La balade de Koïshi – Agnès Domergue et Cécile Hudrisier

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Sous un soleil printanier, lové sur les brins d’une rizière, Koïshi s’éveille à la vie. Dans sa poche, un grain de riz… Il se lève vacille et avance sur le chemin qui s’offre à lui. Bientôt il cavale à travers les cailloux, tout petit mais si vif. Il entend siffler un oiseau, respire le parfum d’une fleur pleine de la promesse d’un fruit, rencontre un canard qui l’accompagnera jusqu’à l’automne. L’été arrivera avec sa lumière sa chaleur ses couleurs acidulées. Le chemin parfois sera difficile, voire périlleux. Certaines traversées feront chavirer le corps le cœur et les sentiments de Koïshi. Puis le ciel se chargera de nuages gris et de pluie. Les feuilles des arbres entameront leur valse automnale. La fatigue tombera sur les épaules de Koïshi, un bâton soutiendra ses membres endoloris. Le froid et le silence de l’hiver l’envelopperont doucement… Le temps a passé sur le paysage, égrenant les quatre saisons. Le cycle ne cesse jamais. Il bat la mesure, rythme le vivant. Naturellement, le printemps fera son retour. Et le grain de riz dans la poche de Koïshi s’enracinera dans la terre qui l’attend.

D’une poésie inouïe, cet album déroule la vie en une balade merveilleusement aquarellée. Livre leporello, l’histoire se déploie face à nous et notre imaginaire avec elle.

Beau et émouvant.

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—  La balade de Koïshi, album écrit par Agnès Domergue et illustré par Cécile Hudrisier, à partir de 5 ans, Grasset Jeunesse, Février 2019 —

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Comme elle l’imagine – Stéphanie Dupays

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Passionnément amoureuse de Vincent, Laure vit dans l’impatience de le retrouver. Chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde… ses pensée sont pleines de lui, son corps vibre, son cœur palpite, ses yeux scrutent l’écran. Souvent, elle attend. Un temps qui dure toujours trop longtemps. Et puis apparaît le point vert, signalant sa présence. À l’autre bout des lignes entrelacées.

Cet homme, elle ne l’a donc jamais vu en vrai. In the real life. Il l’a charmée par ses mots, la tournure de ses phrases, sa drôlerie, ses références littéraires et cinématographiques, ses réparties… à travers des commentaires laissés ici et là sous un post une photo, des dialogues régulièrement interrompus et repris plus tard, des messages privés, des sms endiablés… Tous ses mots accumulés comme autant de perles de bijoux, elle les a lus et relus, envisagés et interprétés, embellis peut-être.

Laure a quarante ans, elle est professeure de lettres à la Sorbonne, spécialiste de Gustave Flaubert. Considérer le langage, le déchiffrer, l’explorer, est son métier. Se documenter, enquêter, synthétiser, aussi. Ainsi, le profil de Vincent est passé au crible. Ce qu’il peine à confier, elle le découvre. Du moins, elle essaie. Mais le virtuel n’est-il pas le lieu idéal de la mystification ?

Elle aime, alors elle ne voit que ce qu’elle veut voir. Par romantisme, sûrement. Elle erre dans l’entrelacs de tous les signes qui s’offrent à elle. Les fait défiler, en accroche un au passage, le dissèque, émet des hypothèses. La jalousie s’immisce, infailliblement. Le fantasme aussi.

De son imagination, Vincent devient un personnage. Elle crée les vides, les blancs, les implicites, que l’homme derrière son écran ne lui livre pas spontanément. Elle invente, sans s’en rendre compte.  Perdue quelque part entre le réel et le virtuel.

Et lui semble jouer avec elle, ses sentiments, sa solitude, son désir. Quelquefois lucide, elle est souvent rêveuse. Toujours seule, elle a besoin d’aimer et de se sentir aimée. Et Vincent semble partager tellement de choses avec elle. Leur profil est si proche.

Après cinq mois d’échanges, ils se rencontreront. Ce passage au réel sera-t-il un enchantement, une désillusion, un bonheur, une erreur?

Ce roman est un délice d’élégance et de pertinence. Le discours amoureux aujourd’hui est-il déformé sous le prisme de l’ère numérique? Existe-t-il de nouveaux codes, des manières différentes de séduire et d’être séduit? Stéphanie Dupays nous transporte avec elle dans une spirale de questionnement sur l’amour son éblouissement ses hésitations ses craintes ses oscillations, sur le désir l’attente la poétisation.

Absolument brillant.

