Un air de violoncelle, 1989 la chute du mur de Berlin – Adèle Tariel et Aurore Pinho E Silva

dsc00189Il a suffi d’une nuit, en août 1961, pour dresser un haut rempart de béton entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest, coupant Berlin et le pays entier en deux. Pour faire cesser l’exode, on a construit un mur gris et froid.
En 1989, à travers une lucarne, dans le grenier de sa maison, un petit garçon, Charlie, regarde de l’autre côté du mur, songeur. Ce mur, envahi de couleurs vives, il l’a toujours vu… les barbelés, les miradors, les gardes aussi… Avec ses copains, il lui arrive de jouer au foot contre lui, mais pas souvent, car sa maman n’aime pas lorsqu’il s’en approche. Derrière, la vie a l’air triste et silencieuse. Le petit garçon ne voit pas d’enfants s’amuser. Il y a peu de gens dans la rue, les voitures sont rares. Ses grands-parents maternels vivent là-bas mais il n’a jamais pu les rencontrer.
La découverte, sous les combles, d’un violoncelle, va bousculer les choses, faisant remonter le passé à la surface. Sa mère se met à lui raconter l’histoire de ce mur. Petite fille, elle habitait à l’est. Elle lui parle de sa fuite périlleuse et son arrivée ici avec le père de Charlie alors qu’elle était enceinte et le déchirement d’avoir laissé ses parents… Quant au beau violoncelle que Charlie dévore des yeux, il appartenait à sa grand-mère. Très vite, il prend l’instrument entre ses mains. C’est un trésor, un bien précieux. Un lien avec sa mamie. Il aimerait tant savoir en jouer, comme elle. Faire courir sous ses doigts les notes de musique et les faire s’envoler par-dessus les toits, par-delà le Mur. En bas, voilà quelques semaines que les esprits s’échauffent, la population est en colère ; il est tant que ce Mur de la honte tombe et que s’élève un air de violoncelle…
Avec des mots justes et sans pathos, Adèle Tariel raconte une page de l’Histoire contemporaine à travers le regard et la sensibilité artistique d’un enfant. Les dessins naïfs et colorés d’Aurore Pinho E Silva apportent légèreté, espoir et lumière face à la noirceur des hommes qui ont en une nuit, diviser un pays et briser des familles. Issu de la collection Un jour ailleurs, cet album permet de faire découvrir aux enfants des événements importants du Xxème siècle, agrémenté de pages documentaires.

« Tout le monde voulait passer de l’autre côté parce qu’on se doutait que la vie était plus facile ici. Mais c’était très compliqué, il y avait des barbelés, des gardes, des tapis de clous entre les deux murs. La zone était même éclairée toute la nuit. Certains ont essayé de creuser des tunnels et d’autres ont même sauté en parachute. Trois de nos amis sont morts, les gardes leur ont tiré dessus… »

« Quand je jouais, je fermais les yeux et je rêvais que je volais au-dessus du mur. Un jour j’ai vu maman fermer les yeux en m’écoutant. J’étais heureux de la faire voler aussi. »

« Ce jour-là une nouvelle vie s’est ouverte devant nous. »

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Un air de violoncelle, 1989 la chute du mur de Berlin, album jeunesse écrit par Adèle Tariel et illustré par Aurore Pinho E Silva, dès 6 ans, Éditions Kilowatt, Août 2016 —

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3 réflexions sur “Un air de violoncelle, 1989 la chute du mur de Berlin – Adèle Tariel et Aurore Pinho E Silva

  1. J’aime beaucoup quand les livres ont des enfants pour narrateurs. Quand des tranches d’Histoire sont racontées à travers leur regard. Ça a le don de m’émouvoir très fort…
    Bises ma Nadège

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