Liv Maria – Julia Kerninon

Insaisissable Liv Maria. Dans l’élan, toujours. Décidée et terriblement libre. Depuis l’enfance, cette fille née de l’amour d’une insulaire bretonne charismatique tenancière d’un café et d’un marin norvégien grand lecteur de Faulkner London Becket Hardy, est comme le roseau ; les événements de la vie doux durs amers s’enchaînent, la font plier parfois, mais jamais elle ne se brise. Des mains qui n’auraient pas dû la toucher incitent ses parents à l’éloigner de l’île. Liv a dix-sept ans quand elle arrive à Berlin ; un autre pays d’autres paysages, d’autres visages. Étudiante, elle devient la maîtresse d’un de ses professeurs, Fergus, loin de sa femme et ses enfants. Une passion qui s’achèvera par le retour de Fergus chez lui, en Irlande. Liv revient sur la terre qui l’a vu naître, vide de son amour perdu et désespérée par le décès brutal de ses parents tant aimés. Elle s’occupera un temps du café qu’elle transformera en hôtel puis se lasse. S’envole pour le Chili ; une nouvelle vie, de nouvelles rencontres, des bracelets dorés, des chevaux, de l’argent, des amants, puis l’arrivée dans son cœur de Flynn, irlandais lui-aussi. Un amour débordant, un enfant dans le ventre ; ensemble ils s’installent en Irlande. La mouvante l’aventureuse la lumineuse l’audacieuse Liv, devient maman, libraire, et malgré elle, une héroïne tragédienne dissimulant un secret coupable. Épouse amoureuse mais éteinte, mère mais femme aux identités multiples, elle qui pensait que la maternité la changerait semble être la même, avec son passé, son tumulte, ses désirs d’évasion, de diversité. Emplie au plus profond de plusieurs vies, de chemins clandestins, d’un besoin irrépressible d’indépendance, comment concilier hier aujourd’hui et demain? Un portrait de femme beau étourdissant énigmatique éblouissant.

« Ce qu’on pouvait faire avec un corps – avec deux corps. Les frottant l’un contre l’autre comme des silex, longtemps, patiemment, jusqu’à faire jaillir des étincelles, puis le feu, le feu ravageant tout. Elle n’avait jamais deviné, jamais soupçonné la transformation qui s’opérait lorsque deux corps se touchaient – comment les peaux cessaient d’être peaux, les muscles d’être muscles, comment tout cela semblait se redresser et se mettre à chanter. C’était l’odeur de la pluie sur la route, sur la terre, dans les herbes. « 

« Que saisissons-nous des gens, la première fois que nous posons les yeux sur eux? Leur vérité, ou plutôt leur couverture? Leur vernis, ou leur écorce? Avons-nous à ce moment-là une chance unique de les percer à jour, ou est-ce que cet espoir est absolument vain, parce que le premier regard passe toujours à côté de ce qui est important? »

« Nous avons si souvent l’impression que nos mots ne sont pas à la hauteur de ce que nous voudrions vraiment dire, pensait Liv Maria, que nous oublions que c’est parfois exactement l’inverse qui se produit – que dans la multitude des phrases que nous prononçons, certaines sont plus exactes, plus précises, plus judicieuses que nous ne pouvons le deviner. »

« Quand on aime quelqu’un, ses défauts nous demeurent inconnus comme s’ils étaient des pleins s’encastrant parfaitement dans nos creux, mais sans amour, tout le monde est invivable. »

« Mais le contraire d’oublier, Liv Maria, ce n’est pas se souvenir – c’est apprendre. »

Liv Maria, roman de Julia Kerninon, éditions L’iconoclaste, août 2020 —

2 commentaires sur “Liv Maria – Julia Kerninon

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s