Lunerr – Frédéric Faragorn

lunerr

Dans un futur indéterminé, quelque part sur terre vit le peuple de Keraël – littéralement, la cité des anges – qui évoluent dans un milieu désertique fait de sable, de pierres et de sel. La végétation est rare, aucun arbre ne pousse, tout est sec. Pour récupérer l’eau, il faut être patient et attendre les brumes… ces jours-là, hommes, femmes et enfants cessent leurs activités du moment, et grâce à un système de filets, emprisonnent le liquide précieux et le stockent. Ce travail est lent et fastidieux mais ils n’ont pas d’autres choix. Complètement repliés sur eux-mêmes, les habitants de Keraël ne peuvent compter que sur la solidarité de chacun pour leur survie. L’existence à Keraël est emplie de contraintes et d’une marge de liberté étroite, la religion, très présente, leur dictant règles et lois à tenir.

Un jour, Lunerr, un jeune adolescent orphelin de père, blasphème devant toute sa classe en prononçant le mot AILLEURS, ce qui est interdit. Après être durement fouetté, il est renvoyé de l’école jusqu’à nouvel ordre. Ayant enfreint la loi, Lunerr devient en peu de temps un paria. Mamig, sa mère, se fait renvoyer de son emploi également.

C’est alors que Ken Werzh, un vieil homme très riche et craint de tous demande à voir la mère et son fils. Il embauche immédiatement Mamig pour s’occuper de sa vaste demeure. Quant à Lunerr il devient son lecteur et secrétaire particulier. Mais, l’homme se comporte étrangement ; il ne mange jamais, est aveugle mais semble clairvoyant, il verse une sorte d’huile entre les murs, son discours va à l’encontre des religieux et une force mystérieuse se dégage de tout son être…

Un adolescent courageux face à son destin en quête de vérité et de liberté dans une fable initiatique très convaincante, un décor et une atmosphère emplient de lumière, de violence, de mystère, de suspense, une dose d’humour avec Mourf le curieux animal de compagnie de lunerr, de l’action, du rythme, une société totalitaire, la toute puissance de la religion. Un très bon roman jeunesse.

« L’eau ! Keraël en était dépourvue mais les aëls, les anges du ciel, nous en envoyaient régulièrement. Oui, l’eau était précieuse, et le bois aussi, car les arbres n’existaient pas chez nous. Nul, même parmi nous, ne savait ce qu’était un arbre. On connaissait les buissons dont se nourrissait le bétail, les herbes rases autour de la ville, les longues herbes sèches du désert avec lesquelles nos mères vannaient, les fleurs que l’on faisait pousser, mais pas les arbres ! Le mot même était inconnu. »

« Bien qu’il fût aveugle, j’avais l’impression de travailler sous son regard, et son ouïe était à ce point aiguisée qu’elle remarquait tout, et mieux que ne l’eût fait une bonne paire d’yeux. Il me semblait même que son écoute s’infiltrait dans mes moindres souffles, qu’elle déchiffrait mes soupirs, discernait derrière mes intonations, ce que je tentais de dissimuler. Plusieurs fois je crus même qu’il entendait mes pensées les plus secrètes. »

« Les émotions humaines sont faites de marées, hautes ou basses, et suivent des flux et des reflux qu’il est bien difficile de comprendre ; toutes ces variations du coeur, toutes ces humeurs me désarçonnait toujours. »

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Lunerr, roman jeunesse de Frédéric Faragorn, dès 12 ans, L’école des loisirs, Novembre 2012 —

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