Demian – Hermann Hesse

Demian

J’ai découvert Hermann Hesse avec Le loup des steppes – Histoire d’un homme qui tente, en vain, tel un loup solitaire, de fuir les autres et les futilités liées à la vie quotidienne jusqu’à ce qu’il trouve un équilibre entre lui et le monde extérieur –. Cet auteur (prix Nobel de Littérature en 1946) est, je crois, peu lu de nos jours et c’est bien dommage.

J’ai donc poursuivi mon exploration de l’oeuvre d’Hesse avec Demian, un roman d’initiation. Le lecteur suit le cheminement d’Emile Sinclair, tout au long de son adolescence, pour le laisser à l’aube de la première guerre mondiale.

A dix ans, le garçon se rend compte que deux mondes se côtoient en permanence : le monde du bien, lumineux et doux, confortable cocon, avec une famille rassurante et aimante, et celui du mal, sombre, violent, où il faut sans cesse se battre – avec les autres et avec soi-même – pour arriver à ses fins. Sinclair sent qu’il n’est jamais entièrement dans l’un ou dans l’autre monde mais qu’il passe de l’un à l’autre à tout moment. Il s’interroge sur la place qu’il tient sur cette planète, dans ces univers distincts ; est-il utile ? Que lui réserve son avenir ?

Il fera la rencontre de Kromer, Demian, Eve, Pittorius…chacun d’eux le guidera sur le chemin de la connaissance de soi et des autres. Introspection, psychanalyse et spiritualité sont abordés à travers des images fortes telles que le diable, Dieu, le signe de Caïn, Eve, Jacob, la figure du père, le sexe… L’adolescent a besoin de se représenter les choses, de les inventer parfois, pour donner du sens à sa quête de vérité, d’où l’accumulation d’images puissantes fantastiques, brutales parfois.

Demian demeurera jusqu’à la fin son éclaireur, son mentor. Apparaissant à ses côtés lors d’événements pénibles, il saura ouvrir la voie dans laquelle Sinclair s’insinuera, apprenant ainsi à ne pas suivre le troupeau mais tenter plutôt de se démarquer, de se révolter, de faire des choix judicieux, d’oser se battre pour ses idées.

Tout cela lui permettra d’affronter ses démons, d’aller de l’avant : être acteur de son existence.

« La vie de chaque homme est un chemin vers soi-même, l’essai d’un chemin, l’esquisse d’un sentier. Personne n’est jamais parvenu à être entièrement lui-même ; chacun, cependant, tend à le devenir, l’un dans l’obscurité, l’autre dans plus de lumière, chacun comme il peut. »

« Nous restreignons beaucoup trop les limites de notre personnalité. Nous lui attribuons seulement ce que nous discernons d’individuel, ce que nous trouvons différent. Mais chacun de nous contient l’univers tout entier et, de même que notre corps porte en lui tous les degrés de l’évolution, à partir du poisson et beaucoup plus loin encore, ainsi, dans notre âme, revit tout ce qui a vécu dans toutes les âmes humaines. »

« Il n’est point de réalité hors de celle que nous avons en nous. La plupart des hommes ne vivent d’une façon aussi irréelle parce qu’ils prennent des images extérieures pour la réalité et ne permettent jamais à leur propre monde intérieur de s’exprimer. Sans doute, on peut être heureux ainsi, mais lorsqu’on a appris autre chose, on n’a plus le choix de prendre le chemin de la foule. »

Demian, roman d’Hermann Hesse, Livre de Poche, 1993, Première parution : 1919 —

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