Le peuple des lumières – collectif

peuplelumièresLa confusion et le trouble règnent sur le monde. De quoi déstabiliser et fragiliser les plus jeunes. L’actualité brûlante, foisonnante de ces derniers mois et la violence engendrée perturbent les adolescents qui nagent dans un brouillard de faits qu’ils ne comprennent pas toujours. D’où l’importance de ce recueil collectif dont le but est d’éclairer les esprits et donner les outils pour saisir la substance.
Quatorze auteurs font raisonner leur voix à travers des textes adressés aux collégiens, mettant en lumière et en perspective le monde dans lequel on vit, des contrées éloignées aux quartiers d’à côté. Ils y évoquent l’obscurantisme, la liberté de penser, d’expression et de mouvement, le terrorisme, le fondamentalisme, les querelles religieuses, les réfugiés, la tolérance, les droits des femmes… Des textes de fiction qui soulèvent l’essentiel, favorisant l’esprit critique du lecteur, dans une démarche bienveillante et humaniste. Des histoires dures et révoltantes, dans lesquelles apparaissent ici et là des lueurs d’espoir.
Et parmi ces voix s’élève celle d’Abdalaziz Alhamza – le premier texte – , un jeune syrien réfugié en Europe, un résistant oeuvrant pour la paix de son pays. Il fait le récit de l’embrigadement des enfants de Raqqa par Daech, le témoignage est terrible mais nécessaire.
Un recueil à mettre dans les mains des adolescents dès treize ans. Car pour vivre ensemble il faut déjà comprendre l’autre, et c’est justement ce vers quoi tendent ces textes : une meilleure connaissance du monde, les prémices d’une réflexion, d’échanges et de débats d’idées.

« Cet homme, fier et courageux, qui n’avait pas hésiter à affronter les montagnes et leur rigueur pour s’exiler et venir jusqu’ici pour une vie meilleure se retrouvait en état de peur. Pourquoi cette folie ? Ne dit-on pas que l’homme est foncièrement bon ? L’est-il vraiment ? Ou alors n’est-il pas à la fois bon et capable du pire ? Quelle différence entre un musulman et un chrétien ou un juif ? Habitent-ils des mondes différents ? Ne sont-ils pas des hommes à égale valeur ? Oh, mon Dieu, apaise les coeurs, éloigne de nous la haine et la jalousie. Fais de nous des hommes bons et bienveillants les uns pour les autres. » Le destin des hommes, Y. Belaskri

« Parce que vous croyez qu’on fait ça par plaisir ? Qu’on quitte la fleur au fusil le lieu de sa naissance, le rivage où l’on a appris à marcher, la famille qui nous a élevé, les meilleurs copains et les filles dont on est tombé amoureux, la luminosité de l’Hindou Kouch et le goût du melon blanc de la plaine de Shamali ? Vous croyez qu’on délaisse le coeur léger ce qu’on a le plus aimé ? Tout ça pour devenir une ombre dans une cité grise d’Europe au terme d’années à cavaler de frontière illégalement franchie en frontière illégalement franchie, gibiers de chiens policiers, pour finir par dormir sans papier dans des foyers surpeuplés ou sous des rails de métro suspendus ? (…) Les migrants risquent leur vie pour venir ramper dans nos sociétés opulentes où les gens ont des façons qui ne sont pas des façons, où l’hiver dure toujours, où l’on se dit salut du bout des lèvres… » L’odyssée du treize, I. Thobois

« Les hommes m’ont conduite au jardin. Il était tard, minuit peut-être. Une chaleur animal montait de la terre. Mon coeur battait si vite que je n’avais plus peur. Le sang avait rattrapé les pensées. On me trimbalait en pleine nuit renversée sur une chaise. À travers les branches des mandariniers, j’ai vu briller les pointes du ciel. À seize ans, les filles rêvent de satin bleu.(…) La terre est retombée sur moi, elle a recouvert mes jambes de fille, elle s’est collée contre mes seins. Ma tête pouvait encore bouger. Les hommes là-haut comblaient la fosse avec ardeur. « Notre honneur est lavé! » clamait l’un. « L’honneur de la famille! » ajoutait l’autre. J’étouffais. Un masque si froid m’aveuglait. Alors, j’ai mangé la terre. Par les bronches et par l’estomac, la fin du monde s’est insinuée. » Crime d’honneur, H.Haddad

Livre reçu en Service de Presse.

Le peuple des lumières, recueil de nouvelles écrites par A. Alhamza, F. Andriat, F. Lalande, J-C Bologne, V. Engel, F. Laroui, Y. Belaskri, F. Tristan, B. Tirtiaux, I. Thobois, G. Polet, J. Jauniaux, H. Haddad et F. Hachtroudi, à partir de 13 ans, Collection double Jeu, Ker Éditions, Septembre 2015 —

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6 réflexions sur “Le peuple des lumières – collectif

  1. Wow, ce recueil m’apparait essentiel, il devrait être mis entre les mains de tous les ados. L’obscurantisme, la liberté de penser, le terrorisme, les jeunes doivent savoir, doivent comprendre le monde tel qu’il est aujourd’hui. Tu as déniché là un précieux outil de connaissance…
    Je t’embrasse

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