Les inséparables – Julie Cohen

Les-inseparables

L’été s’apprête à tirer sa révérence, comme Robbie… Avec le temps, son corps est devenu pesant encombrant et malhabile. Son esprit, jour après jour, s’égare délire et oublie. Octogénaire pris dans les filets d’Alzheimer, il sait qu’il doit quitter la scène avant de tout perdre. Partir avec les souvenirs précieux liés à son amour pour Emily, sa femme. Elle est tout pour lui, il est tout pour elle… Des inséparables amarrés à la mémoire, que seule la mort éloignera.

Roman écrit à rebours, on remonte le fil de l’histoire de ce couple. Du suicide de Robby en 2016  à sa première rencontre avec Emily en 1962. Page après page, on découvre l’ampleur et la beauté de leur amour, et les batailles qui leur a fallu livrer année après année. Elle est anglaise, il est américain, elle est obstétricienne, il construit des bateaux. Il a un enfant qu’il ne peut plus voir, elle ne peut pas donner la vie. Ils prendront des chemins séparés parce qu’on ne choisit pas toujours. Se manqueront terriblement. Et le hasard s’en mêlant, se retrouveront pour ne plus se quitter. Ils rompront tout contact avec leur famille respective suite à la découverte d’un secret, qui scellera à jamais leur amour. Ils adopteront un fils, Adam après moult péripéties. En bons marins, ils vivront heureux contre vents et marrées, unis l’un à l’autre comme des Inséparables.

Laissez-vous embarquer dans ce beau voyage d’amour au long cours, aux reflets changeants et aux ombres portées.

« Elle savait d’expérience que c’était cela qui guérissait ; qui faisait le sel de la vie. Pas les moments difficiles, mais le train-train quotidien. Le temps passé ensemble. »

« Ils ne parlèrent pas pendant la première heure ; ils naviguèrent ensemble, tendaient des bouts, hissaient des voiles, tiraient un bord, communiquant avec les yeux et l’expérience, ne mettant le cap sur aucune destination précise, mais laissant le vent les guider. Le bruit du bateau fendant les vagues et le souffle de l’air dans les voiles remplissaient le silence entre eux et faisaient partie de leur communication (…). »

« Si quelqu’un entrait dans le jardin et lui demandait ce qu’il faisait là, à une heure du matin, dans cette petite location en stuc rose du quartier de Coconut Grove, à Miami, en Floride, pieds nus dans son jean, et buvant une Michelob, il ne saurait pas quoi répondre. Il pourrait raconter les faits, mais il n’y aurait aucun fil directeur pour relier ses propos, aucun moyen de leur donner du sens. Il serait incapable d’expliquer ces quelques dernières années, son fils qui dormait à l’intérieur et qu’il aimait, sa femme qui dormait à l’intérieur et qu’il n’aimait pas. »

« Ils faisaient du mal aux autres. Ils se faisaient du mal à eux-mêmes. Robbie se tenait suffisamment près d’elle pour n’être qu’une masse confuse d’ombre et de lumière, pour n’être que cheveux, yeux et peau, goût salé et parfum de tabac. Il avait la même odeur et le même grain que dix ans auparavant, quand ils n’avaient fait de mal à personne, quand toute la douleur n’était liée qu’à leur avenir. »

« Tu es mon commencement et ma fin, Emily, et tous les jours entre les deux. »

Les inséparables, roman de Julie Cohen, traduit de l’anglais par Josette Chicheportiche, Mercure de France, mai 2018 —

Publicités

6 commentaires sur “Les inséparables – Julie Cohen

  1. une histoire d’amour.. chouette. Je vais débuter ce soir un livre de Emilie Brontë « Les Hauts de Hurle-vent ».. une histoire d’amour encore. Ce sont les plus beaux livres, mes préférés. Bon weekend Nadège 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s