Le printemps des poètes 2013

printemps_des_poetes_2013_TP

Corps de mots de Christian Olivier

« On est un corps

avec des mots

dire le texte

c’est dire la mort

qui nous unit

les mots c’est pas nous

c’est des secousses

que l’on pousse

flamme de nos vies

les cordes vocables

vibration

résonance

miroir d’un écho

alors manger

et recracher

et rejaillir

il n’y a pas de poésie

pour la poésie

il y a le sang

il y a le vent

il y a la terre

il y a la mer

dire dire toujours

le temps qui s’écartèle

noyé dans les espaces

et les secondes qui nous fracassent

l’être est humain

dire demain

on est un corps

dans le mot

on est des mots de corps

et je ricoche à l’infini

les corps de mots

les corps de cris

à travers les lumières

et les ombres mouvantes

j’aperçois un extrait

une esquisse un reflet

arrivé à l’autre bout

rien et tout

courroie de transmission

quel est ton nom

je suis un corps de mots

une mélodie de chair

qui éclate dans les airs

dire encore

c’est elle qui m’a pris

les mots qui nous transpercent

et les rires aux éclats

à coups de décibels

qui déchirent la nuit

et quand tout finira

j\’en recommencera

t’as qu’à voir nos trombines

quand tu nous fais la rime

on ne peut que t’offrir

le dessous d’un sourire

quand j’ai mal à Rimbaud

je repense à Michaux

on est des bouts de terre

on nait dans le ruisseau

j’ai le ventre tout gros

alors chante

s’écrie l’oiseau

j’ai tout mis par terre

la ferraille et le verre

enfin je suis nu

comme un vers

alors le silence

alors l’inspiration

un temps

alors le ventre

alors la pression

un temps

alors le souffle

alors la colonne

deux temps

alors la langue

alors la bouche

un demi-temps

alors tu meurs

alors tu vis

plus le temps

alors

les petits bouts de mots

les étoiles de bruit

chuchote moi toi aussi

ce bout de mélodie

on ramasse les miettes

pour remplir nos assiettes

je te bois

et ma gorge sèche

se remplit de toi

les corps de mots

c’est des corbeaux

perméable toi

au plus profond de toi

alors juste un baiser

un regard déplacé

ça fait des milliards d’années

des fois que j’en aurais rêvé

je rebondis à l’infini

les corps de mots

les corps de vie

une rafale de mots

m’a laissé sur le carreau

on est un corps avec des mots

on est des corps de mots »

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