Le lutin du cabinet noir – Jean-François Chabas

P1060117Depuis qu’Edgar a emménagé avec ses parents et sa grande soeur Géronima dans leur nouvel appartement – si vaste et biscornu qu’on se perd dans le dédale de couloirs -, il a déjà fait de nombreux stages dans le cabinet noir. Cette pièce minuscule, sombre à souhait est idéale semble-t-il pour réfléchir aux bêtises qu’il commet régulièrement. Le petit garçon connait par coeur la ritournelle s’échappant plusieurs fois par jour de la bouche maternelle ou paternelle : « Edgar, au cabinet noir! ». Habitué, Edgar y va sans broncher. Mais un jour, quelque chose d’étrange lui tape sur l’épaule…

Cette créature serait un lutin des bois. Il aurait été enfermé ici, dans l’obscurité, par une méchante sorcière. L’arrivée d’Edgar dans la prison du lutin est donc une bénédiction pour ce dernier qui ne rêve que d’une chose : s’échapper de cet endroit. Edgar a ainsi la lourde tache de sauver le lutin désespéré en amassant différents objets pour la Hounga, une cérémonie qui lui rendrait sa liberté : « Des clous de tapissier. Un paquet de Krisprolls. Un élastique. Un briquet. Une cuiller à café d’huile d’olive bio vierge pressée à froid. Et un hamster. »

À ce moment-là, l’histoire prend une tournure complètement déjantée. Le lutin au nom imprononçable – Taoraknaborstilsen – s’avère être un être maléfique originaire du Monde caché, quant au hamster (emprunté à une copine d’Edgar) il parle beaucoup et donne des ordres, normal il est le correspondant officiel du Monde caché. L’aventure va à toute allure, les jeux de mots fusent, les situations se succèdent aussi farfelues les unes que les autres jusqu’à l’apparition d’une poubelle géante, La Grande, qui va « cassouiller » le méchant lutin en deux temps trois mouvements !

Une histoire abracadabrantesque pleine de surprises menée par une écriture drôle, vive, et inventive.

« Le couvercle de la poubelle verte s’est soulevé en grand ; une sorte de langue rouge en a fusé, qui a frappé le crâne du monstre, son corps et ses membres à une telle vitesse que je n’aurais rien vu si, à chaque fois, elle n’avait laissé une fissure à la surface du corps statufié. Le Taoraknaborstilsen a crissé, crissé… Blinks ! Il a explosé, comme un verre Duralex sur un carrelage. La Grande s’est penchée pour aspirer les petits morceaux de la créature. De l’extrémité de sa langue elle a nettoyé, avec un soin extrême, jusqu’à la plus minuscule particule sur le sol du garage. Ainsi, c’était cela, être cassouillé. »

Livre reçu en Service de Presse.

Le lutin du cabinet noir, roman pour jeunes lecteurs (dès 9 ans) de Jean-François Chabas, illustration couverture de Louis Thomas, Collection Neuf, L’école des loisirs, Mars 2015 —

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13 réflexions sur “Le lutin du cabinet noir – Jean-François Chabas

    1. Oui, j’ai eu la même réaction! Les parents d’Edgar sont bien rétrogrades et sévères de l’enfermer dans une pièce noire, parce qu’en plus ils ferment la porte à clé!! Heureusement, la suite est très drôle!

  1. J’adore Chabas mais je m’étonne de le voir se lancer dans un récit aussi déjanté. D’habitude il préfère les ambiances sombres et réalistes;

    1. Oui, le début est assez glauque avec l’enfermement de l’enfant dans une pièce noire… est-ce un souvenir d’enfance de l’auteur, il y aurait fort à parier… une punition d’un autre âge qui malheureusement doit encore sévir…

  2. Repéré aussi pour Petitdernier, cette histoire de maison hantée lui plairait certainement… (c’est terrible de cette punition, rien de telle pour faire naître des peurs et des traumatismes qui suivront jusqu’à l’âge adulte). Hop, dans vos billets tentateurs ;0) Bisous, bonne soirée

    1. Oui, je crois même qu’il est nécessaire de parler avec le petit lecteur de cette punition avant qu’il ne lise le livre… Bon, j’imagine que cette punition est un bon prétexte pour la suite de l’histoire qui est très drôle.

  3. Quelle horreur d’enfermer son enfant dans un cabinet noir, pauvre petit, il va passer le reste de ses jours en thérapie ! Heureusement, comme tu le dis à manU, que la suite est drôle 😀
    Je t’embrasse

    1. Oui, je suis tout à fait de ton avis. Comme je le disais à L’or, avant que l’enfant lise le livre, il faut lui parler de cette affreuse punition. Ce geste, cette idée m’a désarçonnée au début de ma lecture mais elle est le tremplin pour la suite. Bises.

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