La poésie du jeudi avec Élisa Mercoeur

maple-leaves-690233_640Pourquoi tomber déjà, feuille jaune et flétrie ?
J’aimais ton doux aspect dans ce triste vallon.
Un printemps, un été furent toute ta vie,
Et tu vas sommeiller sur le pâle gazon.

Pauvre feuille ! il n’est plus, le temps où ta verdure
Ombrageait le rameau dépouillé maintenant.
Si fraîche au mois de mai, faut-il que la froidure
Te laisse à peine encore un incertain moment !

L’hiver, saison des nuits, s’avance et décolore
Ce qui servait d’asile aux habitants des cieux.
Tu meurs ! un vent du soir vient t’embrasser encore,
Mais ces baisers glacés pour toi sont des adieux.

La feuille flétrie, Élisa Mercoeur (1809-1835)

lapoesiedujeudi

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19 réflexions sur “La poésie du jeudi avec Élisa Mercoeur

  1. Je viens de lire la biographie de cette poète.
    Un poème qui peut se comprendre comme quiconque le souhaite 🙂 L’automne, les feuilles qui tombent, et donne à la terre de quoi redonner du terreau pour le renouveau. Ou alors soyons triste à souhaite comme nous pouvons l’être dans la poésie lorsque le spleen nous imprègne de ses longs bras insidieux.
    Merci pour cette découverte et pour ma lecture matinale 🙂

  2. Il est très beau ce poème et les deux derniers vers lui donnent toute son ampleur, sa tristesse aussi ! Mais ainsi en est-il avec les chansons mélancoliques de l’automne ! 😉 Bises Nadège ! 🙂 Ta photo est très belle et bien choisie !

  3. L’automne est vraiment la saison star des poètes. Et c’est toujours très émouvant dans son classicisme. Merci, je ne connaissais pas cette auteure.

  4. Je pense à Lamartine en lisant ce poème et pour cause. Elle a écrit en pleine période romantique et sur le thème de l’automne, cher aux romantiques mais elle meurt à 26 ans avant d’atteindre la maturité littéraire. Non, je ne suis pas savante! Moi aussi, intriguée, je suis allée voir sa biographie. Elle transmet bien la nostalgie de la mort liée à l’automne.

    1. Je ne connaissais pas cette poétesse et suis ravie de cette découverte. J’aime beaucoup la simplicité de son écriture, sa profondeur qui se fait jour petit à petit, et puis sa sensibilité. Je suis allée moi aussi lire sa biographie, une vie brève, intense, un esprit libre plein d’intelligence.

  5. Une progression dans le temps, un répit puis l’angoisse. Construit très classiquement ce poème est une réussite de concision sans lourdeur, une symbolique du temps qui passe ! quel contraste avec le jeune âge de l’auteur.

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