’homme ôte ses vêtements. S’ensuit un ballet joyeux où l’un et l’autre évoluent sans étrave en communion avec les éléments. Jusqu’à ce que l’homme soit arrêté dans son élan. Se heurtant à une paroi vitrée… Il se réveille en sursaut, et de ses yeux effarés observe son poisson – qui sourit toujours – dans son bocal.. Une fable tendre et belle, pleine d’empathie, aux illustrations douces et lumineuses, qui abordent avec clairvoyance la relation de l’homme à l’animal et à la nature, et les notions de liberté et de conscience individuelle. Un bonheur de retrouver la plume les dessins la sensibilité la bienveillance de Jimmy Liao, auteur de Nuit étoilé, prix Sorcière 2021.

Le poisson qui me souriait, album jeunesse de Jimmy Liao, dès 5 ans, Hongfei éditions, mars 2021 —

Christine de Pizan, la clairvoyante – Anne Loyer et Claire Gaudriot

Il fallait être une forte tête pour braver ainsi la vie, comme l’a fait Christine de Pizan, en plein quatorzième siècle. Époque où la femme n’avait qu’une seule place, le foyer, qu’un seul rôle, servir son mari et élever leurs enfants, fusse-t-elle cultivée. Tout au long de son existence, de Venise où elle naquit, au monastère de Poissy où elle s’éteignit, Christine de Pizan n’eut de cesse de lutter contre les normes établies, d’apprendre – la littérature la musique le français le latin, d’avancer dans la vie avec ses propres armes à la mort de son époux en charge de ses trois enfants de sa mère et d’une nièce. Courageuse, déterminée, elle refusera de se remarier. Elle prendra la plume, écrira de la poésie, dénoncera les livres misogynes, convoquera dans ses histoires les personnages de la mythologie. En avance sur temps, elle sera journaliste et critique de la politique de la justice de ses contemporains. Et laissera à la postérité son ouvrage La Cité des dames, comme un trésor précieux à destination de toutes les femmes des générations futures. Ouvrant la première, une brèche, dans ce monde d’hommes, elle a clairement fait entendre sa voix, et montrer la voie à suivre aux écrivaines d’hier et d’aujourd’hui : George Sand, Emily Brontë, Colette, Marguerite Duras, Toni Morrison, Goliarda Sapienza, Virginia Woolf, Virginie Despentes, Karen Blixen et bien d’autres… Un album-documentaire inspiré et passionnant sur une femme puissante intelligente et empathique, sublimé par des illustrations incroyablement flamboyantes.

« Son destin, elle veut le prendre en main, au creux de sa paume exactement, avec pour unique arme une plume libre et affûtée ».

« Quel plaisir d’écrire pour vivre! »

« Avec son ouvrage La Cité des dames, elle s’emploie à les ressusciter pour répondre à la mission qu’elle s’est donnée : défendre les femmes, leur redonner la place qu’elles méritent dans la mémoire collective, leur bâtir une cité dédiée à leurs vertus. Utopiste, elle met en valeur « leur cœur d’homme ».

Christine de Pizan la clairvoyante, album jeunesse écrit par Anne Loyer et illustré par Claire Gaudriot, dès 7 ans, À pas de loup éditions, mars 2021 —

Totoche et la petite maison de Meredith – Catharina Valckx

Chemin faisant, son petit sac à la patte, Meredith la coccinelle aperçoit sous un arbre, une armoire blanche et bleue. Le dedans si beau si vaste lui plaît tellement, qu’elle en ferait bien sa maison de campagne…. Mais vient à passer l’ami Totoche. Et lui aussi, l’aime beaucoup, cette armoire. Idéale, pense-t-il pour y poser ses provisions. Alors ni une ni deux, il porte le meuble sur son dos, direction sa maison! Voilà que deux pas plus loin, une petite voix s’élève : Meredith avait déjà élu domicile à l’intérieur! Peu importe, les deux amis trouvent vite un compromis : ils installent la petite armoire chez Totoche. Ainsi, la maison de campagne est en bonne place, à l’abri des animaux sauvages et des intempéries et l’étagère du haut fait un parfait garde-manger. Seulement, l’odeur du camembert glissé au-dessus de la tête de Meredith est insoutenable… et la dispute, elle, est inévitable. De colère, Totoche ramène l’armoire sous l’arbre. Comme si rien ne s’était passé… enfin si, leur amitié est désormais, cassée. Quand tombe la nuit, pourtant, Totoche se met à trembler d’inquiétude……Et si un loup rôdait autour de l’armoire, avec à son bord, la si petite Meredith… Un album drôle tendre et prenant aux personnages attachants sur l’amitié et ses rouages : rester amis malgré les conflits, pouvoir compter l’un sur l’autre en confiance, savoir faire des concessions, être tolérant et solidaire.

Durant cette année, nous égrènerons les mois avec à chaque fois un thème choisi par l’une et l’autre alternativement. Le thème de Mars était La maison. Nous devions chroniquer en secret un livre s’y rapportant. Et délicieusement le découvrir ensemble aujourd’hui! Voici les chroniques de Nadine, Le bison, Anthony

Le thème d’avril sera : Le voyage

Venez à bord de notre Transat, vous êtes les bienvenus!

Totoche et la petite maison de Meredith, album de Catharina Valckx, l’école des loisirs, première parution en 2005 —

Thomas – Martine Arpin et Claude K. Dubois


La maman de Thomas s’en est allée. Pour toujours. Un trou dans la terre un hiver, un trou dans son cœur d’enfant. Un creux silencieux et froid, douloureux et lourd. L’absence y résonne si fort…. Thomas a besoin de combler ce vide, trouver une personne qui pourra réparer ce cœur brisé. Sa mère aurait su, elle, ce qu’il fallait faire… mais elle n’est plus là. Alors il cherche, il marche à travers la ville, rencontre la couturière le docteur le menuisier, mais aucun d’eux ne connaît de remède pour soulager le cœur, cicatriser la douleur, estomper la peur, apporter de la douceur de la chaleur. La tristesse, ça ne se reprise pas, il n’existe pas de pansement ni d’instrument. En rentrant chez lui, il voit son père, assis en haut de l’escalier. Et par terre, tout autour de lui, des photos d’elle. Par dizaines. Ensemble, ils regardent le visage tant aimé et ils sourient. Ils sourient parce que l’un et l’autre sentent soudain leur cœur se remplir. Se remplir d’un amour immense. Immenses sont leurs souvenirs – des rires en cascades des gestes doux une voix inoubliable des histoires des regards une robe rose un parfum éternel le bruit des vagues des châteaux de sable ses yeux verts… Verts comme ceux de Thomas. Thomas qui sait désormais comment faire pour que son cœur soit plein. Un album triste et beau, doux et fin. Les larmes perlent, les sentiments parlent, et une lumière inattendue déferle.

« Dans ce grand trou qui avait pris place dans mon cœur, j’ai décidé de mettre de petits morceaux de ma maman. »

Thomas, album jeunesse écrit par Martine Arpin et illustré par Claude K. Dubois, à partir de 5 ans, éditions Deux, mars 2021 —