Les plumes d’Asphodèle (1)

lesplumesd'asphodèle

Emilie a eu la belle idée de reprendre sur son blog Les plumes d’Asphodèle, un  atelier d’écriture qui nous manquait beaucoup… Je pense à toi Isabelle et t’embrasse. Je me lance donc dans cette nouvelle aventure avec grand plaisir et petite appréhension…

Voici les mots – à insérer dans le texte – récoltés lundi pour cette première semaine des Plumes :

OCEAN – DESERT – ENJAMBEE – PASSERELLE – TRAVERSIN – RUE – VOYAGE – PASSAGE – FRANCHIR – HORIZON – VACANCE – VOILURE – VIEILLIR

En équilibre (instable)

Voilà, il s’élance. Seul, pour la première fois. L’équilibre est encore précaire, le corps tremble un peu, mais il avance, casqué. Et jusqu’ici, ça roule. La longue rue qui mène à l’église du village est vide. Elle s’offre à lui, paisible et silencieuse. Les automobiles se reposent sur le bas-côté, les chats font leur sieste en cette chaude après-midi d’été… évidemment nous ne sommes pas à l’abri de l’arrivée fracassante d’une mobylette! Je me sens démunie, d’un coup. Plus besoin de poser ma main sur son épaule, pour le guider. Plus la peine de courir à grandes enjambées, à ses côtés, pour le rassurer. Sur sa petite reine, toute de rouge vêtue, il est le roi de la route! Je marche d’un bon pas derrière lui, ni trop près ni trop loin. Je garde mes distances. Il s’applique. Il sait que je l’observe. Scrupuleusement, il s’arrête devant le passage piéton, l’endroit est désert pourtant. Il tourne la tête vers moi, me fait un signe d’une main et actionne sa sonnette de l’autre. Heureux comme un prince. Fier comme Artaban. Mon petit grand, mon bel Arsène. La liberté, quel voyage! N’est-ce pas mon fils? Toi qui, hier encore, tenais difficilement assis, lové dans un cocon douillet, un simple traversin! Aujourd’hui tu roules, demain tu vogueras, toute voilure dehors. À toi l’océan, pas toujours pacifique avec ses déferlantes, ses requins,  ses eaux troubles, mais aussi ses couchers de soleil, ses plages de sable fin, ses phares. Tu ne le sais pas encore, mais sur cette bicyclette tu commences à découvrir le monde. Bientôt, tu choisiras ta route et ses chemins de traverse. Il y aura des virages, des ralentisseurs, des voies sans issue, des priorités, des contresens, des crevaisons, des accidents, des intersections, des barrages.  Les obstacles à franchir ne manqueront pas, tu auras la tête dans le guidon quelquefois. Autour de toi défileront des paysages, des visages, des émotions. Des frissons, des secousses… Je ne vois plus Arsène! Les palpitations de mon coeur s’accélèrent. Je cours… droit devant. Le temps me semble interminable… Enfin, il réapparait dans mon champ de vision. Tout sourire. « Tu as vu maman, j’ai fait le tour de l’église et puis j’ai roulé sur la passerelle! » « Justement non, je ne te voyais plus… » Il va falloir m’habituer à ses échappées belles, ses vacances jolies. Un nouvel horizon, pour lui et pour moi. Au-dessus de nous, le soleil darde ses rayons. Tu grandis mon fils, mon petit cycliste. Mais tu sais, j’ai beau vieillir, ma main sur ton épaule continuera de se poser.

 

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23 commentaires sur “Les plumes d’Asphodèle (1)

    1. Oh la la non pas de moto… pff j’ai pas fini de m’inquiéter! Bon mon fils (in the real life!) a bientôt 14 ans et ne s’intéresse pas du tout aux motos et autres mobylettes, jusqu’ici…

  1. Quel joli texte empli de l’amour d’une maman pour son fils. On sent beaucoup de tendresse. Le blog d’Asphodèle, j’aimais beaucoup. Belle idée que celle de faire revivre cet atelier d’écriture. Beau weekend Nadège, Bises bretonnes 🙂

    1. Mon fils va bientôt avoir 14 ans, je commence à penser à l’avenir, c’est angoissant… le temps qui file,le départ des enfants sont des sujets auxquels je pense souvent… Belle semaine à toi, bises.

      1. Je comprends Nadège tu sais. On voudrait les protéger, les aider du mieux qu’on peut.. L’adolescence est une période aux multiples questionnements. Je suis certain que tu es une maman très à l’écoute. On fait tous des erreurs, pas de parents ni d’enfants parfaits. Tout l’amour qu’il aura emmagasiné lui servira dans sa vie d’adulte. Pour tout te dire, je vais avoir 37 ans début mars et moi je me pose des questions existentielles aussi car je n’ai pas d’enfant.. le temps passe si vite.. Les livres permettent de répondre à certaines de ces interrogations. Fou ce qu’on cogite. Belle semaine Nadège, Bises bretonnes 🙂

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