« On ne fixait plus le téléphone dans l’espoir de le faire sonner, on n’ouvrait plus fébrilement sa boîte aux lettres. La technologie avait instauré une nouvelle temporalité. L’attente ne se mesurait plus en quelques jours et en semaines mais en secondes ou minutes : dès l’envoi du message, l’amoureux plongeait dans l’incertitude. »

« Comment Laure avait-elle rencontré Vincent? S’il fallait l’exprimer sous forme d’un titre de roman, elle répondrait La nuit et le moment. Laure souffrait d’une déformation professionnelle : elle voyait le réel à travers les livres. Enfin, plus exactement, elle n’en souffrait pas. Elle avait besoin des mots des autres pour décoder les êtres et les choses ; interposer la littérature entre elle et le monde la protégeait. Elle n’aurait su dire de quoi. »

« Elle prenait conscience que, malgré ses déclarations d’indépendance, la solitude commençait à lui peser. À vingt ans, le célibat n’était qu’une étape qu’un avenir plein de promesses reléguerait au rang des souvenirs un peu pénibles ; à trente ans, être célibataire commençait à devenir moins enviable, presque incongru. À presque quarante, Laure semblait entendre se former dans la tête de ses amis les pensées interrogatrices « Qu’est-ce qui cloche chez elle? » ou réprobatrices « Quand va-t-elle enfin grandir ».

Comme elle l’imagine, roman de Stéphanie Dupays, éditions Mercure de France, mars 2019 —

L’autre pays – Ingrid Chabbert et Guridi

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Un enfant doit partir de chez lui. Quitter l’endroit où il est né, laisser derrière lui un bout de son enfance, une partie de sa famille, ses amis, des voisins, une terre qu’il a foulée tant de fois. Il lui faut fuir sous la mitraille, s’éloigner des flammes, des jours sombres et des nuits bruyantes. S’il ne comprend pas tout – il est si petit – il observe sur les visages de ses parents inquiétude et angoisse. Sa maman lui dit qu’ailleurs ce sera mieux, même ses rêves « seront plus jolis ». Alors il part avec eux pour un long voyage, à pied, en bus, en camion, en voiture, en bateau… il suit les siens au plus près, tenant une des trois pattes de son doudou rose. Aux portes de l’autre pays, il s’aperçoit que ses mains sont vides : sa peluche adorée, celle qui a fait tout ce chemin à ses côté,  lui a apporté tant de douceur, a disparu. Son cœur est partagé entre la tristesse de cette perte et l’espoir d’un avenir plus doux qui brille dans les yeux de ses parents face à cette nouvelle terre.

L’enfant si petit au début de l’histoire a, sous les crayons de Gurudi et les mots délicats d’Ingrid Chabbert, bien grandi. Il est prêt à continuer la route qui s’étale, à marcher sur les traces de « ceux qui sont arrivés avant lui », à trouver un refuge. Sans doudou. Avec courage. Sa vie sera autre. Différente, forcément. Elle sera sûrement parsemée d’embûches mais aussi constellée de belles rencontres.

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L’autre pays, album d’Ingrid Chabbert et Guridi, à partir de 7 ans, éditions Frimousse – la question (l’album philo) – février 2019 —

 

L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine – Agnès Debacker et Anaïs Brunet

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Quand le cœur de Simone cesse de battre, celui de Simon dix ans, se presse. Cette accélération dans sa vie, il ne l’avait pas envisagée. Elle avait été sa nourrice, sa grande amie, sa confidente. Celle qui avait l’oreille pour l’écouter, le regard pour le rassurer, les bras pour l’enlacer, les mains pour cuisiner de drôles de gâteaux au gingembre, des idées de jeux plein la tête, de la fantaisie dans les yeux. Il l’aimait tant, cette vieille dame.
Une peine immense s’est emparée de lui. Elle plus là, c’est son enfance à lui qui s’en va. Il a beau se faire répéter l’histoire de la mort de Simone par Françoise la concierge, cet arrêt du cœur au petit matin, ce visage sans mouvement sur la table, entre sa tasse à café et sa tartine de confiture… Simon est sonné et ne s’en remet pas.
Il a bien compris qu’elle ne reviendrait pas. Mais que faire après ça? Tout ce silence, ce vide, ce manque, cette absence. Ce rien, si pesant. Le cœur de Simon s’assombrit.
Puis il se souvient de sa fameuse théière rouge dans la cuisine. Le refuge de petits papiers pliés, de souhaits improbables, de vœux inavouables. La planque des désirs, la cachette aux secrets. Ils avaient l’habitude tous les deux d’y glisser leurs rêves.
Sans le dire à personne, il entrera dans l’appartement de Simone. Les odeurs d’hier seront toujours dans l’air, les meubles n’auront pas bougé de place. Le temps semblera s’être arrêté, comme le cœur de son amie bien-aimée. La théière sous le bras, il s’échappera. Et dans sa chambre à lui, la renversera sur le sol et commencera sa lecture.
Coulera alors le flot des souvenirs, et avec lui des mots doux et chauds, ceux d’un amour grand et beau.
S’ensuivra une quête solaire où réel et imaginaire se mêleront. Des vagues de couleurs des effluves de parfums, des sensations des émotions, une mer une guerre, un pays lointain des lettres… Un passé qui revient avec ses bonheurs et ses peines. Une histoire d’amour et de mots, qui apaisera le cœur de Simon, en y laissant entrer à nouveau, la lumière.

