L’odyssée du distingué Professeur Chandra – Rajeev Balasubramanyam

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Remporter le prix Nobel d’économie est une obsession pour le professeur Chandra. Il ne pense qu’à ça. Raté de peu l’année dernière, il est sûr de le recevoir cette fois. Il a même écrit son discours. Il ne peut en être autrement, et pourtant… il ne sera pas récompensé. L’homme, bientôt septuagénaire, est dépité. Abasourdi, amer et morose, il traverse le campus de Cambridge ; tant de travail, d’effort, d’application, de concentration, tant d’années à étudier à enseigner à partager,  tout ce temps passé à l’université. Sonné, il ne voit pas le vélo arriver. C’est l’accident. Le professeur Chandra finit sur un lit d’hôpital.
Choqué, son existence défile. Et alors? Sa carrière, hier à son acmé, est aujourd’hui empêchée. Et sa famille? Sa femme l’a quitté pour un autre depuis des années, elle est partie avec sa plus jeune fille aux États-Unis. Fâché avec sa grande fille depuis longtemps, il n’a plus aucune nouvelle d’elle et ne sait même pas où elle vit. Quant à son fils, un expert dans le développement personnel, il habite à Hong-Kong.
Son médecin l’invite à ralentir, à définir ses priorités, à aller vers l’apaisement. Ainsi, l’infatué professeur va partir en quête du bonheur. Dans une démarche d’épanouissement personnel, de connaissance de soi, va tenter de reconstruire les liens avec sa famille. Une remise en cause semée d’embûches…
Sur le ton de la comédie, avec pour fil conducteur le développement personnel, l’auteur aborde les relations parentales et filiales, l’adolescence et les non-dits,  parle de l’emprise du travail de la société de consommation, révèle nos contradictions nos peurs nos rêves. On sourit, on s’interroge, mais on s’ennuie aussi. Je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce roman.

« – Les limites sont des garde-fous. Les adolescents ne veulent pas qu’on les protège. Ils veulent franchir la ligne et voir ce qui va se passer. D’où l’importance de bien réfléchir aux limites qui valent la peine d’être tracées. N’est-ce pas Chandrasekhar? – J’ai l’impression que peu importe ce qu’on fait ou ce qu’on aurait dû faire(…) Limites ou pas, on n’a aucune prise sur nos enfants. On ne contrôle rien , vraiment. Quand j’y réfléchis, quand je me donne la peine d’y réfléchir sérieusement, je m’aperçois qu’en réalité il n’y a pas de limite. Aucune. Nous faisons juste semblant de croire qu’elles sont bien là. »

« C’est ça, la vie, n’est-ce pas? Vous pouvez prendre n’importe quelle décision, les conséquences de vos actes sont déterminées par une puissance extérieure  dont l’imagination dépasse de loin la vôtre. Qui aurait pu prévoir le sida et le virus Ebola? Ou qu’une personne enverrait un avion dans le World Trade Center, un mardi matin ensoleillé? Et qui aurait pu prévoir que sa benjamine  – la plus adorable, la plus aimante des enfants, une fillette qui à l’âge de cinq ans s’endormait avec des lunettes d’aviateur des années 1930 pour imiter Amy Johnson, son héroïne préférée -, qui aurait pu prévoir qu’elle ferait une chose pareille? »

L’odyssée du distingué Professeur Chandra, roman de Rajeev Balasubramanyam, traduit de l’anglais (Angleterre) par Aline Azoulay-Pacvon, collection La belle étoile éditions Marabout, août 2019 —

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