À l’encre russe – Tatiana de Rosnay

encrerusse

Nicolas a une vingtaine d’années lorsqu’il fait une découverte incroyable, remettant en question ses origines. C’est en procédant à un renouvellement de passeport que le jeune homme apprend que son père – disparu mystérieusement en mer sur la côte Basque quand Nicolas avait quinze ans – s’appelait en réalité Koltchine et était russe. Ce secret de famille bien gardé lui saute au visage et chamboule alors son existence.

Evidemment, il interroge ses proches et organise un voyage à Saint-Petersbourg. La lumière se fait un peu mais pas complètement. Nicolas se met à écrire. Son histoire personnelle alimente bien sûr le roman qu’il intitulera L’enveloppe.

Une petite maison d’édition croit à ce roman et le publie sans détour. L’enveloppe devient un Best-seller. Une adaptation au cinéma vaut même un oscar à l’actrice principale Robin Wright. Du jour au lendemain, Nicolas Duhamel sort de l’anonymat. Ecrivain vedette, son image est partout. Et qu’est-ce qu’il aime cette sensation nouvelle : être reconnu, photographié, encensé…

Attentif à tout ce qu’on dit sur lui, il est devenu accro à twitter, facebook et autres réseaux sociaux. Une vraie addiction. Le succès lui monte à la tête. Fiction et réalité se confondent. La terre entière semble le connaître et en même il n’a jamais été aussi solitaire.

Une escapade en Toscane, à l’hôtel Gallo Nero, en compagnie de Malvina, une très jeune femme ravissante est censée favoriser son inspiration… car son éditrice attend avec impatience son second roman… mais Nicolas n’a encore rien écrit, sa page reste blanche. Et ce n’est pas entourés de luxe, de volupté, de personnages haut en couleur et méprisables qu’il arrivera à quelque chose. Difficile de se remettre en question dans des conditions pareilles. Connecté en permanence à Internet, il est totalement déconnecté de la vraie vie.

Après maintes péripéties et autres déconvenues, un événement va subitement changer la donne et insuffler l’inspiration à l’écrivain qui est en Nicolas : le paquebot Costa Concordia va faire naufrage. Cet épisode arrive, permettez moi l’expression, comme un cheveu sur la soupe, et solutionne tout en quelques pages.

Heureusement qu’ au détour de certaines pages, on trouve des passages intéressants sur le processus d’écriture, la construction d’un roman, le monde de l’édition, la célébrité et ses affres, la question des réseaux sociaux. Le roman en lui-même m’a ennuyée. Et je n’ai éprouvé aucune empathie pour les personnages.

« Russel Banks, par exemple, n’aimait pas écrire sur son ordinateur, cela endiguait le flot des idées. Il rédigeait le premier jet en suivant un simple fil rouge. Nelson Novezan avouait qu’écrire était une telle torture qu’il lui fallait recourir à l’alcool, à la drogue et au sexe pour tenir le coup, et s’enfermer dans la chambre d’un palace. Magaret Atwood, qui tweetait autant que Nicolas, imprimait ses chapitres et les étalait par terre, en modifiant l’ordre selon ses besoins(…). Orhan Pamuk écrivait lui aussi à la main, se conformant à un plan structuré dont il ne déviait pas d’un iota. Michael Ontaadje découpait et collait des paragraphes entiers dans d’épais carnets. Kazuo Ishiguro se livrait à des corrections implacables et supprimait parfois jusqu’à cent pages. (…) Ernest Hemingway produisait cinq cent mots par jour. Ian McEwan, mille. Tom Wolfe, mille huit cents. Stephen King, deux mille. Il fallait toute une journée à James Joyce pour ne rédiger que quelques rares phrases. Georges Simenon pondait un roman tous les quatre mois et dénichait le nom des personnages dans l’annuaire. (…) Amos Oz partait faire un tour à pied pendant quarante-cinq minutes dès six heures du matin puis se mettait au travail. Joyce Carol Oats préférait écrire avant son petit déjeuner. Toni Morisson privigégiait l’aube, pour voir le soleil se lever. John Steinbeck fumait la pipe… »

À l’encre russe, roman de Tatiana de Rosnay, Editions Héloïse d’Ormesson, Mars 2013 —

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9 réflexions sur “À l’encre russe – Tatiana de Rosnay

  1. J’ai terminé ce roman il y a quelques jours avec comme toi un manque d’enthousiasme , je devrais poster mon billet d’ici peu , un de ces soir dès que je trouve le temps.Heureusement il y a d’autres romans qui laissent de meilleurs empreintes.

  2. Sans en faire un coup de coeur, j’ai bien aimé, plus que Rose du même auteur en tout cas. Et j’ai aimé le personnage masculin même si je comprends qu’il agace.

  3. Oh c’est dommage, je voulais le lire celui la mais ta revue va me faire reflechir a deux fois…J’ai spirales et elle s’appelait Sarah dans ma Pile a lire. Je n’ai encore pas lu de livre de l’auteur. A voir donc!

      1. Oui moi aussi. On m’a deconseille le film par contre (j’aime voir l’adaptation cinematographique meme si c’est souvent une deception). Mais il faut a mon sens attendre le bon moment pour etre dans un certain etat d’esprit pour un livre comme ca. Des que je l’ai lu, je te fais signe!

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