« Finalement, certains objets de défunts ont raison de ne pas disparaître. Ils sont comme des morceaux d’eux. Cette théière, à l’allure altière, c’est un peu des bouts de Simone planqués sur ma moquette. Des morceaux d’elle échappés de la mort. »

« De nouveau, je vais devoir me confronter au canapé, au fauteuil et à la table basse. De nouveau, je vais voir la grande porte vitrée de la cuisine, peut-être même vais-je devoir y rentrer et, inexorablement, je vais revoir Simone morte avec une tartine de confiture à la main. De nouveau, mon corps chavirera. Mais il y a l’odeur. Y songer me donne du courage. Cette chère odeur de chez Simone. Je vais humer l’air à m’en étourdir et ainsi la graver à tout jamais dans ma mémoire. Les jours de tristesse, je l’appellerai à la rescousse et elle calmera ma peine. Non, la mort n’est pas la seule à rôder dans cet appartement. »

« Je pense à la vie, comme elle est surprenante, triste et belle à la fois. »

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L’arrêt du cœur ou comment Simon découvrit l’amour dans une cuisine, roman écrit par Agnès Debacker et illustré par Anaïs Brunet, à partir de 9 ans, éditions MeMo, collection Polynie, février 2019 —

La part du héros – Andrea Marcolongo

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Après son essai singulier et captivant La langue géniale, sa déclaration d’amour au Grec ancien, Andrea Marcolongo revient nous ravir et nous transporte cette fois à bord de l’Argo, le premier bateau à prendre la mer, au côté de Jason et ses amis.  Avec sagacité et sensibilité, elle va entrelacer chronologiquement le récit du Mythe des Argonautes – raconté par Apollonios de Rhodes dans les Argonautiques – et son propre cheminement intérieur, où elle tend à une universalité.

Ce voyage en quête de la Toison d’Or fait de découvertes, d’expériences, de rencontres, d’obstacles, est une traversée riche en sensations, en bouleversements, en émotions. Jason ne sera plus le même à son retour. Il aura connu l’échec et la réussite, la joie et la peine, la peur, le courage, l’audace, l’amitié et l’amour avec la belle et fascinante Médée…

Selon Andrea Marcolongo, nous sommes tous des Argonautes, aujourd’hui. Nous sommes les héros de notre vie. Sa traversée n’est pas un long fleuve tranquille, et nous en sommes responsable. Au fil de l’existence, on expérimente, on risque, on gagne, on perd, on tombe, on se relève…

Andrea Marcolongo parle en son nom, évoque des périodes de sa vie intime (perte de sa mère, anorexie, études) et de nombreuses situations auxquelles on peut tous s’identifier. Elle aborde ainsi divers sujets contemporains qu’elle « analyse », souvent avec pertinence, mais on ne peut s’empêcher d’y voir parfois un jugement hâtif ou trop convenu. En revanche, son travail sur les mots, leur étymologie est passionnant.

L’idée de mettre Le mythe des Argonautes au diapason du monde actuel est belle et pleine de bons sens. Le voyage est prenant et favorise une réflexion sur nous-même. Un petit bémol toutefois, le texte est inégal – on frôle parfois le livre de développement personnel.

« Si seulement nous pouvions ne pas oublier que nous avons été un jour des Argonautes à qui peu importait que tout le monde dise c’est impossible – pour nous, non seulement c’est possible, mais nécessaire. Nous avions l’urgence, le besoin de tenter, pour ensuite vivre. Inaccomplissement : voilà le nom exact de ce qui nous arrive, à nous tous, voyageurs sans cap. À toi aussi. À toi qui a perdu le contrôle de ton navire. Une tempête en a éraflé la coque. Ou bien il s’est échoué quelque part, en un endroit qui n’était pas prévu sur tes cartes, qui n’était pas tracé – et maintenant tu ne peux plus dire ça ne dépend pas de moi, ce n’est pas ma faute. Tu as raison, mais cela ne sert à rien. »

« Pendant des années, j’ai eu une peur folle de devenir écrivain. J’avais peur parce que je n’écrivais pas. Et j’étais en colère parce que j’avais peur. Je demandais, j’aspirais à pouvoir écrire, telle était là ma Toison d’Or. Mais je n’avais pas compris que ma bataille était vaine, grammaticalement incorrecte : je ne prenais jamais en considération ce qui m’en empêchait. Je me trompais sans cesse de cap, je me perdais à la moindre houle. Maintenant je connais le nom de ce quelque chose : cela s’appelle un alibi. C’est-à-dire, par l’union de deux mots latins alius, »autre », et ubi, « là », ailleurs. Je voulais à tout prix écrire, mais chaque fois que j’essayais de me mettre en route vers l’écriture, je m’inventais mille excuses pour m’arrêter ailleurs, dans le premier port sûr où débarquer, en oubliant bien vite de repartir. »

