Chamber Music suivi de Pomes Penyeach – James Joyce – traduit annoté et présenté par Pierre Troullier

Qu’il est doux et fort de lire de la poésie. Se laisser envelopper par l’instant, s’attarder sur les mots, leurs assonances et autres allitérations, leur sensualité, leur petite musique, leur grâce, leurs luttes, leurs percussions, leurs impulsions. S’abandonner aux sentiments, aux rythmes, à la magie qui se dégagent des vers du poète. À voix haute, flâner d’un poème à l’autre, et être transporté tantôt dans une rêverie exquise, tantôt dans une réalité parfois âpre. Qu’elle soit classique, contemporaine, lyrique, urbaine… faire entrer la poésie en soi. Prendre le temps, laisser infuser, se ravir d’une rime comme d’un tableau, se délecter des trouvailles, du style, débusquer des émotions, qui résonnent.

Que j’ai aimé lire les poèmes de James Joyce. Deux recueils en un, Chamber Music suivi de Pomes Penyeach, un écrin où recèlent des bijoux traversés par l’amour courtois. Le désir, l’amour naissant, l’embrasement, l’amour finissant, la mélancolie, le doux souvenir. Il y quelque chose de Verlaine bien sûr ; les paysages bucoliques, la forêt les bosquets, les ruisseaux l’azur, la danse la musique le chant, le vent les rubans, la lune les serments, extases et clair-obscur … Il y a une ponctuation vive – exclamations interrogations – qui insuffle allure folle, harmonie, enthousiasme et ardeur. Dans Pomes Penyeach, les poèmes se font plus inventifs – moins classiques -, et s’attachent moins à l’amour mais davantage au cheminement du poète, dans l’espace, dans le temps. Dublin, Trieste, Zurich, Paris…

Quelle belle idée et quel bonheur de découvrir le poème original et sa traduction. Aller de l’un à l’autre, savourer chacun, avec sa propre musicalité, son propre rythme. Pierre Troullier n’a pas fait qu’une simple traduction, il a écrit une traduction – versifiée et rimée. Nuance essentielle. Il a, de plus, rédigé une préface limpide et prenante.

Un recueil délicat d’un homme dont j’ignorais la poésie. Pour moi, Joyce était l’auteur d’Ulysse, ce roman qui m’intimide tant. Cette promenade poétique a donc suscité chez moi une grande curiosité et m’a donné envie d’oser enfin ouvrir son grand livre, de pénétrer dans son odyssée.

Chamber Music suivi de Pomes Penyeach, recueil de poèmes de James Joyce traduit de l’anglais (Irlande) annoté et préfacé par Pierre Troullier, Orphée La Différence, 2017 —

3 commentaires sur “Chamber Music suivi de Pomes Penyeach – James Joyce – traduit annoté et présenté par Pierre Troullier

  1. Quelle belle chronique Nadège ! Tout comme toi je n’ai encore jamais oser lire « Ulysse » de James Joyce. Ce que tu dis de ses poèmes, de la sensation qui nous habite lorsque l’on lit de la poésie, c’est juste et beau ! Excellent weekend à toi

    1. Merci infiniment de tes mots Frédéric. Je ne vais plus sur ton blog – je te prie de m’excuser -, le mien me sert désormais seulement de support d’archivage… je ne parviens pas à être sur plusieurs endroits en même temps… Comme peu de gens me lisent ici, je me suis installée sur Instagram – où il y a davantage d’interactions je trouve, enfin pour l’instant… – Je t’embrasse.

      1. Je comprends Nadège. Je prends toujours autant de plaisir à te lire sur ton blog. C’est chouette pour Instagram. Il faudra que je m’y inscrive. Beau dimanche. Bises bretonnes ensoleillées ici en Bretagne 🙂☀️

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