Le deuxième texte – Collectif

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D’emblée, le titre à la résonance volontairement beauvoirienne donne le ton de cet ouvrage original. Les personnages féminins de romans, contes, poèmes, pièces de théâtre, bandes dessinées, films, peintures, en sont les héroïnes, hier discrètes elles passent aujourd’hui au premier plan. Elles entrent dans la lumière, élèvent la voix, on les écoute, on les regarde.

Une nouvelle respiration, une seconde chance pour elles. La même histoire, un autre regard. Ainsi, ces femmes font un pas de côté, s’éloignent de l’homme qui souvent dresse un rempart entre elles et les feux de la rampe.

Ainsi, 30 textes-images-photographies de 30 jeunes auteurs, artistes et auteurs aguerris défilent sous nos yeux, des réécritures d’œuvres célèbres, autant de femmes flamboyantes. Parmi elles : La Reine – Blanche-Neige des Frères Grimm – , Nadja – d’André Breton – , Pénélope – L’Odyssée d’Homère – , Elvire – Dom Juan de Molière – , Danaé – de Gustav Klimt – , la Schtroumpfette – de Peyo – , Billie Dabney – Big Sur de Jack Kerouac – , Phénice – Bérénice de Jean Racine – , Wilma – Les Pierrafeu – de Wanna et Barbera – , Lola – Voyage au bout de la nuit de Céline – , la compagne de Prévert – les feuilles mortes de Jacques Prévert – , Kay Adams – Le Parrain de Coppola -…

Bravo aux éditeurs des Femmes d’à côté, les étudiants de la promotion 2016-17 du master 2 « Création éditoriale multisupports » de l’université Paris-Sorbonne, pour ce livre singulier et passionnant sur les personnages féminins secondaires que vous avez su porter aux nues.

« André me faisait souvent des scènes dès que la Nadja que j’inventais ne lui convenait plus. Lui aussi m’imposait des faits : ma vie maquillée n’était plus assez touchante. Cela ne lui plaisait plus. Il ne me prenait pas pour une menteuse, mais plutôt pour un mirage incertain, fruit de sa propre imagination. Il n’acceptait pas de me voir violente et encore moins soumise. Il était complètement dépendant de mes récits et des masques que je mettais tous les matins de nos rencontres comme on applique un peu de fard avant une pièce de théâtre. Un jour, il m’avoua avoir pleuré, de peur de me perdre. Mais c’était l’idée de se retrouver face à lui-même qui lui faisait peur. » in Aussi sombre que du charbon, Sabrine Kherrati

« Dans la cour principale, tu installas ton métier, tes bobines, t’assis à l’ouvrage :  » Je pense à Sisyphe. Je pense aux abeilles, qui sacrifient leur vie pour le miel que leur reine ne goûtera jamais. Je pense au lit que l’on fait avec application, pour que l’autre en déchire le pli délicat sans même y avoir prêté attention, au sol que l’on récure à la sueur de son front, pour qu’il le souille de ses sandales boueuses. Aux fils que l’on mûrit neuf mois, puis vingt ans, pour les voir se faner au bout d’une lance. Ou devenir bedonnants et idiots. Aux filles que l’on exige belles et spirituelles et que l’on enferme à l’abri de tout regard, auprès d’un inconnu qui n’attend pas d’elles qu’elles sachent tenir une conversation. Je pense à la Terre, qui couve plusieurs mois l’olive que l’on engloutit en moins d’une seconde. » » in Lauriers à la mer, Daphné Bérard

« Eugénie aime le bruit de la clé dans la porte métallique de son kiosque, le matin, alors que tout le monde dort encore. Elle aime observer les passants, les déshabiller de la tête aux pieds, le visage caché derrière un journal pour ne pas se faire remarquer. Elle aime quand les filles du Café des Deux Moulins viennent lui acheter la presse. Mais elle n’aime pas quand Joseph vient la draguer. Joseph drague toutes les femmes du quartier, il les oppresse, les rend aigries et malheureuses. Eugénie voudrait les prévenir, leur dire d’être libres. De vivre, tout simplement. Eugénie aime l’amour, mais elle a toujours peur du lendemain. Elle aime la tendresse, mais a peur de l’indifférence qui pointe le bout de son nez après quelques années. » in La kiosquière des Deux Moulins, Myriam Thibault

Le deuxième texte, nouvelles, ouvrage collectif – jeunes auteurs, artistes et auteurs aguerris – illustration couverture de Ljiljana Mitic, Éditions Les femmes d’à côté ( 26 étudiants de la promotion 2016/17 du master 2 « création éditoriale multisupports » de l’université Paris-Sorbonne), Mars 2017 —

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