Miss Pook et les enfants de la lune – Épisode 1 – Bertrand Santini

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Paris, 1907. La Tour Eiffel n’est pas bien vieille et ce « lampadaire tragique » ne plaît pas à tout le monde. Et c’est justement sur les hauteurs de la dame de fer que Miss Pook et Goldorillon, son dragon volant, atterrissent fortuitement, sous les yeux effarés d’un peintre en bâtiment. Manteau sombre cintré, grand cabas, chapeau piqué de fleurs, bottines et parapluie, la jeune femme a un petit air de Mary Poppins. Si la gueule du dragon est immense, point de corps mais une traîne de papier et de rubans : on dirait un cerf-volant chinois. Tous deux semblent descendre tout droit du ciel…

Miss Pook a rendez-vous pour une place de gouvernante chez les Dubenpré. Monsieur est un riche bourgeois, orgueilleux et arriviste, – on ne peut s’empêcher de penser à Rubempré – personnage des Illusions perdues de Zola -. Un curieux et soudain mal de ventre se déclenche chez les candidates au poste. Sauf une : Miss Pook. Elle est engagée sur-le-champ pour s’occuper d’Élise, dix ans.

Douce bienveillante et inventive, Miss Pook va bouleverser l’existence de la petite fille. Grâce à cette sorcière aux pouvoirs extraordinaires,  Élise va commencer à développer un esprit critique, apprendre à faire des choix, à observer autour d’elle, comprendre le monde qui l’entoure. Mais pour approfondir tout cela, il lui faudra quitter la Terre et s’envoler vers la Lune, dans le château de la sorcière. Mais attention aux apparences et aux visages changeants, Miss Pook n’est peut-être pas si charmante…

Les premiers pas d’Élise là-haut sont étonnants : la merveilleuse et scintillante Lune vue d’en-bas semble en fait terne et angoissante. L’astre de Nuit est peuplée de monstres  – faunes, sorcières, sphinx, et autres vampires -, ses paysages sont constellés de grottes, il y règne une atmosphère oppressante…

Encore une fois, Bertrand Santini nous enchante avec ce conte initiatique fantastique parsemé de références littéraires et cinématographiques : on pense tour à tour à Tim Burton, à Alice aux pays des merveilles, à Roald Dahl, à Vingt mille lieues sous les mers, à la mythologie grecque… Son écriture vive, pleine d’humour – parfois satirique  -, poétique est un régal. Son roman convoque l’imaginaire et à travers lui, rebondit sur le réel ; l’évolution de la société, l’écologie, l’éducation, la fragilité de la Terre, la bêtise humaine… Ignorante au début du livre, Élise s’éveille, s’élève, se construit, grandit. Et comme toujours chez l’auteur, les monstres ne sont pas ceux qu’on croit. À suivre…

« L’humanité est un îlot de bêtise et de superstition, vois-tu, et les adultes s’évertuent à transmettre leur ignorance à leurs enfants. Cela explique pourquoi cette espèce évolue si lentement. »

« Ces aventures ont révélé la force qui est en toi. Les cauchemars ne sont pas aussi malfaisants qu’on croit. Bien au contraire!  Il faut être à leur écoute. Ce sont de précieux alliés. Ils alertent des périls qui rôdent autour de soi, mais aussi en soi! N’oublie jamais cela : si l’ombre et les ténèbres te font dresser les cheveux sur la tête, c’est pour mieux t’aider à grandir. »

« Les entrailles de la Lune étaient aussi vivantes et colorées que sa surface était morne. (…) Vingt mille lieues sous la Lune, les Sorcières atteignirent une grotte baignée de clair-obscur. Le sol était constellé de bassins où bouillonnait de la matière en fusion. Le lieu s’en illuminait de nuances constamment changeantes : vert fluorescent, rose acidulé, jaune éclatant. Des amas de brouillard flottaient dans l’air comme des fantômes. Les parois luisantes laissaient entrevoir des enchevêtrements de cordes et de poulies. »

« – La Lune est indispensable à l’équilibre de la Terre, expliqua Simone. Sans la lune, celle-ci se mettrait à tourner dans l’espace comme une toupie. La durée du jour, le rythme des saisons et des marées… Tout serait bouleversé. Sans la Lune, le monde sombrerait dans le chaos et toute vie sur Terre serait anéantie! »

Miss Pook et les enfants de la lune, Épisode 1, roman de Bertrand Santini, couverture illustrée par Laurent Gapaillard, dès 10 ans, Grasset Jeunesse, Novembre 2018 —

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