« Mais à la différence de l’Iiade et de l’Odyssée, l’unique protagoniste féminin des Argonautiques est Médée, qui est la synthèse, le prologue et l’épilogue des femmes d’Homère. L’indice, la trace, le tout. C’est la solitude, et la multiplicité à la fois, de Médée qui nous éblouissent. C’est Médée toute seule, mais ce sont en même temps toutes les femmes d’Homère – Calypsô l’amoureuse, Andromaque l’alliée, Circé la sans-scrupule, la magnifique Hélène, la sage Nausicaa -, l’étrangère connaît de chacune d’elles les sentiments, et les actes. Médée représente toutes les femmes qui habitent en nous. Filles, mères, épouses, amantes, séductrices, amies, depuis le jour où nous sommes venues au monde, au féminin. »

La part du héros, le mythe des Argonautes et le courage d’aimer, essai d’Andrea Marcolongo, éditions Les Belles Lettres, février 2019 —

Les plumes d’Asphodèle (4)

lesrosesmonet.jpgLes roses – Claude Monet

Notes pour plus tard

Il n’y a pas de hasard,
Pour donner du sens à l’existence.
Prendre le plaisir là où il est,
En humer la quintessence,
De quelques grains, modeler un chapelet,
Un bijou précieux, singulier et bizarre.

Comme une rose que l’on n’ose pas cueillir,
De peur de la froisser,
Lentement, faire grandir le désir naissant.
S’en délecter, en profiter, le tisser.
Le couvrir de baisers fracassants.
D’attentions en caresses, l’entretenir.

Chanter aujourd’hui
Les lendemains enchanteurs.
Sortir du bocal, le rouge poisson.
L’eau est plus claire ailleurs.
Se libérer des contrefaçons,
Des poses et de l’ennui.

Sans en perdre son latin,
Comme sur la margelle d’un puits,
Garder l’équilibre
Et travailler ses appuis.
D’un geste libre
Avancer, l’esprit serein.

Bannir la prolifération d’ idées noires
et de rêves dévorés
Ne pas prôner l’immédiateté,
Imaginer des songes dorés.
L’époque décadente, l’oublier.
N’en tirer aucune gloire.

Les mots à insérer dans le texte étaient : PLAISIR, HASARD, PROFITER, CUEILLIR, AUJOURD’HUI, LENDEMAIN, ROSE, SEREIN, POISSON, PROLIFERATION, LATIN, IMMEDIATETE, MARGELLE, DESIR, DECADENT, DEVORE

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Les textes des autres participants sont chez Emilie

Oh là-haut! – Popy Matigot

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S’ils avaient pu atteindre les étoiles tout là-haut, ils n’auraient pas eu peur d’y aller. Car chez les holahos, plus ils étaient loin du sol – et des autres -, mieux ils respiraient. Ils aimaient se retrouver seuls dans leur maison-pigeonnier, profiter de leur tranquillité, sans personne à qui parler. Le bonheur! Les maisons avaient tout de même des échelles des escaliers et autres cordes ; il fallait bien descendre sur terre, quelquefois! Être continuellement perché était impossible : il fallait satisfaire certains besoins vitaux… Quoique depuis l’arrivée de Piou, un petit holaho agile et serviable, rare était celui qui quittait son logis. Piou allait d’une maison à l’autre transmettre les nouvelles. Il faisait le lien entre eux tous, car c’est bien beau de s’installer dans une bulle mais parfois il est nécessaire d’échanger des idées et des sentiments… Mais le pauvre Piou, éreinté, était tellement sollicité, qu’il se mit à perdre le fil des conversations et s’emmêla les pinceaux. Les messages livrés furent erronés, les malentendus s’accumulèrent, les fausses informations s’entassèrent…. et les holahos se fâchèrent! S’ensuivit une dispute géantissime qui ébranla les esprits et les maisons… La chute était inévitable! Et si en fait le bonheur était là, tout en bas, au même niveau, ensemble?

Oh qu’il est beau cet album! J’aime ses couleurs vives, ses formes géométriques, ses personnages si bien croqués, les dessins en mouvement et forcément l’essentiel : l’importance de la communication, du dialogue, de la solidarité, de la fraternité et de la cohabitation harmonieuse entre les gens.

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Oh là Haut ! album de Popy Matigot, dès 5 ans, éditions Helvetiq, mars 2019 —