Le garçon qui courait plus vite que ses rêves – Elizabeth Laird

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Un soir, dans un village posé sur les hauts plateaux d’Éthiopie, Solomon, ses parents Ma et Abba, sa petites soeur Konjit et son grand-père sont en train de dîner près de l’âtre dans leur petite maison ronde au toit de chaume, à l’unique pièce. Le ragoût qu’ils partagent embaument le foyer… Aujourd’hui Solomon est adulte et il se remémore ces instants-là, chers à son coeur, les prémisses d’une envolée vers ses rêves.
Durant ce repas, Solomon interrogea sa famille sur son âge – car à l’époque, dans cette région isolée, peu de gens connaissaient leur date de naissance –. Alors que Ma et Abba tentaient de relier l’arrivée au monde de leur fils avec la rentabilité ou non de la récolte de l’année, la voix du grand-père s’était élevée : « Solomon a onze ans. (…) Onze ans, c’est assez vieux, on ira demain ».
L’ancien avait décidé de partir pour Addis Abeba, dès le lendemain, à pied. Il avait quelqu’un à voir et ne pouvait plus remettre cette rencontre, la vieillesse s’étant emparée de lui. Il devait y aller, avec Solomon. Il aurait besoin de lui là-bas… Solomon était aux anges, jamais il ne s’était rendu à la capitale… De plus, heureux hasard ou pas, les athlètes glorieux des derniers jeux olympiques revenaient justement ce jour-là parés de leurs médailles, ce qui emplit Solomon d’enthousiasme. Car le garçon avait une passion débordante pour la course, quotidiennement il allait à l’école en courant – à Kidame, ville à une huitaine de kilomètres de son village –. Il admirait tant le coureur de fond Hailé Gebreselassié et Derartu Tulu, la grande championne. Son rêve était de devenir le garçon qui courait le plus vite au monde…
Un enfant qui grandit, un grand-père qui s’éteint, la transmission d’un secret – comme un passage de témoin -, un chemin jalonné d’épreuves, un passé qui s’éclaire, un avenir plein d’espoir, de l’or dans les mains. Un roman initiatique flamboyant!

« Je connaissais chaque millimètre du trajet jusqu’à Kidame. Pour moins ressentir le nombre de kilomètres que je devais couvrir chaque jour, j’avais inventé des jeux de calcul. Je pariais sur le nombre de foulées que je ferais pour atteindre l’arbre au coin du chemin ; je comptais les petits oiseaux bruns perchés sous l’avant-toi de l’église (il y en avait en général quatre ou cinq) ; je n’oubliais jamais de toucher la grosse pierre en bas de la colline pour empêcher le diable de s’approcher ; et j’effectuais tout à la vitesse de la lumière. À ce sujet, j’en profite pour vous révéler à quel point c’était important pour moi. Devenir coureur, je veux dire, pas courir entre mon école et chez moi. Je rêvais de participer à de grandes courses dans d’autres pays, de couronner l’Éthiopie de gloire et de prouver à chaque habitant de Kidame que j’étais un héros. Je voulais devenir le coureur le plus rapide au monde. »

« Et soudain, ils apparurent ! Portés par les vagues de sons. Je les voyais ! Nos héros et héroïnes ! Nos champions éthiopiens ! Répartis dans trois voitures noires, ils se tenaient debout sur les banquettes arrière et seuls leur tête et leur torse émergeaient des toits ouvrants. Chacun d’eux portait le drapeau de l’Éthiopie sur le mangnifique survêtement vert et jaune de l’équipe nationale. Des guirlandes de fleurs dorées pendaient à leur cou. Tout le monde les ovationnait, sautait sur la place, agitait les bras. C’est alors qu’un étrange événement se produisit. Le bruit sembla s’estompe. Mes yeux s’étaient fixés sur le ruban bleu au cou de la femme qui se tenait dans la première voiture. Sa médaille d’or brillait au soleil. »

« Je sais aujourd’hui des choses que je ne savais pas à l’époque. Ce jour-là, j’appris la plus importante de toutes : courir ne dépend pas que de vos jambes et de vos bras. Certes, ce sont eux qui font le travail (vos jambes surtout), mais ce qui compte réellement, c’est ce qui se passe dans votre tête. Il faut entraîner son esprit à ne pas s’inquiéter de la fatigue ressentie et à oublier les pieds meurtris, les jambes douloureuses ainsi que la sensation de manque d’air dans les poumons. »

Le garçon qui courait plus vite que ses rêves, roman d’Elizabeth Laird, traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Catherine Guillet, Collection Tribal, Flammarion Jeunesse, dès 11 ans, Mai 2016 —

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8 réflexions sur “Le garçon qui courait plus vite que ses rêves – Elizabeth Laird

  1. C’est vrai que le titre est magnifique…
    L’Afrique, un petit garçon et son grand-père, la force des souvenirs et la beauté de la transmission, je me sens déjà émue… ❤
    Je t'embrasse xx

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