La collectionneuse – Agnès Vannouvong

collectionneuse

Frédérique, détective privée, passe ses heures à observer les allées et venues  des amants infidèles, à surveiller leurs gestes, planquée dans une voiture. De longs moments immobiles, dans le silence. À l’agence, elle traîne ses vingt-cinq ans, son inexpérience, ses angoisses, sa défiance, ses désirs refoulés. Et sa triste solitude depuis que son amie l’a quittée. Une enquête singulière, une plongée dans les abysses de l’art contemporain, lui est confié. Pierre Suzanne, un grand galeriste demande à l’agence de retrouver la piste d’un tableau inestimable, L’homme au lavabo de Francis Bacon et de sa précieuse propriétaire la richissime extravagante splendide collectionneuse Victoria Lanzman. Assistée de George, limier et spécialiste en histoire de l’art, Frédérique va arpenter les lieux où est passée Victoria  – Paris, Bruxelles, Pattaya, Hong Kong, Bâle, Miami. Et là, c’est un monde surprenant et secret qui s’ouvre à elle ;  la beauté le génie l’argent le luxe la volupté la puissance la vanité le fantasme se mêlent et esquissent au fur et à mesure de son cheminement un portrait saisissant de Victoria. Et l’éveil de son désir enfoui.
Un polar envoûtant où la peinture aux corps et aux visages disloqués  de Bacon résonne, où l’écriture vive et joueuse détonne. Un voyage à travers le monde de l’art et une odyssée intime.

« Je vous dis un mot du tableau? L’homme au lavabo, 1976, format 198 x 147, huile sur toile, le personnage central veut disparaître dans le lavabo, il semble coupé de lui-même et du monde, encerclé dans une arène, en fuite, sans identité et en mouvement, sous ses pieds, un trou, les couleurs, jaune, rouge et noir. Cette œuvre parle du monde tel qu’il est, des hommes et de leur folie, je voudrais le revoir. Victoria était fascinée par cette toile. C’était la pièce maîtresse de sa collection. »

« Aux terrasses de café, au bistrot, aux feux rouges, au supermarché, chez l’épicier, aux caisses et aux sorties des grands magasins, dans la rue, au parc, au square, elle mate. Elle passe sa vie à ça. Elle contemple  les fesses, les jambes, les seins, les peaux, les visages. (…) Frédérique se rêve en hyperconquérante mais quand les jambes en coton s’approchent de la proie, elle menace de tomber, glisser, s’échouer comme une patelle sur un rocher. Frédérique se rattrape à une balustrade imaginaire et finit par se tirer dare-dare en renversant tout sur son passage. Frédérique + les femmes, c’est une série de rendez-vous manqués, une somme de timidité et une suite de regrets. »

« Cette enquête est démesurée, les lieux, les gens, les événements. À cet instant précis, il comprend que l’art attire le pouvoir et que le monde a besoin de la spiritualité des artistes pour vivre. Il se demande à quel point l’art est une puissance monnayable qui permet de dominer l’autre. »

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La collectionneuse, roman d’Agnès Vannouvong, Mercure de France, août 2019 —

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