Sans défense – Yves Pinguilly et Florence Koenig

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Zotizo et Doli Kôli naissent le même jour quelque part en Centrafrique, un pays fait de savanes et de forêts, traversé par l’Oubangui, l’affluent du fleuve Congo. Il y règne un climat tropical. Zotizo est le petit garçon d’Elle Donali, qui a coupé sa longue chevelure quand il vint au monde et de Pougaza, le plus grand cueilleur de miel du village. Zotizo grandit dans ce village abrité par de grands arbres où il fait bon vivre. Quant à Doli Kôli, un éléphanteau bien replet, il passe ses journées auprès de sa mère, Doli Wâli. Sa vie coule paisiblement parmi le troupeau. Le petit garçon et l’éléphanteau se connaissent bien et s’apprécient beaucoup ; ils parlent et jouent souvent tous les deux. Un lien presque fraternel les unit. Zotizo a bientôt sept ans, l’âge d’aller à l’école, il a hâte…

Mais un jour, la terre gronde, la clameur s’élève, le feu surgit : c’est la guerre. Certains villageois réussissent à s’enfuir, à se cacher et d’autres périssent sous les balles. Le petit garçon ferme les yeux et serre bien fort ses parents, il a si peur. Quand le silence revient, son regard se pose alentour : la guerre a tout dévasté sur son passage ; l’école n’est plus qu’un tas de cendres, les feuilles des arbres sont calcinés, des hommes, des femmes, des enfants gisent sur le sol, et un peu plus loin, en tas, Zotizo aperçoit des défenses d’éléphants…

Evoquer la guerre, la violence et la mort dans un album destiné à la jeunesse n’est pas une chose aisée. Yves Pinguilly trouve les mots qu’il faut pour dire l’indicible en utilisant notamment la métaphore et Florence Koenig dépeint la réalité avec intelligence à travers ses couleurs changeantes : les verts et les bruns lumineux et chaleureux s’obscurcissent à l’approche du drame.

À la dernière page, la famille de Zotizo, éclairée par la pleine lune, entrevoit une lueur d’espoir. Ma fille a levé les yeux vers moi, et j’ai bien vu qu’ils étaient remplis de tristesse. Je crois que c’est la première fois qu’on parlait ensemble de la guerre…

« Mais un jour, au village et dans la forêt, ce fut comme si le père du vent et le père du tonnerre étaient devenus fous ! Comme si la mère du jour et la mère de la nuit étaient devenues folles ! Tous les cris et les bruits de la guerre arrivèrent et se fracassèrent là, avec toutes les peurs de la guerre! »

« Rien n’est plus méchant que la guerre qui fait mourir des papas, des mamans, des enfants… des éléphants. »

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Autre album lu d’Yves Puiguilly et Florence Koenig : La couleur des yeux

Livre reçu en Service de Presse.

Sans défense, album jeunesse (dès 5 ans) écrit par Yves Pinguilly et illustré par Florence Koenig, Autrement Jeunesse, Janvier 2015 —

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6 réflexions sur “Sans défense – Yves Pinguilly et Florence Koenig

  1. Que ton billet est touchant, c’est incroyable. Il n’est jamais facile de parler de la guerre avec les enfants. Mais il faut le faire, d’une manière ou d’une autre et un jour ou l’autre. C’est l’apprentissage de la vie. Quelle belle façon à l’aide d’un livre… Je suis certaine que tu as fait un grand câlin à ta fille pour apaiser son chagrin… Je t’embrasse bien fort

    1. Pour les enfants, la notion de guerre est incompréhensible, pour eux c’est un non sens… un thème bien difficile à expliquer, et comme toujours, le livre demeure un très bon support.

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