La cité des jarres – Arnaldur Indridason

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Retrouver Erlendur Sweinsson et ses enquêtes est toujours un plaisir pour moi. Découvert avec La voix, j’ai poursuivi mes lectures d’Indridason avec La femme en vert que j’ai adoré. D’une humeur taciturne, bedonnant et cardiaque, menant une vie solitaire après un mariage râté, Erlendur a deux enfants ; un fils distant et une fille toxicomane (enceinte de surcroît) avec qui les relations sont compliquées mais tendres, l’inspecteur est une espèce d’anti-héros mais ses failles en font quelqu’un d’attachant.

Parlons aussi de l’atmosphère bien particulière des romans d’Indridason, le pays a lui tout seul – l’Islande – fait frissonner. Elle est tellement empreinte de mystères avec ses paysages lunaires, ses noms imprononçables et son climat glacial…

Dans ce roman, il est question de filiation, d’hérédité et de trafics d’organes humains. Un homme d’une cinquantaine d’année est découvert mort à son domicile, à ses côtés une étrange inscription sur une feuille : « Je suis lui » ainsi qu’une photo de la tombe d’une fillette.

Erlendur va devoir remonter le temps afin de reconstituer l’existence passée d’Holberg, l’homme assassiné, qui va s’avérer bien glauque. Le vrai visage de la victime va apparaître : un monstre aux crimes impunis. Des révélations vont être faites par des femmes humiliées, violées, détruites par cet affreux personnage.
Il est difficile d’en dire davantage de peur de trop en dévoiler. L’intrigue est intéressante et pose des questions sur la recherche génétique et ses dérives. L’investigation est menée avec habileté mais on comprend assez vite le déroulement des événements, l’identité du coupable et le suspense est alors mis à mal. Vous l’aurez compris, cet opus n’est pas mon préféré.

« On s’imagine que ça n’attaque pas le moral. On se croit assez fort pour supporter de telles choses. On pense qu’avec les années, on se forge une carapace, qu’on peut regarder tout ce bourbier à bonne distance comme s’il ne nous concernait en rien et qu’on peut ainsi parvenir à se protéger. Mais il n’y a pas plus de distance que de carapace. Personne n’est suffisamment fort. L’homme prend possession de ton être comme le ferait un esprit malin qui s’installe dans ta pensée et te laisse en paix seulement lorsque tu as l’impression que ce bourbier est la vie réelle car tu as oublié comment vivent les gens normaux. Voilà le genre d’enquête que c’est. »

« – Les maladies ont la caractéristique de se propager au hasard dans l’arbre généalogique et elles ressortent là où on s’y attend le moins. (…)
– Et vous êtes les dépositaires de tous ces secrets-là, dit-il. Les vieux secrets de famille. Les tragédies, les deuils et les morts, tout cela parfaitement classé dans les ordinateurs. Mon histoire est la vôtre. Vous conservez tous ces secrets et pouvez les ressortir à volonté. Une cité des jarres qui englobe toute la population. »

La cité des jarres, roman d’Arnaldur Indridason, Editions Points —

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