On ne meurt pas d’amour – Géraldine Dalban-Moreynas

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Il était une fois un adultère. Un homme une femme. Un coup de foudre. Qui prend évidemment, par surprise. Qui forcément, bouleverse les esprits les cœurs et les corps. Et qui infailliblement, pétrifie la raison. Tous deux sont mariés, lui est père d’une petite fille. C’est inéluctable, leur désir est plus fort que tout, aucune résistance n’est possible. Le sentiment amoureux s’est emparé d’eux, les voilà dans une bulle. À compter les heures les minutes, à user de stratagèmes et de mensonges, pour se voir. Ils jouissent de chaque instant passé ensemble. Ils savent qu’un jour, ils auront mal. Mais l’espoir toujours subsiste. Des vagues d’émotions diverses ; des rires et des larmes, de la peur et de la tristesse, de l’impatience et de l’euphorie… La décision, sans cesse repoussée, arrivera pourtant. Inexorable.
L’homme et la femme ne seront jamais nommés, pas plus que les autres personnages. La passion dévastatrice – attraction fusionnelle – prendra inévitablement le pas sur l’amour – attraction affective -. L’écriture est fluide, limpide, proche de l’oralité. Comme si l’autrice était à nos côtés et racontait l’histoire, à voix haute. Naturellement, vivement, crûment. Avec une certaine froideur. Le cadre « bourgeois-bohème-parisien » aurait pu m’agacer, les nombreux textos aussi, mais finalement l’important ce sont les deux personnages, l’évolution presque au jour le jour de leurs sentiments. Des montagnes russes. Un premier roman captivant.

« La porte du porche s’ouvre. Elle voit sa silhouette se dessiner à contre-jour. Il s’avance. Elle le regarde. Il ne la lâche pas des yeux. Elle a l’impression que tout son être à l’intérieur d’elle-même est en train de s’effondrer. Il avance. Ne dit toujours rien. Elle se force à parler. Elle lui dit qu’elle cherchait à le joindre. Elle tient Le Monde dans ses mains. Il ne dit toujours rien. Sort un stylo de sa poche. Note son numéro de portable dans un coin du journal. Elle a les mains qui tremblent. Elle n’arrive pas à tenir le journal. Lui non plus. Ils sont là, tous les deux au milieu de cette allée, avec les flics, les ouvriers, les gens, ils sont là, ils se regardent, ils sont tellement près l’un de l’autre qu’elle pourrait entendre son cœur battre. Ses yeux plongent dans les siens, le temps s’est arrêté ; des voisins arrivent, le temps reprend. »

« Elle n’y arrive pas. Il n’y arrive pas non plus. Pourtant, ils essaient de toutes leurs forces, chacun leur tour. Ils ont des moments de faiblesse, pas forcément en même temps. Un jour, c’est elle qui essaie de le joindre ; le lendemain, c’est lui. Ils savent qu’ils ne seront jamais amis, ils savent qu’ils ne pourront jamais se voir sans se toucher, se sentir, se pénétrer. Ils en rêvent nuit après nuit, jour après jour, chacun de leur côté. »

On ne meurt pas d’amour, premier roman de Géraldine Dalban-Moreynas, Éditions Plon, Août 2019 —

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3 commentaires sur “On ne meurt pas d’amour – Géraldine Dalban-Moreynas

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