Juste une ombre – Karine Giebel

Justeuneombre

Séduisante et intelligente, Cloé Beauchamp est une jeune femme à qui la vie sourit. Ambitieuse, elle convoite la place de numéro un de son agence de publicité. Arrogante avec ses collègues, intransigeante en affaires, rien ne semble la déstabiliser. Même en amour, tout paraît être sous son contrôle. Une famille lointaine, peu d’amis, elle a l’habitude de faire cavalier seul et arrive presque toujours à ses fins.

Pourtant, quelqu’un va réussir à lui faire perdre l’équilibre. Un homme s’immisce dans son existence, la suit jusque dans ses rêves, entre chez elle, dérange ses effets personnels, la frôle, la bouscule. Cloé n’est plus seule désormais, elle sent le regard de cet homme à chaque instant. Son corps et sa raison sont malmenés.

Le visage dissimulé, des mouvements rapides et aériens, une silhouette noire, mais qui est cet homme ? Pourquoi cette traque ? Une ombre plane sur la jeune femme. L’angoisse l’envahit. Cloé, si sûre d’elle avant, est maintenant terrorrisée. Elle tombe progressivement dans un abîme. Est-elle folle, paranoïaque ? Son histoire, personne ne veut y croire. Proches, amis, policiers, tous l’écoutent mais ne l’entendent pas.

Un flic pourtant va tenter de lui venir en aide ; Alexandre Gomez. Lui-même empêtré dans une sale affaire, il commence une enquête… mais L’ombre ne s’en laisse pas conter. Dès que les choses deviennent trop dangereuses pour elle, elle agit.

Un thriller rondement bien mené. Tout les ingrédients sont là : des personnages complexes aux passés torturés, de vieilles histoires familiales qu’on déterre, des rebondissements, une ambiance glaciale, une écriture rythmée par des phrases brèves et saccadées, et les pensées de l’homme retranscrites par des propos presque poétiques… On sort de cette lecture épuisé. C’est un roman haletant, angoissant et surprenant qu’on ne lâche pas jusqu’ à la fin.

« Cloé s’arrête un instant devant la fenêtre et son regard s’enfonce dans le jardin, baigné par la pâle lueur du lampadaire de la ruelle qui le borde. Vent naissant, ciel clair brodé d’étoiles.

Mais soudain, elle a le souffle coupé net. Une ombre, fugace, vient de passer devant la maison.

Pas une ombre, non.

L’ombre.

Immense, vêtu de noir, une capuche sur la tête, l’homme s’est arrêté près du muret. Ne faisant qu’un avec l’obscurité, il fixe la fenêtre.

Il fixe Cloé.

Elle hurle, une force invisible l’aspire en arrière. Dos au mur, ses mains plaquées sur la bouche, les yeux exorbités, elle écoute son coeur agoniser. »

« Dans la vie, il y a des besoins vitaux. Essentiels, primaires. Qui nous rappellent que nous ne sommes rien d’autre que des animaux.

Parmi eux, un endroit où se sentir en sécurité. Un abri, un refuge. Un terrier, un gîte.

Quand cet endroit n’existe plus, on devient un animal traqué, la peur chevillé au corps.

Quand on ne se sent plus en sécurité nulle part, on devient un simple gibier. Une proie, qui fuit et se retourne sans cesse, ne trouvant plus le repos. »

Juste une ombre, thriller de Karine Giebel, Fleuve noir, Mars 2012 —

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