Histoires de la maison qui voulait déménager – Hervé Walbecq

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Avant même d’entamer la lecture des histoires, leurs titres nous transportent – Le voyage en boîte aux lettres, Les fenêtres papillons, Le printemps du piano, L’arbre buissonnier… – nous font sourire – La robe en papier peint, La chanson des vers de terre, Le paillasson qui se prenait pour une couverture, Je déteste qu’on me prenne pour une petite cuiller… – nous intriguent – La malédiction du cagibi, La télé carnivore, le radis électrique…

Quel enchantement ce petit livre ! Il est drôle, inventif, fantaisiste, ironique, sensible, tendre, poétique à souhait et tellement original. On y décèle plusieurs degrés de lecture. On s’amuse des jeux de mots. On est triste aussi parfois. On s’interroge. On réfléchit.

Le trait fin des illustrations comme un fil, se déroule sous nos yeux, si léger que l’esprit s’évade. L’imagination est en marche. On entre dans un monde où tout est possible. Pas de frontière. Pas de résistance. Et l’auteur nous raconte les choses d’une manière tellement évidente. Ses histoires courtes sont comme des poèmes, les phrases sont brèves, les expressions imagées. Le lecteur oscille entre le réel et le fantastique, le quotidien et le rêve.

Les histoires que nous conte Hervé Walbecq ont pour sujet la maison, mais aussi son jardin, ses pièces, ses meubles, sa famille, ses voisins, ses amis… Sous sa plume la maison est vivante, elle s’anime, éprouve des sensations, a des envies, des désirs.

Un petit aperçu des histoires : quand maman n’a plus rien à se mettre, hop elle se fait une petite robe en papier peint et un joli manteau de tuiles s’il pleut ; les fenêtres n’ont jamais vu la nuit à cause de leurs volets alors elles s’envolent comme les papillons retrouver les étoiles ; et si certaines habitudes changeaient, garer la voiture dans la salle de bains par exemple ; le paillasson quant à lui se rebelle, il aimerait tant devenir une couverture bien chaude ; et l’escalier, il fait la grève, car monter ou descendre il faut choisir ; le couloir est bien malheureux devant tant d’indifférence ; la télé est une gloutonne ; la cheminée voudrait que Noël arrive plus souvent ; l’électricité ne veut plus être enfermée dans les murs ; les gros mots s’évadent des boites et plombent l’ambiance…

Un gros coup de coeur pour ce petit livre à mettre dans toutes les mains à partir de huit ans.

« (…) il y a beaucoup de choses dans le piano.

De la mousse, des châtaignes, des feuilles mortes, des glands, des fougères… et surtout des arbres.

De grands arbres d’automne.

C’est ma maman qui les fait pousser.

Ils grandissent quand elle joue.

(…) Quand elle joue de la musique joyeuse, ce sont des arbres de printemps, couverts de feuilles vertes et de nids d’oiseaux, mais quand elle joue de la musique triste, je vois des arbres d’octobre, chargés de feuilles d’or et de reflets pourpres.

Et comme en ce moment ma maman est triste, il n’y a que des arbres d’automne.

Mon grand-père est parti.

On ne le reverra plus.

Quand tout le monde est couché, ma maman va dans le salon, elle ouvre le piano et elle joue.

Avec ses yeux, elle arrose les arbres.

Ils poussent vite les arbres de la tristesse.

Étrange forêt… Je voudrais bien l’assécher mais je n’y arrive pas. »

« Notre télé grossit.

Elle mange trop.

Elle avale n’importe quoi. Elle absorbe tout ce qui passe.

Surtout les gens. (…)

À la maison, elle occupe de plus en plus de place. Elle coupe la parole à tout le monde. Elle chante à table. (…)

Plus on est petit, plus la télé grossit.

Bientôt, elle sera énorme. (…)

Pour se retrouver, il faudra bien qu’on la coupe la télé. (…)

Il n’y a pas que nos corps qui vont rétrécir.

Nos têtes aussi, je crois. »

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Histoires de la maison qui voulait déménager, écrites et illustrées par Hervé Walbecq, Collection Neuf, L’école des loisirs, Octobre 2013 —

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6 réflexions sur “Histoires de la maison qui voulait déménager – Hervé Walbecq

  1. oh, oui, ça a l’air sympa! Mon fils aura 8 ans dans quelques jours, je note donc même si ça a l’air un peu compliqué encore peut-être pour lui… (ce sera pour moi!)

    1. Mon fils a 8 ans également. Il a beaucoup aimé ce livre. Le vocabulaire employé est simple, les phrases sont courtes, il y a plusieurs degrés de lecture, une bonne dose de fantaisie et d’ absurde (ce que les enfants adorent!).

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