Valet de pique – Joyce Carol Oates

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À cinquante ans, Andrew J.Rush, écrivain renommé de romans policiers vit paisiblement dans une petite ville du New Jersey. La campagne avoisinante est idéale pour écrire, sa femme à ses côtés est bienveillante et compréhensive, ses grands enfants ont quitté le nid, l’homme semble être serein. Avec régularité il publie de nouveaux livres, qui deviennent vite des best-sellers.

Mais l’auteur dissimule avec art depuis de nombreuses années une autre facette de sa personnalité. En effet, il signe sous le pseudonyme Valet de pique, des romans beaucoup plus sombres et terrifiants dans lesquels la perversité a droit de cité. Un secret gardé précieusement au fond de lui. Personne ne sait qui est le Valet de pique… ni sa famille, ni son éditeur.

Ainsi, Andrew endosse son costume de Valet pour pénétrer dans les profondeurs du mal et de l’immoralité. Sa plume se remplit de fiel et déverse les mots dans un flot nerveux. D’une manière quasi hypnotique, il écrit la nuit et une fois le roman publié, ne souvient plus de l’histoire. Et le succès du Valet de pique est grandissant…

Andrew mène une existence où l’ombre et la lumière cohabitent en équilibre instable. Un édifice fragile qui va être rompu par une femme, accusant l’auteur de plagiat, par sa  fille qui découvre des éléments de leur propre vie dans les livres du Valet de pique, par une terrible suspicion d’infidélité de son épouse. Le lecteur assiste donc à la plongée en eaux troubles d’Andrew – teintées d’alcool – et à la lente remontée à la surface de sa folie.

Une écriture alerte et pénétrante, une atmosphère enténébrée, un personnage pernicieux dont Joyce Carol Oates prend plaisir à satiriser, un suspense entretenu. Un roman haletant.

« D’une voix théâtrale haut perchée, Haider lut des extraits de ses textes, puis des extraits de ceux d’Andrew J. Rush : « Vous voyez? C’est du vol, du pla-giat. Non seulement ce coquin me vole mes mots, mais il me vole ma vie. » Ces accusations extravagantes durèrent un certain temps. Comme il aurait été pénible d’être assis à la table de la défense, à côté d’Elliot Grossman! Déjà ainsi, des larmes de mortification me montaient aux yeux. J’avais entendu des livres audio de mes romans, lus par des professionnels bienveillants, mais je n’avais jamais entendu ma prose lue à haute voix d’une façon aussi accusatrice et railleuse ; les phrases soigneusement  construites, les comparaisons « astucieuses », les mots recherchés (claustral, séreux) choisis dans mon vieux dictionnaire fatigué me semblaient maintenant pitoyables, d’une complaisance empruntée. Non seulement Haider m’accusait d’avoir plagié sa prose, mais cette prose elle-même, révélée à l’auditoire amusé, était mauvaise à pleurer. »

« Étrange que, incapable d’écrire en tant que Andrew J. Rush et incapable de dormir, je puisse écrire des heures, dans une sorte de délire, en qualité de Valet de pique. Les pages défilaient. Ma respiration s’accélérait. Tu as trouvé la jugulaire! Pas de retour en arrière.« 

Valet de pique, roman de Joyce Carol Oates, traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban, Éditions Philippe Rey, Mars 2017 —

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13 réflexions sur “Valet de pique – Joyce Carol Oates

  1. J’ai TELLEMENT mais TELLEMENT envie de découvrir cette auteure depuis longtemps!
    Tu as une suggestion pour débuter? Il y en a tellement!
    Gros becs xx

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