Louisa et Clem – Julia Glass

Louisclem
Vingt cinq ans dans les vies de deux soeurs ; voilà ce que nous raconte Julia Glass, qui nous les présente rapidement comme des rivales. Louisa, l’ainée est moins extravertie que sa soeur, plus raisonnable, réfléchie, désireuse d’une vie de famille classique, plutôt citadine et passionnée d’art. Clem est, quant à elle, plus ouverte, plus éparpillée, collectionne les amants, aime la nature, les grands espaces, les animaux.
A la lecture, je n’ai pas senti de rivalité entre elles, elles ont des caractères et des envies différentes, mais le fait d’avoir les mêmes parents ne justifie pas forcément une ressemblance en tout point, et c’est tant mieux !
L’auteure a pris le parti de consacrer à chacune des soeurs un chapitre, alternativement. On assiste alors à différents épisodes de chacune de 1980 à 2005. Je dois avouer avoir ressenti de l’ennui à la lecture de certains passages ( Clem chez les ours…) ; de l’agacement parfois ( Clem et ses nombreux amants – le kidnapping des chiens…). J’ai éprouvé davantage d’empathie pour Louisa.
En revanche, j’ai retrouvé le style de Julia Glass, que j’avais déjà apprécié avec Jours de juin, c’est une vrai conteuse d’histoires.
Julia Glass nous montre dans Louisa et Clem à quel point l’existence est finalement une succession de plusieurs vies. Ces soeurs vont vivre des moments joyeux, dramatiques, drôles, émouvants, cocasses, pénibles, chacune de leur côté mais aussi ensemble. Les épreuves vont évidemment les rapprocher malgré la distance qui les sépare souvent. Les choses de la vie défilent ainsi sous nos yeux et on se prend, en tant que lecteur, a réfléchir sur sa propre vie.

« Les toits compriment l’esprit. Tout comme les matelas. Et le mariage, selon lui, est semblable à un vieux tapis. Quelle qu’en soit la beauté ou la valeur, qu’on y soit habitué ou non, il a besoin d’être aéré, il a besoin de repos après avoir été piétiné. »

« Pourquoi n’écrit-on plus de lettres, des lettres manuscrites qui courent sur des pages et des pages, rédigées avec un torrent de points d’exclamation (le sommet de chacun : une larme soigneusement inversée) ? Ce sont des émotions que vous pouvez tenir entre vos mains. »

« Pour lui le silence n’est jamais une menace. Je ne suis pas pareille ; je veux qu’on me pose des questions et qu’on me raconte, qu’on me félicité, me cajole, ou qu’on crie après moi. Là où il y a des mots, il y a des définitions. Les définitions aident à contenir le chaos. »

« – Mon médecin dit que je guérirai.
– Comment penser que vous pourriez avoir peur de la vie! Il me serre contre lui. »

« Etranges, ces choses dont notre esprit ne peut se détacher, des choses qui prennent une dimension invraisemblable et nous font trembler de peur. Je n’ai pas peur du noir, de l’altitude, des orages ou de la solitude. Ce qui m’effraie est une forme particulière de vanité. La peur de la futilité. La futiliphobie. »

« J’ai eu alors une vision de toutes les cuisines de garçons dans lesquelles je me suis trouvée durant les dix dernières années écoulées, à émincer l’ail et les oignons, boire du vin ou de la bière, échanger des baisers prometteurs, prélude à un repas qui est un prélude à l’amour. Des wagons de cuisines, des wagons de baisers. Pendant une minute, je m’imaginai devant un passage à niveau, les wagons défilant l’un après l’autre, un brouillard gris sans fin. »

Louisa et Clem, roman de Julia Glass, Editions des Deux Terres —

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