Le pays où l’on n’arrive jamais – André Dhôtel

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Prix Fémina 1955, Le pays où l’on n’ arrive jamais est devenu au fil des ans une lecture jeunesse. Après plusieurs rééditions, ce classique de la littérature française est de nouveau ravivé. Le texte d’André Dhôtel est revêtu d’illustrations en bichromie (orange et vert). Chaque page est ainsi animée, illuminée. Les mots prennent alors de la profondeur, le lecteur s’abandonne, l’histoire se fait enveloppante.
Gaspard a une quinzaine d’années lorsqu’on fait sa connaissance. Enfant de marchands forains, il est élevé par sa tante, tenancière d’une auberge, l’hôtel du Grand Cerf. Toujours sur les routes, leur existence misérable – aux dires des villageois – , pousse la tante à prendre sous son aile Gaspard afin de lui donner une vie « normale ». Le neveu de Mademoiselle Berlicaud est un gentil garçon, un peu rêveur mais travailleur. Cependant, au grand dam de sa tante, il est le champion des catastrophes… qui finalement donnent du rythme aux journées monotones de Lominval, petit bourg des Ardennes.
Son destin va enfin être bouleversé le jour où il se retrouve nez à nez avec un enfant de son âge, blond comme les blés, les yeux emplis de lumière et les vêtements déchirés. Ce dernier se fait prendre par les gendarmes et placé dans une chambre du Grand Cerf en attendant que son tuteur, Monsieur Drapier vienne le chercher. Il s’agit d’une fugue. Gaspard, fasciné par l’enfant et son histoire (il recherche le pays de sa mère, un pays où les chênes, les bouleaux et les pommiers côtoient les palmiers au bord d’une mer immense).
Gaspard délivre l’enfant et décide de l’aider à retrouver sa mère. Nous voilà embarqués, nous, lecteurs à travers les forêts, les collines et les plaines du Nord, sur les flots, dans le parc d’un château… à pied, sur le dos d’un cheval pie providentiel, à bicyclette, en train, à bord d’une péniche, d’un yacht… On voyage au côté de Gaspard, on partage ses pérégrinations abracadabrantesques et sa quête du Pays d’Hélène – car l’enfant blond est une fille –, le chemin est long et parsemé d’embûches et de personnages hauts en couleur ; Baisemain le coiffeur bizarre, Théodule Résidore et son fils Emmanuel héritié d’un château, Niklaas et ses fils musiciens, Drapier, Parpoil…
Un conte d’un autre temps avec une langue belle et surannée – de la lenteur aussi, pesante parfois – une ode à la nature, à la beauté du monde, aux plaisirs simples, un parcours initiatique, une amitié naissante, une quête identitaire où mélancolie et rêve se mêlent. Un grand voyage ayant pour destination la liberté.

« Il y a dans le même pays plusieurs mondes véritablement. Si l’on explore les Ardennes, ce n’est pas une forêt que l’on découvre, mais mille forêts. Dans les contrées situées au nord, jusqu’au Rhin ou jusqu’au port d’Anvers, ce sont des centaines de collines et de plaines chargées de richesses, et l’on peut voir aussi les eaux immenses des canaux, des fleuves, des bras de mer, tandis qu’au coeur des villes, sur des places, souvent désertes, s’élèvent les beffrois qui inspirent autant de terreur que d’admiration. »

« Gaspard revoyait le cheval, les yeux ardents, sa crinière emmêlée. Il revoyait aussi les paysages divers de la forêt, l’orage, les splendeurs du ciel d’orage. Était-il possible que cette aventure qui l’avait mené jusqu’aux Bermudes se terminât sans espoir, et que l’obstination d’Hélène n’eut aucun sens, et qu’il n’y eut rien à chercher ni à trouver? »

« En regardant cette belle vallée, on a le loisir de songer que la terre entière c’est, le grand pays, mais cela ne nous satisfait pas complètement. On se dit qu’il faut rendre la terre encore plus belle, par le bonheur des hommes et par les histoires que l’on apprend inlassablement. Il semble que la vie restera toujours inachevée. Mais on demande une chance supplémentaire. »

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Livre reçu en Service de Presse.

Le pays où l’on n’ arrive jamais, roman d’André Dhôtel (prix Fémina en 1955), illustré en bichromie par Julia Wauters, dès 11 ans, Flammarion jeunesse, classique réédité en Octobre 2015–

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