On ne s’en fait pas à Paris – Boris Moissard et Philippe Dumas

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Ce livre-anniversaire de L’école des loisirs retrace l’histoire de cette illustre maison d’édition de littérature jeunesse qui fête cette année 2015 son jubilé. On suit avec plaisir et intérêt l’aventure familiale et amicale des balbutiements de L’école des loisirs à l’arrivée à la direction de la quatrième génération avec Louis Delas. Racontées chronologiquement par Boris Moissard, ces cinquante années défilent sous une plume empreinte de drôlerie, de fantaisie et de tendresse, et croquées magnifiquement par le coup de crayon de Philippe Dumas. On y sent toute la passion, la bonne humeur, l’originalité, le travail, les trouvailles, l’entraide, le partage, le souci de la qualité – du beau texte, de la belle illustration, des thèmes variés et sensibles -, et l’intérêt de l’enfant par-dessus tout, de cette grande maison d’ édition indépendante et libre.

Les figures tutélaires ; Jean Fabre, Jean-Louis Fabre, Jean Delas, Arthur Hubschmid, les premières traductions (Une petite bulle rouge de Iela Mari et Petit-bleu et Petit-jaune de Léo Lionni), l’arrivée d’Ungerer, Sendak, Ponti, McKee…, la naissance des abonnements Max, le réseau grandissant des instits, bibliothécaires, libraires et autres médiateurs du livre jeunesse, la succession d’anecdotes, l’entrée des nouveaux auteurs et illustrateurs si nombreux qu’on ne peut malheureusement pas tous les citer : Solotareff, Nadja, Corentin, Morgenstern, Smadja, Ferdjoukh, Desarthe, Desplechin, Oster, Murail, Vaugelade, Pommeaux, Gay, Sanders, Rascal, Gutman, Guettier, Bonniol, Blake, Van Zeveren…, les collections Mouche, Neuf et Medium, la création des Editions de Sèvres… Quelques mots de Jean Delas, président du groupe puis la parole est laissée aux témoignages de journalistes, de libraires, de bibliothécaires, d’universitaires…

Un très joli ouvrage (et objet) empli de gens passionnants. L’école des loisirs a bercé mon enfance, et continue aujourd’hui à bercer celle de mes enfants. Et j’espère que ces derniers transmettront à leur tour leurs lectures à leur progéniture.

Un joyeux anniversaire à vous tous – directeurs de collections, auteurs, illustrateurs, attachés de presse… – , qui contribuez à nous procurer, nous lecteurs, autant d’enchantement, de découvertes, de jolies histoires, la réalité de notre époque aussi en abordant des sujets difficiles de notre pays et au-delà des frontières. Plus qu’une maison d’édition jeunesse, L’école des loisirs est devenue une institution ! Alors, continuez, on vous suivra!

P1070625P1070627P1070629« Il faut reconnaître que « l’école des loisirs » est une curieuse raison sociale. Qu’on la doive à Jean Fabre (qui l’a mûrement pesée) n’empêche pas de la trouver cocasse, voire saugrenue. Les deux termes qu’elle assemble présentent une contradiction qui frise l’oxymore, terme aux effets répulsifs. Mais s’y arrêter serait démontrer, d’une part qu’on sous-estime la valeur du loisir, d’autre part qu’on ignore les voies escarpées qui y mènent. Ce serait faire preuve d’inculture. (…) Les loisirs ça s’apprend. Ça se travaille. Pour atteindre au riche état de vacance que les Romains nommaient otium, et dont ils faisaient une condition de l’esprit, le sujet doit fournir des efforts. Les loisirs ne sont pas une sinécure. Ils impliquent une discipline, un programme de musculation, un gymnastique cérébrale dont les mouvements sont précisément ceux de la lecture. Une bibliothèque est le gymnase obligatoire de l’honnête homme, en vertu d’une primauté de l’écrit que les siècles ont consacrée depuis Platon. Pourquoi l’importance du livre ? Parce que l’intelligence ne s’affirme qu’à partir d’un jeu d’idées et que l’idée ne prend jamais mieux corps qu’imprimée noir sur blanc sur une page. »

« Qu’a voulu représenter André François, touché par la grâce divinatoire de son génie graphique ? Un écolier solidement accoudé, campé sur une base livresque, mais la tête dans ses rêves et l’imagination prête à l’envol. On ne pouvait mieux traduire un certain état d’esprit, poser les fondements d’une entente, résumer une philosophie ni définir une ligne éditoriale. »

Livre reçu en Service de Presse.

On ne s’en fait pas à Paris, un demi-siècle d’édition à l’école des loisirs, mots de Boris Moissard et dessins de Philippe Dumas, L’école des loisirs, Avril 2015 —

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