Cinq centièmes de seconde – Lois Lowry

cinqcentièmesdesecondes

Molly et Meg sont sœurs. Comme le jour et la nuit, elles sont aux antipodes l’une de l’autre. Molly, 16 ans, est solaire affable et gracieuse. Meg, 13 ans, est réservée distante et se sent bien fade, face à la beauté et à la joie de vivre de son aînée. Leur père, professeur et auteur, décide de se mettre au vert avec sa petite famille pour écrire. En plein hiver, ils emménagent tous les quatre dans une vieille maison, en location, datant du 19ème siècle entourée de bois et de champs. Si Molly ne paraît guère gênée par le changement, Meg elle, est déstabilisée, surtout qu’elles doivent dormir dans la même chambre. La cohabitation n’est pas simple.

Les mois passent, les disputes entre les filles sont légion. En février, Molly  saigne souvent du nez et s’épuise vite… L’été arrive ; les champs se remplissent de fleurs de toutes les couleurs, le soir le ciel se constelle d’étoiles par milliers, la nature environnante devient un lieu magnifique d’exploration pour Meg, photographe amateur. Ses rencontres avec Will, le propriétaire des lieux – un vieil ébéniste féru de botanique et de photographie – et avec le jeune couple, Ben et Maria, de la maison d’à-côté, qui attendent la venue de leur premier enfant, vont apporter de la lumière et de la sagesse dans l’existence de la jeune fille.

Meg s’éveille s’anime et se révèle au monde quand Molly s’éteint s’essouffle et succombe, atteinte d’une leucémie.

Roman d’ombre et de lumière où l’écriture lente et intense écume d’émotion. Une enfance qui s’en va, au plus près de la nature de la générosité et de la bienveillance, une douleur qui assaille et un vide qui cogne… Une nouvelle vie à apprivoiser, en gardant en soi les traces d’autrefois, des instantanés précieux.

« La musique s’est arrêtée. Nous sommes restés face à face et brusquement j’ai dit : – Je voudrais bien que Molly soit là. Ma mère a émis un petit bruit, alors je me suis tournée vers elle : elle pleurait. Effarée, j’ai regardé papa : les larmes roulaient  sur ses joues, à lui aussi : c’était la première fois que je voyais pleurer mon père. Je lui ai tendu les bras à mon tour, et ensemble nous avons enlacé maman. La musique a recommencé, une autre chanson triste et lente, datant d’un été oublié, et nous avons tourné lentement tous les trois. Les fleurs au mur se brouillaient au fur et à mesure que les larmes débordaient de mes paupières. Je les tenais serrés tous les deux dans mes bras tandis que nous oscillions doucement en rythme, bien collés, dans une étreinte intime qui excluait le reste du monde, dansant et pleurant en même temps. »

«  »Nous sommes de l’étoffe dont les songes sont faits. Notre petite vie est au creux d’un sommeil », a-t-il dit de sa voix réservée aux citation. C’est du Shakespeare, Meg. »

« Mes traits avaient quelque chose de ceux de Molly. Ça m’a fait un choc de m’en apercevoir. La ligne qui définissait la forme de mon visage, la ligne qui séparait la noirceur des arbres de la lumière qui se reflétait sur mon front et mes joues était identique à celle qui autrefois définissait le visage de Molly. C’était une ressemblance éphémère, je le savais, mais quand Will avait braqué son objectif sur moi durant cinq centièmes de seconde, il l’avait capturée, rendant ainsi éternel ce que j’avais en moi de Molly. »

Cinq centièmes de seconde, roman jeunesse de Lois Lowry, traduit de l’anglais (États Unis) par Laurence Kiefé, à partir de 13 ans, Casterman, réédition (premier roman de l’auteure publié en 1977), Août 2017 —

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14 commentaires sur “Cinq centièmes de seconde – Lois Lowry

  1. J’ai lu beaucoup de romans jeunesses ces derniers temps, avec plaisir, mais je sens qu’il me manque souvent quelque chose, la sensation de rester un peu trop à la surface peut-être, ou d’être trop loin de certaines préoccupations !

    1. Peut-être que les romans jeunesse ne vont pas au plus profond mais ils soulèvent les questions et mettent en perspective les angoisses et les doutes des ados.

  2. merci pour ce très beau partage Nadège. Le sujet est terrible, la couverture sublime. Je note ce livre car c’est vraiment ce qui me touche. Cela me fais penser à un de mes livres préférés, celui de philippe Forest « L’enfant éternel ».. un des livres qui m’a fait pleuré littéralement tant le sujet est déchirant et l’écriture très belle. Bon weekend Nadège. Bises bretonnes 🙂 🙂

  3. Je trouve qu’il n’y a rien de plus beau que les rencontres qui changent une vie… ❤
    Merci de nous présenter ce si joli livre ma Nadège, bisous xxx

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