Les apparences – Gillian Flynn

Lesapparences

Pensez-vous vraiment connaître votre conjoint ? Ses envies, ses habitudes, ses passions, son passé, ses projets… ? Vous doutez ? Prenez garde aux apparences, elles sont parfois trompeuses ! Gillian Flynn nous le démontre dans son dernier roman psychologique, machiavélique à souhait.

Nick et Amy forment un couple plutôt bien assorti, semble-t-il. La trentaine, l’un est journaliste l’autre invente des questionnaires pour les magazines féminins. Ils vivent à New-York, ont de l’argent, sont beaux, intelligents, drôles. Ils filent le parfait amour. Mais voilà que leur jolie histoire est entachée par le licenciement de Nick suivi par celui d’Amy. Ce déséquilibre dans leur existence est le premier obstacle auquel ils se heurtent.

Alors que la maladie d’alzheimer ronge le père de Nick, sa mère apprend qu’elle a un cancer. Comme plus rien ne les retient à New-York, il décide de retourner dans sa ville natale – dans le Missouri – pour être auprès de ses parents. Amy est quelque peu déstabilisée – profondément citadine – , l’idée ne la transporte pas de bonheur mais elle finit par accepter de suivre son mari.

Si Nick s’associe avec sa soeur Margo en rachetant un bar, Amy devient par la force des choses une femme au foyer, sans enfant. Elle s’occupe de ses beaux-parents malades. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick rentre à leur domicile et découvre le salon sens dessus dessous et aucune trace de sa femme. Amy a disparu. Une enquête démarre sans tarder.

L’image du petit couple bien sous tout rapport se fissure progressivement. Pas à pas, indice après indice, les vrais visages se dévoilent… Gillian Flynn s’amuse à noyer le poisson, à égarer le lecteur en lui soumettant de nombreuses informations souvent contradictoires, en accumulant les personnages et les situations. L’écriture est incisive, drôle et percutante. En arrière-plan, elle se moque de la société américaine – sa morale, ses médias, sa justice, l’opinion publique –, et dissèque avec talent la noirceur de l’âme humaine.

Malgré des longueurs, des invraisemblances et une police pas très active, ce roman est terriblement efficace.

« Je suis grosse d’amour ! Enrouée de ferveur ! Morbidement obèse sous le poids de la dévotion ! Un bourdon joyeux et fébrile d’enthousiasme marital. C’est vrai, je bourdonne quand il est là, je lui fais fête, je prépare ce qu’il y a à préparer. Je suis devenue quelque chose de bien étrange. Je suis devenue une épouse. »

« Les gens aiment bien s’imaginer qu’ils connaissent les autres : les parents veulent croire qu’ils connaissent leurs enfants. Les femmes veulent croire qu’elles connaissent leurs maris. »

« Pub pour tampons, du détergent, des serviettes hygiéniques, de l’Ajax. On croirait que tout ce que font les femmes, c’est nettoyer et saigner. »

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Les apparences, thriller de Gillian Flynn, Sonatine éditions, Août 2012 —

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