Premières lignes #15

Rosa Candida est le genre de roman qui ne se laisse pas oublier. Cinq ans après l’avoir lu, les émotions ressenties alors sont toujours vives. On y entre plein de curiosité et le parfum des roses aidant, on en sort tout heureux. Arnljotur, jeune homme d’une vingtaine d’années prend la route pour un long périple, avec dans ses bagages des boutures de roses rares, provenant de la serre maternelle. Ce voyage à destination d’une illustre roseraie est pour lui un véritable pèlerinage, un hommage vibrant à celle qui était si chère à son coeur, sa mère, décédée tragiquement dans un accident de voiture…

En voici les premières lignes :

rosacandida« Comme je vais quitter le pays et qu’il est difficile de dire quand je reviendrai, mon vieux père de soixante-dix-sept ans veut rendre notre dernier repas mémorable. Il va préparer quelque chose à partir des recettes manuscrites de maman – quelque chose qu’elle aurait pu cuisiner en pareille occasion. « J’ai pensé, dit-il, à de l’églefin pané à la poêle et ensuite une soupe au cacao avec de la crème fouettée. » Pendant que Papa essaie de trouver comment s’y prendre pour la soupe au cacao, je vais chercher mon frère à son foyer dans la vieille Saab qui va sur ses dix-huit ans. Josef m’attend depuis un moment, planté sur le trottoir et visiblement content de me voir. Il est sapé à bloc parce que c’est ma soirée d’adieu, il porte la chemise que maman lui a acheté en dernier, violette à motifs de papillons. Pendant que papa fait revenir l’oignon alors que les morceaux de poisson attendent, tout prêts, sur leur lit de chapelure, je vais dans la serre chercher les boutures de rosier que je vais emporter. Papa m’emboîte le pas, ciseaux à la main, pour couper de la ciboulette destinée à l’églefin et Josef, silencieux le suit comme son ombre. Il n’entre plus dans la serre depuis qu’il a vu les débris de verre causés par la tempête de février qui a réduit en miettes beaucoup de vitres. Il reste dehors, près de la congère, et nous suit du regard. Papa et lui portent le même gilet noisette avec des losanges jaunes. « 

rose-bud-173465_640Premières lignes, un rendez-vous  de Malecturothèque

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