Les Dolce T.1 La route des magiciens – Frédéric Petitjean

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Quelle famille incroyable, ces Dolce. Les cinq membres qui la composent font partie de la dernière lignée de magiciens sur terre, c’est vous dire la pression qui pèse sur chacun d’eux. Ils vivent à New York depuis quatre ans. L’aieul Melkaridion est un descendant de Merlin, il serait né vers l’an 920, il en a vu des guerres et des révolutions, Simone sa souris domestiquée est toujours là pour raviver sa mémoire quelque peu défaillante. Sa fille Mélidiane a beaucoup de tempérament, mais elle est surtout la personne qui pondère le reste de la famille en tentant de gérer au mieux ses enfants dans leurs relations avec les humains « normaux ». Son mari Rodolphérus est un chercheur, toujours le nez dans les bouquins qu’il lit en quelques minutes, un homme posé, calme, qui manque clairement d’attention envers ses adolescents. Son fils Antonius joue merveilleusement de la guitare, use de magie à l’école, n’est pas insensible au charme des filles, plutôt gentil, un brin rêveur, il aimerait bien parfois être un ado comme les autres. D’ailleurs sa soeur Leamedia est la rebelle de la bande, plutôt révoltée elle n’en peut plus du rythme de vie que ses parents lui imposent.

Si la famille est aimante, soudée et plutôt à l’écoute, la vie d’un magicien n’est pas simple. Traquée par la guilde noire – des anciens magiciens devenus sorciers – Les Dolce doivent faire preuve de discrétion. Pas de portable, d’internet et de tout autre moyen de communication, une existence sociale réduite et au moindre doute ils déménagent. Leur maison malléable à souhait se transforme en un magnifique bus à impériale prêt à rouler sur la route zéro – route des magiciens – pour échapper au machiavélique Démétrius Torque, patron de la fondation 18, qui a entreprit de racheter tous les sous-sols des grandes villes afin d’y faire vivre les humains.

Le jour de son anniversaire, lors du rituel initiatique qui fait de Léamédia une magicienne à part entière, la jeune fille s’empresse d’utiliser ses nouveaux « pouvoirs » à mauvais escient. L’existence des Dolce est alors mis en lumière dans toute la ville les contraignant à s’enfuir, la guilde noire à ses trousses.

L’auteur introduit dans l’histoire deux personnages que je trouve personnellement très beaux ; Philippe Delondres – ancien historien ayant rencontré Rodolphérus – et sa fille Virginie jeune journaliste, à qui il va confier ses cahiers de recherche sur la famille Dolce. Bonté, générosité et humanitése dégagent de ces personnes.

Pas de baguette magique ni d’artifice particulier chez Les Dolce, ce sont des êtres intelligents, cérébraux, communiquant par télépathie. L’auteur nous embarque avec lui dans l’histoire qu’il raconte. On vit avec cette famille pendant une semaine qui passe à une vitesse folle, des jours remplis d’événements et de rebondissements variés. On ne peut qu’éprouver de l’empathie pour elle.

Il y a dans ce texte – très bien écrit – du rythme, du suspense, de la tendresse, de l’amitié, de la noirceur aussi évidemment… la fin de ce tome est particulièrement enlevé avec une révélation surprenante et un amour naissant. Les Dolce vont-ils réussir à s’échapper des griffes de la guilde noire ? Dans quelle contrée allons-nous les retrouver ? Qu’adviendra-t-il des cinq derniers magiciens de la planète? La suite dans le Tome II, Les cinq secrets…

« Tu n’es pas un être humain normal, que tu le veuilles ou non. Tu as oublié ce que nous t’avons appris ? Le danger est permanent pour nous. Et, en cas de péril, nous ne sommes puissants que tous les cinq réunis, et encore par un unique acte magique qui nous épuisera aussitôt. Tu as beau courir très vite et maîtriser ton corps comme aucune sorcier ni être humain ne peut le faire, ne rêve pas une seconde de résister ni même de survivre à une confrontation. »

« C’est quoi être majeur chez les magiciens, c’est quand on a tué un dragon ? Quand on a sorti l’épée du rocher ? Vous ne voyez pas qu’on passe pour des pauvres débiles ? Qu’on vit en plein conte de fées ? On est à New York ici, en plein XXI ème siècle, c’est fini les citrouilles à minuit. »

« – On devrait continuer à raconter des histoires aux adultes, ça leur éviterait d’en faire dans la journée.

Ce soir-là, il lui lut un passage d’un auteur français, Balzac, une histoire de peau qui diminuait à chaque voeu. »

« Il fallait une vie pour explorer l’esprit de celui ou celle qu’on aimait, alors que le corps se dévoilait dans tout ce qu’il avait de commun aux autres, aussi beau fût-il. Aucun esprit dans ce monde ne ressemblait de près ou de loin à un autre. Vous pouviez avoir une taille ridicule et être un géant dans votre tête. L’image, l’aspect et l’enveloppe avaient toujours berné l’humanité alors que l’essence même des choses se trouvait à l’intérieur. »

« Revêtir l’habit du mal réclamait un volonté de fer et un travail sans relâche. Posséder les ombres et dicter au néant ne devait rien au hasard. L’accession au rang suprême de l’horreur se méritait, se gagnait à coup de haine et de machiavélisme. »

Les Dolce Tome 1 La route des magiciens, roman pour adolescents de Frédéric Petitjean, Don Quichotte, Novembre 2011 —

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2 réflexions sur “Les Dolce T.1 La route des magiciens – Frédéric Petitjean

  1. C’est vrai que rien que la couverture ! Quel boulot de rapatrier tous les articles. j’en ai encore 500 ! Et j’essaie de ne pas perdre les commentaires mais bon franchement, je n’ai plus envie de déménager, je resterai sur wordpress !

    1. C’est clair que ça prend du temps de rapatrier les articles… j’ai pris le parti de me séparer des commentaires et des articles qui ne sont pas des billets de lecture… comme toi j’espère rester sur WordPress, ne pas être obligée de déménager une nouvelle fois! Ce qui prend le plus de temps, c’est de rapatrier les photos d’overblog qu’il me faut renommer (comme je veux supprimer mon ancien blog de cette plateforme, il ne faut pas que la photo ait l’adresse d’overblog!). Allez bon courage à toi!

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