Mille femmes blanches – Jim Fergus

1000femmes

Le commencement du roman a de quoi déstabiliser, voire choquer. En effet, à la fin du 19 ème siècle, le chef de la tribu Cheyenne fait une étrange proposition au président des Etats-Unis : l’échange de mille femmes blanches contre mille chevaux afin de rétablir la paix entre les deux peuples. Cette demande a réellement été faite par le chef Little Wolf au Président Grant en 1875, ce dernier ayant évidemment refusé. Jim Fergus imagine alors l’acceptation de la proposition par le gouvernement américain, dans le plus grand secret. Ce dernier a alors la lourde tâche de trouver des femmes prêtes à changer de vie en épousant des indiens et leur donner des enfants.

Et voilà que nous faisons connaissance avec May Dodd ; jeune femme d’origine bourgeoise claquemurée dans un asile psychiatrique, ayant été envoyée dans ce lieu par sa famille pour de mauvaises raisons. Ne supportant plus ses conditions de vie, elle voit dans cette échange la liberté retrouvée.

C’est le récit de sa nouvelle existence – et celles d’autres femmes – parmi les Cheyennes que le lecteur découvrira à travers ses carnets tombés dans les mains de sa descendance. Elle nous fait partager cette étrange et improbable expérience, le mode de vie des indiens de cette tribu, leur culture, leurs traditions, leur déchéance aussi, avant que les américains les envoie dans des réserves les privant ainsi de leur liberté.

On éprouve beaucoup d’empathie et d’admiration pour ces femmes confrontées à des conditions de vie si éloignées des leurs, dans les grandes plaines de l’Ouest si vastes et si hostiles, bravant les fortes chaleurs et les grands froids au fil des saisons. Un grand livre qui porte un regard différent sur ce peuple souvent qualifié de sauvage de barbare.

« Franchement, vu la façon dont j’ai été traitée par les gens dits « civilisés », il me tarde finalement d’aller vivre chez les sauvages. »

« Seigneur Dieu, nous les avons vu aujourd’hui ! Notre peuple adoptif. Une escouade est venue nous examiner comme on le ferait d’un lot de marchandises…ce que, de fait, nous sommes précisément. Ils m’ont littéralement coupé le souffle. J’ai réussi à distinguer cinquante-trois individus – car autant essayer de compter les grains d’une poignée de sable jetée au vent – tous des hommes, chevauchant des montures dont ils semblaient le prolongement naturel. Ils ont fait irruption comme les membres d’un seul corps, un diable de poussière galopant et tourbillonnant. »

« Et nous revoilà en marche… Nos chevaux partent en trottant retrouver la plaine, où le Peuple suit le bison, lequel suit l’herbe verte qui, elle, naît de la Terre. »

« Pourquoi écris-tu encore ton journal, May ? M’a demandé Martha un instant plus tôt, d’une petite voix désespérée. À quoi cela peut-il bien servir maintenant ?
Je ne sais pas Martha, ai-je répondu. J’écris peut-être pour rester en vie, pour nous aider à survivre toutes ensemble. »

« J’aurais voulu parler de « mal », mais ni le mot ni le concept n’existent dans la langue cheyenne – et c’est peut-être là que le bât blesse… »

« Les Cheyennes croient que toute chose ayant eu lieu quelque part – chaque naissance, chaque vie, chaque mort – s’y trouve toujours, de sorte que le passé, le présent et l’avenir cohabitent éternellement sur terre. »

Mille femmes blanches, roman de Jim Fergus, Editions Pocket —

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4 réflexions sur “Mille femmes blanches – Jim Fergus

  1. Oui oui ouuiiiii ! j’avais lu ce livre quand il est sorti, j’en garde un souvenir émerveillé, même si à l’époque je n’avais pas tout tout compris – j’avais 11 ans. C’était un de mes premiers livres sur « les Indiens ». Tant mieux si tu l’as aimé!

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