La poésie du jeudi avec Georges Perec

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De la difficulté qu’il y a à imaginer une Cité idéale

 « Je n’aimerais pas vivre en Amérique mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre à la belle étoile mais parfois si

J’aimerais bien vivre dans le cinquième mais parfois non

Je n’aimerais pas vivre dans un donjon mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre d’expédients mais parfois si

J’aime bien vivre en France mais parfois non

J’aimerais bien vivre dans le Grand Nord mais pas trop longtemps

Je n’aimerais pas vivre dans un hameau mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre à Issoudun mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre sur une jonque mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre dans un ksar mais parfois si

J’aurais bien aimé aller dans la Lune mais c’est un peu tard

Je n’aimerais pas vivre dans un monastère mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre au « Négresco » mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre en Orient mais parfois si

J’aime bien vivre à Paris mais parfois non

Je n’aimerais pas vivre au Québec mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre sur un récif mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre dans un sous-marin mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre dans une tour mais parfois si

Je n’aimerais pas vivre avec Ursula Andress mais parfois si

J’aimerais vivre vieux mais parfois non

Je n’aimerais pas vivre dans un wigwam mais parfois si

J’ aimerais bien vivre à Xanadu mais même, pas pour toujours

Je n’aimerais pas vivre dans l’Yonne mais parfois si

Je n’aimerais pas que nous vivions tous à Zanzibar mais parfois si »

In Penser/Classer de Georges Perec

lapoesiedujeudiD’autres poèmes choisis : Asphodèle : Palabras para Julia de José Augustin Goytisolo, Monesille : Le vaisseau d’or d’Emilie Nelligan, Valentyne : Où est le rêve et où est la réalité d’Antonio Machado, Soène : La rose thé de Théophile Gautier, Mademoiselle La Démone : Le défilé des bonbons de Corinne Albaut, Modrone-Eeguab : Les feuilles mortes de Rémy de Gourmont, Sharon : Romance de la garde civile espagnole de Federico Garcia Lorca, tiré du recueil Romancero Gitano, Lylouanne : Poème extrait des Chants du crépuscule, de Victor Hugo.

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21 réflexions sur “La poésie du jeudi avec Georges Perec

  1. Il est formidable ! Ça ressemble Queneau dans l’esprit… je connais très mal cet auteur, hormis les grands classiques, il va falloir que je m’y penche 😄👀..

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